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Accord sur le climat : le retrait des Etats-Unis provoque une onde de choc en Europe

Revue de presse 02.06.2017

"America first", c'est bien le message qu'a tenu à faire passer Donald Trump, jeudi 1er juin dans la soirée, en annonçant au reste du monde le retrait des Etats-Unis de l'accord de Paris sur le climat. Une décision qui suscite la consternation en Europe, après des semaines de négociations pour tenter de convaincre la deuxième puissance la plus pollueuse du monde de la nécessité de cet accord. Loin de s'appesantir, l'Union européenne souhaite désormais devenir le moteur de la lutte contre le réchauffement climatique.

 

 

"Un boulet aux pieds des Etats-Unis"

"Un bras d'honneur à la planète. C’est en substance le message que Donald Trump a adressé jeudi soir aux 195 autres pays signataires de l’accord de Paris sur le climat", assène Le Parisien. Après des semaines d'atermoiements, Donald Trump a finalement annoncé hier, à 15h30 (heure locale) et depuis le jardin des roses de la Maison Blanche, son retrait de l'accord sur le climat signé en 2015 à Paris. Un texte qui vise à contenir le réchauffement climatique "nettement en dessous de 2 degrés" par rapport aux niveaux préindustriels et "s'efforce" de poursuivre l'action menée pour limiter l'élévation des températures à 1,5 degré, rappelle la BBC.

"J’ai été élu pour représenter les habitants de Pittsburgh, pas de Paris"(…)" Les autres pays se moquent de l'Amérique, ils cesseront", a déclaré le président américain en décrivant l'accord signé par Barack Obama comme un "boulet aux pieds" des Etats-Unis [Die Welt]. L'argument principal invoqué par le locataire de la Maison Blanche est en outre celui de protéger l'emploi dans l'industrie automobile, la sidérurgie, le gaz et le charbon, résume Le Parisien. Une ligne également défendue par les dirigeants républicains du Congrès, l'industrie américaine du charbon ainsi que par le leader de la majorité au Sénat américain, Mitch McConnell, précise la BBC.

Les Etats-Unis de Donald Trump rejoignent ainsi la Syrie et le Nicaragua, tous deux non signataires de l'accord sur le climat, rappelle Die Welt. Un constat qui jure avec la position avant-gardiste défendue par Barack Obama durant ses deux mandats. "Même le dictateur de la Corée du Nord Kim Jong-un s'est résolu à signer l'accord de Paris sur  le climat", ironise le journal allemand.

"Nous ne renégocierons pas"

Dès la fin de son allocution, Donald Trump s'est "attiré les foudres du monde entier", résume Le Figaro. En effet, la condamnation est unanime dans quasiment toutes les capitales du monde. "Tous s’étranglent de voir la deuxième puissance la plus pollueuse au monde faire désormais cavalier seul" [Le Parisien].

Le retrait des Etats-Unis de l'accord de Paris apparaît cependant comme une opportunité pour les Européens de prendre leur destin en main. Une position qu'avait déjà appelée de ses vœux, il y a quelques jours, la chancelière allemande Angela Merkel, depuis Munich. Face à la proposition de Donald Trump de renégocier un accord sur le climat plus favorable pour les Etats-Unis, "les gouvernements français, allemand et italien ont dit croire 'fermement' que l'accord de Paris ne 'pouvait pas être renégocié' [Le Figaro]. Emmanuel Macron et Angela Merkel ont également confirmé leur "engagement résolu à mettre en œuvre cet accord et le défendre sur la scène internationale", poursuit le journal.

Un message repris par Miguel Arias Cañete, commissaire européen à l'Energie et auClimat, rappelant que le monde pouvait "compter sur l'Europe" [El Pais].

"Make our planet great again"

Quelques heures après l'annonce de Donald Trump, le président de la République, Emmanuel Macron, a pris solennellement la parole en français et en anglais, depuis l'Elysée. L'occasion pour lui d'exprimer ses sincères regrets et de "tendre la main aux entrepreneurs et scientifiques américains" qui souhaiteraient "poursuivre la lutte contre le changement climatique", résume  L'Obs.

En détournant le slogan de campagne du nouveau président américain au profit du climat, avec la formule "Make our planet great again", Emmanuel Macron a souhaité "non sans opportunisme" ériger la France en "terre d'asile pour la lutte contre le changement climatique", analyse le journal.