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Drapeau Turquie Dernière mise à jour le 08.04.2021

Turquie

Géographie et démographie

Capitale

Ankara

Villes principales

Istanbul, Ankara, Izmie, Bursa, Adana

Découpage administratif

7 régions divisées en 81 provinces

Population

83,16 millions d'habitants (2020)

Eurostat

Superficie

780 576 km²

(Ministère des Affaires étrangères)

Indice de développement humain

0,820 (2019)

ONU

Environnement

6,244 tonnes/hab. (2018)

OCDE

Politique

Système politique

République présidentielle

Chef d'état

Recep Tayyip Erdoğan

Chef du gouvernement

Poste supprimé en 2018. Vice-président : Fuat Oktay

Prochaines élections

2023

Présidentielle

2023

Législatives

Économie

PIB

679,5 milliards d'euros (2019)

Eurostat

Inflation

1 % (septembre 2020)

Eurostat

Taux de croissance

- 5 % (2020)

FMI

Taux de chômage

13,3 % (2018)

Eurostat

Dette publique

42,6 % (T3 2020)

Ministère turc de l'Economie et des Finances

Déficit public

4,9 % (2020)

Ministère turc de l'Economie et des Finances

Turquie

Politique

La Turquie est une république à régime présidentiel.

Le chef de l’Etat est, depuis août 2014, Recep Tayyip Erdoğan, auparavant Premier ministre depuis 2003.

Le mouvement de Gezi

En juin 2013, le gouvernement turc doit faire face à une contestation citoyenne de grande ampleur, ayant pour origine la transformation du parc Gezi d’Istanbul en vaste complexe commercial.

Plus largement, les manifestants souhaitent réaffirmer les libertés individuelles face aux velléités d’autoritarisme étatique et de renforcement des valeurs religieuses.

Après plus d’un mois de manifestations, 7 morts, 7 800 blessés et plus de 3 000 arrestations, le gouvernement maintient sa volonté de transformer le parc en centre commercial. Un épisode qui inaugure une dérive autoritaire du président turc.

Le conflit kurde

La Turquie souffre depuis les années 1980 d’un conflit entre le gouvernement turc et la population kurde, qui réclame son indépendance.

Alors qu’un cessez-le-feu entre le PKK kurde et le gouvernement turc était en place depuis 2013, le conflit ethnique reprend à l’été 2015, suite à l’attentat terroriste de Suruç près de la frontière syrienne. La population kurde accuse alors le gouvernement turc de complicité avec l’Etat islamique (Daesh), qu’il financerait pour affaiblir les positions kurdes. Le PKK mène en représailles plusieurs actions de guérilla. De son côté, le gouvernement turc ordonne différentes opérations aériennes et au sol.

Les élections de 2015

Le Parti de la Justice et du développement (AKP) du président Recep Tayyip Erdoğan remporte les élections législatives du 1er novembre 2015 avec 49,3 % des voix, récupérant ainsi la majorité absolue au Parlement. Il forme ainsi un gouvernement sans coalition, ce que les précédentes élections de juin 2015 ne lui permettaient pas.

Le coup d’Etat de 2016

La Turquie connaît un coup d’Etat par l’armée en juillet 2016. En réaction à ces attaques, le régime se durcit et procède à des dizaines de milliers d’arrestations de journalistes, de chefs d’entreprise et d’enseignants. 12 députés du parti kurde HDP sont arrêtés sous couvert de lutte contre le terrorisme, accentuant les tensions entre les kurdes et Ankara, un an après la reprise des hostilités.

Fin septembre 2016, on dénombre 31 000 personnes détenues, 129 000 fonctionnaires suspendus ou licenciés et 4 000 institutions et entreprises privées fermées. 10 000 autres fonctionnaires sont licenciés par décret sous l’état d’urgence fin octobre 2016 et des médias sont supprimés ainsi que des journalistes arrêtés.

En décembre 2016, d’après l’ONG Reporters sans frontières, plus de 100 journalistes et collaborateurs de médias ont été emprisonnés.

