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Accord sur le Brexit : fumée blanche à Bruxelles

Revue de presse 08.12.2017

La Commission européenne et le Royaume-Uni sont parvenus à trouver un accord, à la suite d'intenses négociations, vendredi 8 décembre. La Première ministre britannique Theresa May a réussi à trouver une solution pouvant satisfaire les unionistes nord-irlandais du DUP et la république d'Irlande. L'exécutif européen a proposé aux Etats membres d'entamer la deuxième phase des négociations.

accord brexit martin selmayr

A 7h06, le 8 décembre, le directeur de cabinet de Jean-Claude Juncker annonce sur Twitter qu'un accord a été trouvé.

Accord matinal

C'est aux alentours de 7h du matin ce 8 décembre que Martin Selmayr, chef de cabinet de Jean-Claude Juncker, a tweeté une photo de fumée blanche "toute vaticane" [Libération]. Un message indiquant qu'un accord était enfin trouvé entre la Commission européenne et le Royaume-Uni sur les termes du Brexit. Selon l'exécutif européen, "des 'progrès suffisants' ont été atteints sur les conditions du divorce", pour permettre l'ouverture de la seconde phase de négociations, qui portera sur les futures relations entre Européens et Britanniques. Le communiqué de la Commission européenne indique qu'"il appartient désormais au Conseil européen (à 27) de décider le 15 décembre 2017 si des progrès suffisants ont été effectivement réalisés pour passer à la deuxième étape des négociations" [Libération].

Ce dernier exigeait en effet qu'avant d'ouvrir la seconde phase des négociations, la Commission et le Royaume-Uni parviennent à des "avancées (…) dans les trois dossiers jugés prioritaires" [Libération]. Et à force de "compromis" et de "concessions", un terrain d'entente a été trouvé [Le Figaro].

La Première ministre britannique a, donc, rencontré un peu avant 7h du matin à Bruxelles le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker [Les Echos]. Cette réunion matinale pourrait être liée "aux contraintes d'agenda des leaders européens", mais pour Les Echos il est probable "qu'il ait été décidé de communiquer avant l'ouverture des marchés britanniques".

"Diplomatie frénétique"

Politico indique que cet accord a été trouvé après "trois jours de diplomatie frénétique". Mais c'est dans la nuit de jeudi à vendredi que "les choses se sont de fait accélérées", d'après Les Echos. Theresa May se serait rendue à Bruxelles "suite à des discussions avec le Parti unioniste démocrate [DUP] qui se sont étendues tout au long de la nuit" [The Independent]. Le Figaro ajoute que la locataire du 10 Downing Street "devait rentrer dans la foulée à Londres, afin de fournir peut-être plus de précisions à sa majorité et aux Irlandais du Nord".

Car le DUP avait auparavant "torpillé" l'accord qu'Européens et Britanniques avaient trouvé le 4 décembre au sujet de la frontière nord-irlandaise [Politico]. Le parti craignait en effet que "le Brexit ne crée une frontière entre la Grande-Bretagne et l'Ulster", rappellent Les Echos, qui soulignent que les négociateurs devaient "trouver avec [les unionistes irlandais] un point d'entente, sans pour autant braquer la république d'Irlande".

Grand écart

Ce qui a donc été fait. Theresa May a assuré vendredi que l'accord "garantit l'absence de frontière dure", tout en renforçant "les engagements relatifs à l'intégrité du Royaume-Uni" [Les Echos]. La cheffe du parti unioniste irlandais Arlene Foster, citée par The Independent, a quant à elle déclaré que "six changements substantiels" ont été faits sur le texte de lundi. Toutefois, "Mme Foster a suggéré que le DUP pourrait toujours voter contre l'accord final sur le Brexit", précise le quotidien britannique.

Concernant la facture du divorce, autre sujet prioritaire, les négociateurs ont fixé des montants "justes pour le contribuable britannique", selon les mots de Theresa May rapportés par The Independent. Le chiffre de 50 milliards d'euros à été évoqué [Le Monde]. Enfin, sur la question du droit des ressortissants européens en terre britannique, la Commission européenne affirme que "les citoyens de l’Union vivant au Royaume-Uni et les citoyens britanniques installés dans l’UE à 27 conserveront les mêmes droits une fois que le Royaume-Uni aura quitté l’UE" [Libération].

A l'issue de la rencontre, et pour la première fois "depuis le référendum de 2016, (…) Theresa May et Jean Claude Juncker, acteurs décisifs de la rupture, répondaient ensemble aux questions de la presse", relate Le Figaro.

Le président de la Commission s'est déclaré "satisfait de l'accord équitable (…) obtenu avec le Royaume-Uni" [Politico]. Mme May a, quant à elle, affirmé que le compromis permettrait d'apporter "de la clarté et de la certitude pour les entreprises du Royaume-Uni et de l'Union européenne" [The Independent].