Logo Toute l'Europe

A l'approche de la présidence française de l'UE, Emmanuel Macron donne le cap

Souveraineté, défense, nouveau modèle de croissance… le chef de l’Etat a détaillé jeudi 9 décembre les grands objectifs de la prochaine présidence française du Conseil de l’Union européenne (PFUE), à compter du 1er janvier 2022. Un agenda jugé ambitieux par la presse, qui souligne également l’approche de l’élection présidentielle.

Devant des journalistes français et étrangers, Emmanuel Macron a présenté les priorités de la présidence française du conseil de l'UE
Devant des journalistes français et étrangers, Emmanuel Macron a présenté les grands axes de la présidence française du Conseil de l’UE - Crédits : capture d’écran Youtube Elysée

S’il fallait résumer en une phrase l’objectif de cette présidence, je dirais que nous devons passer d’une Europe de coopération à l’intérieur de nos frontières à une Europe puissante dans le monde, pleinement souveraine, libre de ses choix et maître de son destin”, a déclaré le président de la République Emmanuel Macron hier pour annoncer les grandes priorités de la présidence française de l’UE [Les Echos].

Dans l’optique d’une Europe plus indépendante, le chef de l’Etat a d’abord annoncé une réforme de l’espace Schengen. “Une Europe plus souveraine, c’est une Europe capable de maîtriser ses frontières”, a-t-il plaidé [Le Figaro]. Cette mesure comprend deux axes détaillés par Le Figaro : “la mise en place d’un pilotage politique de cet espace de libre circulation […], et la création d’un mécanisme de soutien d’urgence aux frontières en cas de crise comme récemment en Pologne”.

Pour le locataire de l’Elysée, “il s’agit d’une condition indispensable à la fois pour assurer la sécurité des Européens, pour relever le défi migratoire et éviter les drames que nous avons vécus”. Ce dernier espère également faire avancer les discussions sur le pacte migratoire européen, “bloquées depuis des années par de profondes divisions entre Etats membres” [Les Echos].

Le président a également proposé un “new deal, économique et financier” pour “refonder en profondeur” la relation entre l’Union européenne et l’Afrique, et a appelé à un “réengagement” et à un “réinvestissement” de l’UE face aux “nouvelles tensions” qui se produisent dans les Balkans [Le Monde].

Nouveau modèle de croissance

Sur les volets économiques et sociaux, le chef de l’Etat a plaidé pour un “nouveau modèle de croissance et d’investissements” [Les Echos] à construire dans les dix prochaines années. Un sommet informel y sera consacré les 10 et 11 mars. “Nous devons bâtir des filières industrielles fortes autour de l’hydrogène, les batteries, la défense, les semi-conducteurs”, a souligné le président, qui souhaite également “repenser le cadre budgétaire” de l’Europe imposant notamment des plafonds de déficit et de dette publics [Le Monde].

Sur le volet numérique, “l”UE a pris du retard dans l’informatique en nuage et les semi-conducteurs”, déplore Emmanuel Macron [The Irish Times]. Ce dernier juge que les Etats doivent agir “ensemble, en tant qu’Européens, pour ‘construire une véritable souveraineté technologique’, pour que l’Europe soit ‘une puissance numérique’ “, explique le quotidien irlandais. Cela doit notamment passer par l’adoption de règlements sur les marchés numériques (DMA) et les services numériques (DSA).

Plusieurs autres propositions ont été lancées, allant d’un “grand travail sur l’histoire de l’Europe” au “service civique européen” de six mois pour les jeunes de moins de 25 ans [Le Monde].

Agenda “XXL” à l’accent national

Au lendemain de cette conférence de presse, plusieurs médias mettent en avant “un fort sous-entendu de politique intérieure” [Politico] et un “agenda à l’évidence électoral” [Le Temps]. Politico, cité par Courrier international, perçoit par exemple dans le projet de réforme de Schengen un “sens politique interne”, alors que “les principaux candidats à [la présidentielle d’avril 2022] ont fait de l’immigration un thème central de leurs discours”.

Dès les premiers mots de son propos liminaire, le chef de l’État prévient : face aux crises multiples qu’affronte l’Europe, ‘nombreux sont ceux qui voudraient ne s’en remettre qu’aux seules nations […] Nous avons besoin de rester unis, nous Européens’ ”, rapporte Le Figaro, qui voit “le décor planté, celui de l’affrontement entre nationalistes et proeuropéens”.

Pour le quotidien suisse Le Temps, également cité par Courrier international, le chef de l’Etat fait preuve d’une “ambition version XXL”, l’objectif étant “de se présenter comme le dirigeant le mieux placé pour faire bouger l’UE au sortir de la pandémie”. Même son de cloche pour El Pais en Espagne, qui juge le programme “si vaste […] qu’il lui [sera] difficile de le remplir dans une période où, s’il ne remporte pas les élections présidentielles d’avril, son successeur devra terminer le mandat présidentiel”.

La capacité [d’Emmanuel Macron] à prouver aux citoyens français que l’UE leur est bénéfique au quotidien et à un niveau personnel sera déterminante pour son éventuelle réélection, car il est le politicien le plus proeuropéen de l’échiquier politique, et c’est le ciment qui unit son électorat disparate”, décrypte pour sa part Politico. Et si “Emmanuel Macron a consacré deux heures à parler d’Europe et (pratiquement) rien que d’Europe […], il ne sera pas dit que le dévoilement de ce calendrier ne lui aura pas permis de prendre de la hauteur et de dessiner en creux sa vision du pays”, estime Le Soir.

Les autres sujets du jour :

Allemagne

Asile et migrations

Brexit

Covid-19

Italie

PFUE

Relations extérieures

Suède

Votre avis compte : avez-vous trouvé ce que vous cherchiez dans cet article ?

Participez au débat et laissez un commentaire

Commentaires sur A l'approche de la présidence française de l'UE, Emmanuel Macron donne le cap

Lire la charte de modération

Commenter l’article

Votre commentaire est vide

Votre nom est invalide