Le conflit libyen

Malgré le départ de Mouammar Kadhafi en 2011, sa succession au pouvoir peine à trouver une issue durable dans un pays en proie aux milices locales et où la constitution d’un gouvernement de transition est concurrencée par celui du maréchal Haftar.

Dans ce dossier, alors que la communauté internationale a décidé d’un embargo sur les armes à destination de la Libye, les Européens accusent la Turquie de le violer et de faire preuve d’ingérence.

Le conflit du Haut-Karabakh

Majoritairement peuplée d’Arméniens, la région du Haut-Karabakh a été rattachée à l’Azerbaïdjan pendant la période soviétique. Depuis la chute de l’URSS, la province lutte pour son indépendance ou son rattachement à l’Arménie, ce à quoi s’oppose l’Azerbaïdjan. Des combats éclatent et une trêve est négociée en 1994 mais les tensions persistent.

Le conflit reprend en septembre 2020, avec de nouveaux affrontements. Le gouvernement turc fait immédiatement savoir qu’il apportera son soutien aux forces azéries. De son côté, l’Union européenne appelle à la fin des combats et à une reprise des pourparlers dans le cadre du Groupe de Minsk, chargé d’aboutir à une résolution pacifique du conflit.

La présidentialisation du régime

Recep Tayyip Erdoğan lance un référendum le 16 avril 2017 sur le changement de constitution, qui transfère l’essentiel des pouvoirs exécutifs du Premier ministre au Président. Le “oui” remporte une courte victoire, permettant à Erdogan de briguer des mandats présidentiels jusqu’en 2029 et d’obtenir la mainmise sur les pouvoirs législatif et judiciaire.

Le 5 juillet 2017, une dizaine de défenseurs des droits humains sont arrêtés, notamment la directrice pour la Turquie d’Amnesty International, Idil Eser.

Le 5 mai 2016, le Premier ministre Ahmet Davutoğlu annonce qu’il ne se représente pas à la tête de l’AKP et qu’il quittera son poste.

Les désaccords avec le Président Erdogan se sont en effet succédé : ce dernier n’a pas apprécié la reprise des négociations avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, branche armée du mouvement pro-kurde) mais peut-être avant tout les termes de l’accord sur les migrants conclu avec l’UE. Le Premier ministre s’est également opposé publiquement au placement en détention provisoire de journalistes en procès.

C’est donc Binali Yıldırım, compagnon de route de Recep Tayyip Erdoğan depuis 1994, qui prend sa succession après avoir été élu à la tête de l’AKP.

Les élections de 2018

Le 24 juin 2018, lors des élections législatives et présidentielles, Recep Tayyip Erdoğan est réélu au premier tour avec plus de 52 % des voix. Son principal concurrent, le social-démocrate Muharrem Ince, arrive en deuxième position de la présidentielle avec environ 30 % des voix.

L’alliance dominée par l’AKP mène avec plus de 53 % des suffrages pour les élections législatives, contre 34 % en faveur de l’alliance anti-Erdoğan, formée par plusieurs partis d’opposition.

L’offensive en Syrie

En octobre 2019, une nouvelle offensive turque contre les forces kurdes au nord de la Syrie relance les critiques européennes à l’encontre d’Ankara. A la suite des Etats-Unis, les pays membres ont adopté des sanctions. L’Union européenne condamne les interventions en Syrie.

Le pays et l’UE

Les relations entre l’UE et la Turquie ont débuté en septembre 1963, lorsque la Communauté économique européenne (CEE) signe avec le pays un accord d’association, dit “accord d’Ankara” . Celui-ci prévoit le renforcement des relations économiques et commerciales, afin d’instaurer une union douanière. Cette dernière entre en vigueur le 1er janvier 1996.

La Turquie présente officiellement sa candidature à l’adhésion à la CEE le 14 avril 1987. Il faudra attendre le Conseil européen d’Helsinki du 10 décembre 1999 pour qu’elle soit reconnue comme pays candidat à l’adhésion de l’UE.

