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Affaire des assistants : les juges demandent la levée de l'immunité parlementaire de Marine Le Pen

Revue de presse 14.04.2017

Alors que la candidate du Front national, Marine Le Pen, se maintient en haut des sondages pour l'élection présidentielle, de nombreuses affaires viennent ternir la fin de sa campagne. Vendredi 14 avril, Europe 1 a ainsi dévoilé la demande des juges d'instruction français de lever l'immunité parlementaire de Marine Le Pen dans une affaire de soupçons d'emplois fictifs.

Marine Le Pen

Soupçons d'emplois fictifs au Parlement européen

A une dizaine de jours du premier tour de l‘élection présidentielle, Marine Le Pen est toujours en tête des sondages, avec 23,5% d’intentions de vote, note Euronews. Pourtant, la campagne de la présidente du Front national est "entachée par plusieurs affaires politico-médiatico-financières", poursuit le média.

Parmi celles-ci, une enquête a été ouverte en 2015 par le parquet de Paris à l'encontre des députées européennes Marine Le Pen et Marie-Christine Boutonnet, après un signalement du Parlement européen. Dans cette enquête, rapporte Le JDD, "les juges d'instruction tentent de savoir si le Front national a organisé un système pour rémunérer des employés du parti en France avec des fonds publics de l'Union européenne, via des contrats d'assistants au Parlement européen". Depuis, Charles Hourcade, et Catherine Griset, assistants de Marie-Christine Boutonnet et de Marine Le Pen, ont été mis en examen pour "recel d'abus de confiance", rappelle Europe 1.

Le 22 février, Marine Le Pen avait été convoquée par les policiers de l'office anti-corruption de la police judiciaire française, qui souhaitaient l'entendre dans ce dossier, dans le cadre d'une audition libre. Les juges ont cependant été confrontés au refus de Marine Le Pen, protégée par son immunité parlementaire [Huffington Post]. Début mars, les juges d'instruction ont demandé à l'entendre en vue d'une mise en examen et se sont heurtés à la même réponse [Europe 1]. La candidate du Front national à la présidentielle a en effet affirmé dans un courrier envoyé aux juges en février qu'elle ne répondrait à aucune convocation avant la fin des élections législatives [Le JDD].

Selon les informations d'Europe 1, confirmées par l'AFP, les juges d'instruction chargés de l'enquête sur les soupçons d'emplois fictifs de plusieurs assistants FN au Parlement européen ont demandé à ce dernier de lever l'immunité parlementaire de Marine Le Pen afin de pouvoir l'entendre dans ce dossier. La même demande a été formulée pour la députée européenne Marie-Christine Boutonnet. "Cette demande de main levée, signée par les juges d'instruction, date du 29 mars", précise une source judiciaire, citée par LCI.

"En cas de levée de l'immunité parlementaire, Marine Le Pen sera contrainte de se rendre à la convocation des juges", indique Le Figaro. Cependant, cette levée pourrait ne pas intervenir avant plusieurs mois. Elle doit en effet faire l'objet d'un débat et d'un vote en séance plénière. "Cette procédure est en outre particulièrement longue : entre 4 et 8 mois selon les cas pour la quinzaine de cas étudiés en 2016 par le Parlement européen", note LCI.

Invitée du "8h30 Aphatie" sur France Info ce vendredi 14 avril, Marine Le Pen s'est exprimée sur la décision des juges. "C'est normal, c'est la procédure classique, je ne suis pas étonnée", a-t-elle expliqué avant de confier qu'elle "ne regrette pas" de ne pas s'être rendue à la convocation des juges [Huffington Post]. "Même tonalité du côté du trésorier du Front, Wallerand de Saint-Just, qui estime que la demande des juges est un 'non-évènement'", rapporte Le Figaro. "Il était totalement prévisible que la justice demande la levée de son immunité", assure-t-il.

Une campagne entachée par de nombreuses affaires

Cette affaire s'inscrit dans la lignée de nombreuses autres qui entachent la campagne de la candidate du Front national. Depuis les révélations relatives à l'affaire des assistants parlementaires, en mars 2015, le Parlement européen a mis en doute la réalité du travail de 29 des 60 assistants parlementaires des députés FN. "Ces derniers travailleraient plus pour le FN que sur des dossiers européens, directement auprès de Marine Le Pen ou comme cadres du parti", rapporte Euronews. "Si ces doutes étaient confirmés par les enquêteurs, il s’agirait d’emplois fictifs financés par le contribuable européen". Le préjudice est évalué à plus de 7,5 millions d’euros de 2010 à 2016, note le média européen, avant d'ajouter que l’office européen de lutte anti-fraude (OLAF) a demandé, en juin 2016, à 6 députés du Front national de rembourser ces salaires. "Mais dans le cas de Marine Le Pen, celle-ci a refusé et ses prochaines indemnités d’eurodéputée seront donc ponctionnées pour rembourser la somme de 300 000 euros."

Si le Parlement européen répond favorablement à la demande de la justice, ce ne serait pas la première fois que Marine Le Pen perdrait son immunité. En effet, "l'immunité parlementaire de la candidate à la présidentielle avait déjà été levée dans une autre procédure, celle de la diffusion sur les réseaux sociaux de photos de Daech. Furieuse qu'un parallèle ait été fait entre le FN et le groupe terroriste, Marine Le Pen avait posté plusieurs clichés, notamment de décapitation, avec le commentaire : 'Daech, c'est ça!'", rappelle L'Express.

Plaintes du ministère de l'Intérieur à l'encontre de Florian Philippot, bras-droit de Mme Le Pen, soupçons de malversations dans le financement de campagnes électorales, sous-évaluations potentielles de déclarations de patrimoine de Marine et Jean-Marie Le Pen en 2014 : Euronews dresse la liste de toutes les affaires auxquelles le Front national est confronté. "Mais le Front national nie les faits et se dit victime du 'système'", affirme Le Monde. Dans un entretien au Parisien fin mars, évoqué par le quotidien, Marine Le Pen avait déclaré : "Je suis victime d’une persécution judiciaire, menée par M. [Martin] Schulz [l’ancien président du Parlement européen]."

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