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Affrontements mortels en Ukraine

Revue de presse 19.02.2014

La violence a atteint son paroxysme hier à Kiev. Si la presse parle d'"ambiance de mort" [Euronews], de "nuit sanglante" [Le Nouvel Observateur] ou encore de "chaos" et d'"apocalypse" [Le Figaro], l'Union européenne, les Etats-Unis et la Russie font part de leur inquiétude et tentent de faire reprendre les négociations engagées entre le régime de Viktor Ianoukovitch et l'opposition.

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Bien que le régime ukrainien ait annoncé lundi l'amnistie des manifestants emprisonnés et que les opposants aient évacué la mairie de Kiev, la situation a soudain dégénéré mardi. Le gel des négociations sur la réforme constitutionnelle et l'impatience de l'opposition expliquent cette brusque reprise des hostilités indique L'Express, alors que le pays profitait d'une accalmie depuis trois semaines [Les Echos]. Le Parlement ukrainien n'a pas échappé aux tensions puisque les manifestants ont bloqué la sortie des députés du parti au pouvoir, le Parti des Régions, car ceux-ci ont refusé d'inscrire la réforme à l'ordre du jour [Euronews].

Alors que l'assaut des forces spéciales anti-émeute sur la place Maïdan a été donné dans la soirée, les leaders de l'opposition – dont Vitali Klitschko – ont rencontré le président ukrainien au cours de la nuit dernière mais rien n'est sorti de cette rencontre à la suite de laquelle Viktor Ianoukovitch a rejeté la responsabilité de l'escalade de violence sur ses interlocuteurs : "Ces soi-disant hommes politiques ont tenté de prendre le pouvoir en violant la Constitution par la violence et les meurtres" a-t-il indiqué dans son adresse nocturne à la nation [La Croix]. Officiellement, l'état d'urgence n'est pas déclaré mais le pouvoir a pris des mesures pour limiter la reprise des heurts. La violence menace également de s'étendre au reste du pays puisque des manifestants ont pris d'assaut des bâtiments de l'administration dans la ville de Lviv (ouest du pays) [Euronews].

Les réactions des acteurs européens et américains impliqués dans la crise politique sont unanimes : tous se déclarent très préoccupés par les heurts qui se sont produits la nuit dernière et qui ont fait plusieurs victimes parmi les manifestants et la police, vingt-cinq   selon le ministère de la Santé ukrainien [La Croix]. Ouest France souligne la menace de sanctions européennes alors que Catherine Ashton, chef de la diplomatie de l'UE, a fait part de sa "profonde inquiétude". Une menace particulièrement brandie par l'Allemagne dont le ministre des Affaires étrangères Franck-Walter Steinmeier a agité l'épouvantail de "sanctions personnelles" contre "les responsables de décision qui conduisent à l'effusion de sang dans le centre de Kiev" [Libération]. Une position partagée par la Pologne : "Je vais m'adresser aujourd'hui aux chefs des pays de l'UE pour les appeler à introduire des sanctions" a déclaré aujourd'hui le Premier ministre polonais, Donald Tusk [Le Figaro].

Les critiques viennent aussi des soutiens traditionnels du régime, comme l'indique Libération qui rapporte la réaction de l'oligarque Rinat Akhmetov, "homme le plus riche d'Ukraine et principal parraineur du parti de M. Ianoukovitch" : "Les victimes humaines du côté des manifestants et des forces de l'ordre sont un prix inacceptable pour des erreurs politiques".

La Russie, qui devrait verser un nouveau crédit d'aide à l'Ukraine cette semaine, renvoie la responsabilité de la situation aux Occidentaux, comme l'a déclaré Alexeï Pouchkov, parlementaire du parti au pouvoir, Russie Unie : "Je pense que c'est l'Occident et les hommes politiques occidentaux qui en sont en grande partie responsables, en faisant pression en permanence sur les autorités ukrainiennes pour qu'elles ne rétablissent pas l'ordre dans le pays et laissent agir les organisations ultra-radicales qui tirent maintenant sur la police, les spetznaz (forces spéciales, ndlr) et mènent la situation à la guerre civile" [L'Express]. Cette vision est partagée par le régime ukrainien qui trouve les interventions de l'UE – particulièrement de l'Allemagne – et des Etats-Unis désormais "contre-productives" [Le Figaro].

Les dirigeants allemand et français doivent se prononcer aujourd'hui dans une position commune sur la situation ukrainienne à l'occasion du Conseil des ministres franco-allemand.

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