Le Conseil européen de Bruxelles du 16 décembre 2004 décide de l’ouverture des négociations en 2005. Les négociations avec la Turquie débutent ainsi le 3 octobre 2005. Il est toutefois précisé que “ces négociations sont un processus ouvert dont l’issue ne peut être garantie à l’avance” et “qu’elles dépendent de la capacité d’assimilation de l’Union, ainsi que de la capacité de la Turquie à assumer ses obligations.

Le contentieux chypriote

Devenue indépendante du Royaume-Uni, la République de Chypre comprend, en 1960, une communauté chypriote grecque et une communauté chypriote turque. Le Royaume-Uni, la Grèce et la Turquie deviennent à cette occasion des Etats garants de l’équilibre constitutionnel de l’île. En 1974, la Turquie intervient militairement pour éviter un éventuel rattachement de Chypre à la Grèce.

Depuis cette date, l’île de Chypre est divisée entre une partie sud, hellénophone et orthodoxe, et une partie nord, turcophone et musulmane, la République turque de Chypre du Nord (RTCN). La communauté internationale ne reconnaît pas cette dernière, à la différence de la Turquie, qui continue de la soutenir militairement. La situation complique les relations diplomatiques entre la Turquie et l’UE, notamment depuis que Chypre y a adhéré en 2004.

A partir de 2018, les tensions se sont à nouveau accrues. La Turquie aurait bloqué un navire italien dans les eaux chypriotes, une violation du droit international selon Nicosie. A l’été 2019, malgré les menaces de l’UE de réduire les aides de pré-adhésion et les prêts de la Banque européenne d’investissement en 2020, la Turquie a pénétré illégalement dans la zone économique exclusive de Chypre, laquelle contient des gisements gaziers. L’élection le 18 octobre 2020 à la tête de la RTCN du nationaliste turc Ersin Tatar, favorable à une solution à deux Etats au détriment d’une réunification avec le reste de l’île, ajoute aux tensions entre Chypre et la Turquie et complique d’autant plus les discussions avec l’UE.

Aujourd’hui, sur un total de 35 chapitres de négociations avec la Turquie, 18 ont été ouverts dont deux en 2016 (l’un concerne les affaires économiques et monétaires et l’autre les dispositions financières et budgétaires). Seul le chapitre concernant la science et la recherche a été clôturé.

La Commission européenne et la Turquie avaient adopté un “agenda positif” en mai 2012, avant les événements de la place Taksim. Celui-ci prévoyait notamment une concertation accrue sur les grands sujets de politique étrangère, une meilleure coopération dans le domaine de l’énergie, ainsi que des discussions directes entre la Commission et Ankara pour permettre un alignement progressif des normes turques sur celles de l’UE.

Mais depuis l’été 2016, et les graves répressions qui ont suivi le coup d’Etat manqué en Turquie, les négociations ne progressent plus, même si elles ne sont pas officiellement gelées. Le président de la Commission européenne Jean Claude Juncker a même estimé en novembre 2016 que “tout ce que font les autorités turques aujourd’hui me fait croire que finalement la Turquie ne veut pas” respecter les conditions requises à la poursuite des négociations. Le 25 mars 2017, le président turc a mis un nouveau coup de frein à la poursuite des discussions, en déclarant vouloir organiser un référendum sur la poursuite des négociations d’adhésion à l’Union européenne.

La crise migratoire de 2015-2016 donne une nouvelle dimension à la relation UE-Turquie. La situation inédite en mer Méditerranée pousse les Etats membres de l’UE, menés par l’Allemagne, à passer un accord controversé avec Ankara en mars 2016. Selon ses termes, les Turcs acceptent d’accueillir les migrants arrivés illégalement en Grèce, avec en échange une aide financière importante de l’UE.

