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Acier et aluminium : les Etats-Unis imposent des mesures protectionnistes

Revue de presse 09.03.2018

Des taxes à l'importation sur l'acier et l'aluminium ont finalement été adoptées, jeudi 8 mars, après plusieurs jours d'intenses spéculations. Allant contre  l'avis de ses partenaires commerciaux, Donald Trump s'expose ainsi à une riposte commerciale de la part de l'Union européenne. 

Donald Trump

Le président des États-Unis, Donald Trump - Crédits : Gage Skidmore

La décision est finalement tombée. Jeudi 8 mars, "Donald Trump a signé deux documents imposant des taxes de 25% sur les importations d'acier et de 10% sur celles d'aluminium" [Europe1]. Ces dernières entreront en vigueur "dans 15 jours", précise Libération. "Ce net virage protectionniste" intervient "13 mois après son arrivée au pouvoir" et en réponse à une promesse de campagne [Le Point]. De fait, Donald Trump ignore ainsi les mises en garde répétées de nombre de ses alliés, dont l'Union européenne, "sur les risques d'une guerre commerciale aux conséquences imprévisibles", poursuit le journal.

Taxes sur l'acier et l'aluminium : l'UE répond à Donald Trump

Face aux réactions de ses partenaires commerciaux, le président américain a néanmoins tenté d'apaiser les esprits en assurant jeudi : "Nous allons faire preuve de beaucoup de flexibilité" [Le Monde]. La Maison-Blanche s'est également dite prête à des exemptions avec certains voisins : "Si nous trouvons un accord, il n’y aura pas de taxes sur le Canada et le Mexique". Washington a de plus "précisé que tous les pays concernés pourraient engager des discussions avec les Etats-Unis pour négocier, une éventuelle exemption" [Le Monde].

L'annonce de la mise en place de droits de douane porte la discorde jusque dans les soutiens de Donald Trump. Le président républicain de la Chambre des représentants américaine, Paul Ryan, a d'ailleurs publiquement dénoncé ces taxes en déclarant : "Je suis en désaccord avec cette décision et j’en crains les conséquences imprévues", relate Libération.

De son côté, Le Figaro rappelle la situation analogue de 2002 quand George W. Bush avait imposé des taxes sur l'acier. "La mesure s'était néanmoins soldée par un ralentissement de la croissance et des pertes nettes d'emplois", précise le journal. Dans cette perspective, "une étude de Trade Partnership [think tank américain] prédit aujourd'hui la création de 33 500 emplois dans la sidérurgie, mais l'élimination de 146 000 postes dans d'autres secteurs" [Le Figaro].

Réactions en Europe

Les réactions ne se sont pas faites attendre non plus en Europe, où le projet américain avait déjà fait grand bruit. La France s'est exprimée par la voix du ministre de l’Economie, Bruno Le Maire : "Une guerre commerciale ne fera que des perdants, (…) avec nos partenaires européens nous allons évaluer les conséquences sur nos industries et les réponses à apporter'" [Le Monde]. Outre-manche, le ministre du Commerce international, Liam Fox, "a critiqué la décision américaine, évoquant une mauvaise manière de gérer ces affaires commerciales" [Le Monde].

Certains industriels ont également pris la parole afin d'"infléchir la position américaine" à l'instar du patron de Constellium, Jean-Marc Germain, grand fabricant de produits en aluminium. Il annonce que les taxes vont "obliger toute la profession à augmenter les prix, et risque d’inciter les producteurs chinois bloqués aux Etats-Unis à déverser leur production en Europe", sans compter de possibles mesures de rétorsion européennes qui seraient "contre-productives" [Le Monde].

Le locataire de la Maison-Blanche a également pointé directement du doigt l'Allemagne en déclarant : "Nous avons des amis et aussi des ennemis qui ont énormément profité de nous depuis des années sur le commerce et la défense. (...) Si on regarde l'Otan, l'Allemagne paie 1 % et nous payons 4,2 % d'un PIB beaucoup plus important. Ce n'est pas juste" [Le Point].

Ripostes aux taxes américaines 

Face à la mise en place de mesures protectionnistes outre-Atlantique, Le Monde explique que "si l’UE montre ses muscles, elle reste néanmoins prudente". Pour Mme Malmström il n'est "pas question de jeter de l’huile sur le feu", cite le journal. La commissaire européenne au Commerce s'est néanmoins voulue claire sur les positions de l'Union. "A une décision qui mettrait en risque des milliers d’emplois européens, nous répliquerons de manière ferme et proportionnée", a-t-elle déclaré.

 

En effet, l'Union européenne souhaite d'abord imposer des taxes à l'importation sur une liste de produits en provenance des Etats-Unis par des "mesures de rétorsion" [Le Monde]. Les produits choisis sont "particulièrement symboliques comme le beurre de cacao, le jus d’orange, le whisky, les jeans, les cigarettes, etc.". Par cette "liste de dizaines de produits d’exportation américains", le but est de toucher la production à hauteur "d’un montant total de 3,5 milliards de dollars annuels soit 2,8 milliards d’euros".

Ensuite, Bruxelles pourrait mettre en place des mesures de sauvegarde pour "protéger les secteurs de l'acier et de l'aluminium des flux étrangers qui ne trouveraient plus de débouchés sur le marché américain" [Le Monde]. Enfin, la Commission souhaite porter plainte devant "l'Organisation mondiale du commerce, peut-être avec les autres pays concernés" afin de faire barrage à ce mouvement protectionniste.

Pour l'heure, Donald Tusk insiste : "'Il est désormais temps pour les responsables politiques des deux côtés de l’Atlantique d’agir de façon responsable'" [Le Monde]. Le président du Conseil européen précise que le contentieux sera "au programme du prochain sommet européen à Bruxelles, les 22 et 23 mars" [Le Monde]. Cecilia Malmström doit également rencontrer Robert Lighthizer, le représentant au Commerce des Etats-Unis, qui "est attendu samedi 10 mars pour une réunion à la Commission européenne prévue de longue date" [Europe1].