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A La Valette, l'UE négocie des financements contre la gestion extérieure des migrants

Revue de presse 13.11.2015

Hier s'est achevé à La Valette (Malte) un sommet entre l'Europe, la Turquie et les pays d'Afrique autour de la crise migratoire et des solutions diplomatiques pour endiguer le flux de réfugiés sur le vieux continent. Solutions concrétisées par un renforcement de l'aide au développement pour l'Afrique ainsi qu'un partenariat en devenir avec la Turquie, tenu d'une main de fer par un Recep Tayyip Erdogan en position de force.

La Valette

L'une des premières mesures annoncées lors de la conclusion du Sommet de La Valette est de mettre en place un fonds d'aide pour l'Afrique. "La Commission s’est engagée à l’alimenter à hauteur de 1,8 milliard d’euros" détaille Euronews, elle "espère désormais que les États membres auront la même ambition afin d’atteindre l’objectif de 3,6 milliards d’euros".

Cependant les Etats membres vont également être sollicités pour fournir une aide financière à la Turquie. Selon l'envoyé spécial du Figaro à La Valette, Ankara "semble presque assurée d'une aide de 3 milliards d'euros dans les deux ans pour 'fixer' sur son territoire les candidats à l'asile européen et démanteler de prospères filières de passeurs".

Mais le président Erdogan reste "prudent, [il] exige qu’avant toute chose ce montant lui soit garanti", estime Le Monde. Le quotidien ajoute que, pour la Turquie, "M. Juncker a mis sur la table un projet évoquant 500 millions d’euros prélevés sur le budget européen tandis que les Etats membres fourniraient le reste de la contribution, soit 2,5 milliards".

Pour Euractiv, l'UE a déroulé un "tapis rouge" à Erdogan lors du sommet, faisant fi du rapport de la Commission "qui demande au nouveau gouvernement à cesser d'enfreindre les principes d'État de droit, de liberté des médias et de droits de l'Homme" ainsi que de la récente descente de police dans les bureaux de l'un des principaux journaux d'opposition.

L'Europe porte des œillères car la situation est urgente. "L'horloge tourne. Sauver Schengen est devenu une course contre la montre", insiste Donald Tusk, président du Conseil européen [Le Figaro].

"Les opérations de relocalisations de réfugiés au sein de l’UE ne seront achevées qu’en... 2101, au rythme actuel de cette répartition entre Etats membres, a ironisé jeudi à Malte le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker" [Libération].

En effet, le mécanisme des hotspots ne fonctionne pas comme il le devrait. "Moins de 150 personnes sur les 160 000 que l’Union européenne a prévu de transférer depuis l’Italie et la Grèce, vers d’autres pays européens, l’ont effectivement été" selon le président de la Commission [Libération].

Or pendant ce temps apparaissent "de nouvelles restrictions aux frontières (comme viennent de le faire Slovénie, la Suède ou même l'Allemagne), le discrédit pour l'UE et partout la poussée de l'Extrême-droite" [Le Figaro].

Au même moment, "l‘île de Lesbos [est] débordée par les réfugiés", titre Euronews.

La prochaine étape diplomatique sera la tenue "d'un sommet de l'Union européenne avec la Turquie pour améliorer la collaboration sur la crise migratoire", rapporte La Croix. "Donald Tusk, président du Conseil européen, qui réunit les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE, a lui aussi confirmé [sa] tenue 'dès que possible'", ajoute le quotidien.

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