Dans le même temps, un nouveau chapitre de négociations sur les questions budgétaires est ouvert et le processus de libéralisation des visas européens pour les Turcs, prévu dans l’accord migratoire de mars 2016, est engagé. Mais il est au point mort depuis plusieurs années, au vu de la situation politique actuelle en Turquie. En décembre 2016, les deux parties entament des négociations pour moderniser l’Union douanière mais le climat politique dans l’UE et en Turquie ne favorise pas la progression des échanges.

En juin 2019, le Conseil de l’UE note “que la Turquie continue de s’éloigner un peu plus encore de l’Union européenne” . Les négociations d’adhésion avec la Turquie sont par conséquent au point mort.

Dans son rapport annuel rendu en 2020, la Commission européenne assure que “la Turquie reste un partenaire clé de l’Union européenne” . Alors que ses réunions n’avaient pas eu lieu pendant trois ans, le Conseil d’association UE-Turquie, qui rassemble des membres de la Commission européenne et du gouvernement turc, s’est à nouveau réuni en mars 2019. Mais aucune autre réunion n’a été programmée par la suite.

Bruxelles a indiqué que les réformes pour adhérer à l’UE n’ont pas été réalisées et que “les graves préoccupations de l’UE concernant la détérioration continue de la démocratie, de l’état de droit, des droits fondamentaux et de l’indépendance du pouvoir judiciaire n’ont pas été prises en compte, avec de nouveaux reculs dans de nombreux domaines” .

L’année 2020 a constitué un nouveau tournant dans les relations entre l’UE et la Turquie. A la fin du mois de février 2020, en infraction à la déclaration de mars 2016, le gouvernement turc a annoncé une ouverture de ses frontières avec l’UE pour laisser passer les migrants. Quelques mois plus tard, à l’été 2020, un navire de prospection sismique est envoyé faire des recherches sur les gisements d’hydrocarbures, à proximité de Chypre et dans les eaux territoriales grecques. En réaction, le Conseil a allongé la liste des personnes turques concernées par des sanctions européennes. Dans le même temps, le président turc Recep Tayyip Erdoğan a vivement critiqué son homologue français en réactions aux mesures décidées par Emmanuel Macron pour lutter contre l’islam radical, entraînant une vague de solidarité des dirigeants européens à son égard.

Lors du Conseil européen du 25 mars 2021, les dirigeants européens ont validé le renouvellement de l’accord migratoire. En déplacement à Ankara le 6 avril, Ursula von der Leyen et Charles Michel ont “salué l’accueil réservé par la Turquie à 4 millions de réfugiés” et donné leur “accord pour que l’aide européenne soit prolongée”. La Commission européenne doit présenter prochainement une proposition financière de soutien à l’accueil des réfugiés syriens en Turquie. Le président du Conseil européen a réaffirmé qu’il est dans l’intérêt de l’UE de développer une relation de coopération mutuellement bénéfique. Il a également fait part de ses vives inquiétudes quant à l’évolution récente de la situation en matière d’état de droit et de respect des droits fondamentaux en Turquie. 

Géographie

La Turquie a une superficie de 780.576 km², dont 97 % situés en Asie Mineure et 3 % en Europe (une partie de la Thrace), reliés par les détroits des Dardanelles et du Bosphore.

Ses frontières terrestres sont, à l’ouest avec la Grèce et la Bulgarie, au nord-est avec la Géorgie, à l’est avec l’Arménie et l’Iran, au sud, avec l’Irak et la Syrie. Elle est baignée au nord par la mer Noire, à l’ouest par la mer Egée et la mer de Marmara, au sud par la Méditerranée. Elle compte au total près de 8000 km de côtes.

Occupé en presque totalité par le plateau anatolien (1 500 km d’Est en Ouest), près de 80 % du territoire se trouve à une altitude supérieure à 500 mètres. Le plateau central est enserré par des chaînes montagneuses s’élevant à plus de 3 000 mètres : la chaîne Pontique au nord-est, le Taurus au sud et l’Anatolie orientale où les sommets dépassent 4000 m (Mont Ararat : 5 165 m).

