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1er mai : le Front national a réuni l'extrême droite européenne à Nice

Revue de presse 02.05.2018

Le 1er mai, en vue des élections au Parlement européen de 2019, Marine Le Pen a réuni ses alliés européens d'extrême-droite à Nice. L'objectif du Front national ? Renforcer ses alliances malgré les dissensions de ces partis politiques aux priorités différentes.

Marine Le Pen à Nice

Marine Le Pen lors du rassemblement organisé par le Mouvement pour une Europe des nations et des libertés (MENL), le 1er mai 2018, à Nice - Photo : Facebook - Crédits : MENL

"Fête des nations"

"L’affiche [du rassemblement] décrétait que l’événement serait une fête" précise Le Monde. Pour RFI, l'objectif de la réunion est clair : "lancer la campagne des [élections] européennes qui ont lieu l’an prochain", en mai 2019.

La "délocalisation du FN à Nice (…) fait un peu figure de rupture avec la tradition", indique également la chaine de radio. En effet, selon Les Echos, "à force de célébrer le 1er mai, le Front national avait fini par se rêver (…) porte-parole des salariés". Mais ce n'est plus la priorité pour le FN, qui préfère la "nouvelle stratégie de la lutte contre l'immigration avant toute chose".

Pour Marine Le Pen, le rassemblement est une "première pierre [pour] une Europe qui respecte la souveraineté des nations, qui respecte la souveraineté des peuples", rapporte RFI. L'objectif de la cheffe du Front national était de fédérer en défendant "l'identité des nations et les origines helléno-chrétiennes de la civilisation européenne", thèmes chers aux partis d'extrême droite européens, tous pays confondus [Europe 1].

Unis contre l'Union européenne

"L'Europe est une belle idée, l'Union européenne est en train de la tuer",
a ainsi martelé la dirigeante frontiste [Les Echos]. Selon cette dernière, "la poussée des mouvements nationaux en Europe, le sentiment aujourd'hui partagé que le projet de l'Union européenne est à bout de souffle, tout cela créé une situation favorable comme jamais" [RFI].

Marine Le Pen a ainsi jugé possible "la victoire aux élections européennes des partis nationaux-populistes" [Europe 1]. Le Monde explique que pour y parvenir Marine Le Pen "doit d’abord fédérer plus largement autour d’elle, en France" et en Europe. Pour ce faire, elle a ouvert la porte "au-delà du FN" en proposant une liste "qui accueillera tous les courants souverainistes, d’où qu’ils viennent, qui sont attachés à la nation".

Du côté européen, la finaliste à l'élection présidentielle veut renforcer les "alliances avec les autres mouvements européens notamment au sein du groupe Europe des nations et des libertés" au Parlement européen, dont le FN fait déjà parti [Europe 1]. Selon Ouest-France, les discours antieuropéen et anti-migration sont liés pour Marine Le Pen et lui permettent de porter sa position en Europe. Elle dénonce une "Union antieuropéenne", qui "ne sert pas l'idée de l'Europe, mais travaille à sa destruction par dilution et par submersion", car elle est traversée par une "folie migratoire qui est en train de faire sombrer l'Europe". "Plus l'Union européenne a du pouvoir moins les Etats en ont" conclut-elle.

Absences remarquées

Le rassemblement de Nice, note Le Monde, est toutefois terni par deux défections remarquées : l'Italien Matteo Salvini et le Néerlandais Geert Wilders, poids lourds de l'extrême droite européennes.

M. Salvini, le "chef de file de la Ligue italienne", est en "pleines tractations gouvernementales pour la conquête de Rome", son absence était donc prévisible. Cependant, "la défection de Geert Wilders, annoncée à la dernière minute, a occasionné davantage de surprise et de déception dans les rangs frontistes" [Le Monde]. Le dirigeant du Parti pour la liberté (PVV) doit préparer "sa défense aux Pays-Bas". En effet, Geert Wilders doit "comparaître en appel le 17 mai dans une affaire pour laquelle il a été condamné pour incitation à la discrimination, en décembre 2016".

En outre, selon La Croix, les dissensions restent importantes entre ces partis européens d'extrême droite, qui ont chacun leurs priorités : "si le populisme (appel au peuple contre les élites) et le rejet du multiculturalisme les réunissent, ils sont en revanche divisés sur la politique économique et sur la construction européenne".

Par exemple, l'homologue autrichien du FN, le Parti de la liberté, ne "souhait[e] pas la fin de l’euro mais, au contraire, une expulsion de la zone euro des économies trop faibles". Le parti d'extrême droite bulgare est, quant à lui, résolument et "paradoxalement pro-Union européenne", souhaitant "insérer la Bulgarie au cœur de l’intégration européenne (zone euro et espace Schengen)".

Pour d'autres partis, les priorités sont différentes, à l'instar des partis néerlandais et tchèque, qui sont beaucoup plus axés sur  "la lutte contre l’immigration et l’islam" que sur les politiques européennes.