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A la veille du Brexit, l'Ecosse s'apprête à demander un nouveau référendum d'indépendance

Revue de presse 28.03.2017

Une rupture en cachera-t-elle une autre ? A la veille du lancement du Brexit, le Parlement écossais se prononce aujourd'hui mardi 28 mars sur la possibilité d'organiser un nouveau référendum sur son indépendance. Une consultation qui menace de dynamiter le Royaume-Uni et à laquelle Theresa May a souhaité apporter une réponse ferme.

 

 

Theresa May et Nicola Sturgeon

Theresa May et Nicola Sturgeon

Référendum d'indépendance : le vote du Parlement écossais

"Comme si l’équation du Brexit n’était pas déjà assez complexe, les inconnues de l’Ecosse et de l’Irlande du Nord viennent encore la compliquer", écrit Le Monde.  A J-1 avant le lancement du Brexit, les députés écossais doivent se prononcer ce mardi 28 mars, sur la possibilité de réclamer un nouveau référendum d'indépendance. Le Parlement régional, dominé par les indépendantistes du Parti national écossais SNP, "aurait déjà dû se prononcer sur la question mercredi dernier", rappelle L'Express. Cependant, le tragique attentat perpétré aux abords du Parlement de Westminster à Londres le même jour "avait provoqué le report du vote". La consultation du Parlement écossais intervient dont accidentellement à la veille du Brexit, ce qui "renforce encore la dramaturgie autour de ces deux événements historiques" [Le Parisien].

Selon le journal, la quasi concomitance de ces deux rendez-vous semble pourtant "logique tellement le désir écossais de rompre avec le reste du Royaume-Uni est lié à la rupture en passe d'être officialisée entre la Grande-Bretagne et l'Union européenne". En juin dernier, les Britanniques s'étaient prononcés à "52% contre l'Union européenne", alors que "62% des Ecossais" avaient exprimé leur désir de rester [France 24].

Le malaise s'installe entre Edimbourg et Londres

Afin d'endiguer les vues des indépendantistes écossais, Theresa May s'est rendue hier à Edimbourg pour rencontrer la cheffe du gouvernement de la nation constitutive, Nicola Sturgeon. Ce tête à tête intervient "deux semaines après que cette dernière a annoncé son intention de réclamer un nouveau référendum d'autodétermination pour la fin 2018 ou début 2019" [Le Point]. Si ce face-face était pour le moins "sérieux et cordial", les deux dirigeantes n'auront "échangé aucune poignée de main", trahissant quelque peu leur malaise, relate RFI.

La Première ministre britannique a en effet insisté sur la nécessaire "unité du Royaume-Uni", déclarant que ce n'était "pas le bon moment pour un référendum" [Euronews]. "Au moment de commencer les négociations pour quitter l’Union européenne, nous devrions nous rassembler plutôt que de nous diviser", a-t-elle affirmé [Le Monde]. Un message ferme, difficilement accueilli par Nicola Sturgeon "qui n'a pas caché sa frustration au sortir de la rencontre", estimant "que son homologue britannique n’avait pas écouté ses exigences sur le Brexit" [RFI].

Comme l'explique Le Parisien, s'il serait compliqué pour Theresa May d'assumer politiquement "son opposition au vote du Parlement écossais", la Première ministre britannique cherchera en revanche à rester "maître du calendrier en repoussant au maximum la date d'un nouveau référendum". De cette manière, Downing Street garderait les mains libres pendant les négociations à venir avec les Européens, sans que la question écossaise n'interfère, analyse Le Monde.

 J-1 avant le Brexit

Demain en milieu de journée, Tim Barrow, représentant permanent du Royaume-Uni auprès de l'Union européenne, devrait remettre au Conseil européen la lettre "ouvrant la voie à deux ans de négociations" et mettant un terme "à 44 ans d'une relation en dents de scie" [Le Point]. Le lendemain, jeudi 30 mars, le gouvernement britannique publiera le Livre blanc du projet de loi baptisé "Grande abrogation", "destiné à abolir le Code de la loi de 1972 qui avait incorporé la législation européenne au droit britannique".

Qui plus est, selon Anand Menon du groupe de recherche "UK in a changing Europe", interrogé par Le Point, il y aurait "50 % de probabilité que les négociations échouent, laissant le Royaume-Uni 'sans filet de sécurité', exposé aux règles de base de l'Organisation mondiale du commerce, comprenant notamment des barrières douanières".

Maintenir l'unité du Royaume-Uni durant ces années de négociations ne sera donc pas une mince affaire pour Londres, qui devra en plus faire face à la crise politique profonde qui sévit en Irlande du Nord. Comme l'explique La Croix, les Républicains du Sinn Fein et les Unionistes du DUP sont au coude à coude depuis les élections législatives du 2 mars et ne parviennent pour le moment pas à s'entendre pour bâtir une coalition au niveau régional. Les Républicains, favorables au rattachement avec Dublin et pro-européens ont largement bénéficié du vote des Nord-Irlandais contre le Brexit (56%) pour progresser, notamment sur la crainte de la population de voir réapparaître une frontière physique avec la République d'Irlande [Le Monde].