Parmi la dizaine de lacs situés dans le pays, les plus importants sont le Van (1 713 km²) et le Tuz Gölu (1 600 km²). Les principaux fleuves sont : Kizilirmak (long de 1 355 km), Sakarya (824 km), Seyhan (560 km). Le Tigre et l’Euphrate prennent leur source dans l’Est de la Turquie.

La végétation est de type méditerranéen sur les côtes, forêts dans les montagnes, steppe sur la majeure partie du plateau anatolien qui est largement cultivé.

Economie

Dans les années 1980, la Turquie a axé son développement sur la production et l’exportation de produits industriels, notamment du textile (20 % des exportations en 2005), des véhicules automobiles (9 % des exportations en 2015) et des services. Une importante évolution de son économie, sachant que 46 % de ses exportations concernaient le secteur de l’agroalimentaire en 1975. Le secteur manufacturier est le plus ouvert au commerce extérieur. Les exportations de services représentent néanmoins la plus grande part des exportations.

L’UE est le principal partenaire commercial de la Turquie puisqu’elle représentaient 58 % de ses exportations et 57 % de ses importations en 2015, même si la part des importations en provenance d’Asie est de plus en plus importante (+7 points entre 2005 et 2015) ainsi que celle des exportations vers l’Afrique (+10 points entre 2005 et 2015).

La Turquie a connu une forte période de croissance durant les années 2000, qui s’est essoufflée sous l’effet de la crise financière et d’un environnement externe déprimé. De 2010 à 2011, le rebond a été vigoureux (+9,2 % et +8,8 % de croissance). Cependant les vulnérabilités se sont en parallèle accentuées. Depuis, la croissance du PIB a ralenti mais conserve un certain dynamisme au vu des récentes tensions politiques internes, puisqu’elle était de 4 % en 2015 avant de diminuer à 3 % en 2016, tout en restant inférieur à son potentiel et en étant très volatile.

Malgré des interventions de la Banque centrale, la livre turque a perdu 70 % de sa valeur face au dollar et à l’euro depuis 2010, avec une accélération durant la tentative de putsch à l’été 2016 et depuis l’offensive en Syrie de 2019. Cela a néanmoins permis d’importants gains de compétitivité et a profité aux exportations qui s’accroissent depuis : la part des exportations turques dans le commerce mondial est passée de 0,80 % à 0,93 % entre 2011 et 2015. En revanche, les entreprises turques se sont largement endettées en dollars, ce qui rend l’économie très vulnérable aux variations de change.

La croissance économique a permis l’augmentation du PIB par habitant, qui a atteint 65 % de la moyenne européenne en 2016, l’écart se réduisant depuis plusieurs années. Son indicateur de développement humain est passé de 0,70 en 2011 à 0,76 en 2014. En revanche, les inégalités sont relativement importantes et croissantes puisque l’indice de Gini est passé de 38,8 en 2010 à 40,2 en 2013. 20 % des Turcs les plus riches se sont partagés près de 50 % du revenu disponible après impôt en 2013. La Turquie est classée 75ème en termes d’indice de perception de la corruption calculé par Transparency International.

Touchée également par la crise sanitaire et économique engendrée par la pandémie de Covid-19 le gouvernement a adopté une série de mesure de soutien. Un plan de soutien de l’économie, représentant 2% du PIB a été présenté en mars 2020. Il a, par exemple, prévu la distribution d’une aide financière d’urgence à 5,3 millions de ménages ou encore des reports de paiements d’impôts et d’échéances de prêts accordées par les banques aux entreprises.

Source : OCDE

Histoire

324-326 : après la fondation de Constantinople sur l’ancienne cité de Byzance et la séparation des empires romains d’Orient et d’Occident, en 395, le territoire de la Turquie actuelle constitue le cœur de l’Empire d’Orient puis de l’Empire byzantin, sous le règne des basileus.

1299 : fondation de l’Empire ottoman.

1453 : le sultan Mehmet II s’empare de Constantinople, rebaptisée Istanbul. Au cours du XVIe siècle, l’Empire ottoman domine le monde musulman. Au sommet de sa puissance, sous le règne de Soliman le Magnifique, l’Empire recouvre une partie de l’Europe orientale.

1535 : signature d’un traité des capitulations entre l’Empire ottoman et le Royaume de France, qui servira de modèle aux traités signés ensuite avec les autres grandes puissances européennes.

1683 : l’échec du siège de Vienne marque le début du reflux ottoman, qui perd au cours du XVIIIe siècle un certain nombre de possessions balkaniques.

1839 : le sultan Abdülmecid lance l’ère de réformes, le “Tanzimat” : le vaste Empire entreprend de se moderniser sur le modèle européen. Au cours du XIXe siècle, “l’homme malade de l’Europe” perd peu à peu ses possessions européennes.

10 août 1920 : le Traité de Sèvres prévoit le démembrement de l’Empire ottoman, qui combattit aux côtés des empires centraux et se rangea parmi les vaincus de la guerre.

29 octobre 1923 : la République de Turquie voit le jour à la suite de la guerre d’indépendance. Mustafa Kemal, dit Atatürk (le Père des Turcs), en prend la tête. Il est proche des réformistes Jeunes-Turcs et impose des réformes radicales telles que l’adoption du principe de laïcité, l’abandon de l’écriture arabe au profit de l’alphabet latin et le droit de vote des femmes (en 1934).

10 novembre 1938 : mort de Mustafa Kemal Atatürk. Ismet Inonu lui succède à la tête de l’Etat.

18 février 1952 : restée neutre durant la Seconde Guerre mondiale, la Turquie se rapproche du bloc occidental en adhérant à l’OTAN.

27 mai 1960 : coup d’Etat militaire en Turquie.

1961 : adoption par référendum d’une nouvelle Constitution.

1974 : crise chypriote. Suite au coup d’Etat des colonels grecs à Chypre, l’armée turque intervient dans la partie Nord de l’île.

12 septembre 1980 : coup d’Etat militaire. Dans les années qui suivent, l’armée s’attache à réorganiser le système politique et contenir l’essor du mouvement islamiste. Il faut attendre 1983 pour qu’un gouvernement civil soit formé.

Février 2001 : crise économique et financière en Turquie.

3 novembre 2002 : victoire du Parti AKP aux élections législatives. Ce parti est depuis au pouvoir.

Juin 2013 : grand mouvement de contestation citoyen suite à la décision du gouvernement de transformer le parc Gezi d’Istanbul en complexe commercial. Comptant plusieurs centaines de milliers de personnes, les manifestations marquaient notamment un rejet de l’autoritarisme étatique.

10 août 2014 : Recep Tayyip Erdoğan est élu douzième président de la République, pour la première fois au suffrage universel.

7 juin 2015 : Lors des élections législatives, l’AKP perd la majorité absolue. Un gouvernement de coalition n’ayant pas été formé, Ahmet Davutoğlu est maintenu comme Premier ministre d’un gouvernement de transition. Des élections anticipées sont convoquées.

10 octobre 2015 : La Turquie connait son attentat le plus meurtrier : 102 personnes sont décédées à Ankara lors d’une manifestation pour la paix menée par les forces politiques de gauche. Les deux bombes humaines sont affiliées à l’Etat islamique.

1er novembre 2015 : Les élections législatives anticipées rendent la majorité absolue à l’AKP au Parlement, Ahmet Davutoğlu est reconduit au poste de Premier ministre.

15 juillet 2016 : Un coup d’Etat militaire éclate, menaçant le pouvoir en place. En réaction, Recep Tayyip Erdoğan déclare l’Etat d’urgence et ordonne l’arrestation de responsables politiques kurdes, de journalistes, la restriction de certaines libertés civiles et l’extension des pouvoirs de la police.

16 avril 2017 : Une réforme constitutionnelle est soumise au référendum, et adoptée avec 51,37 % des voix. Elle renforce les pouvoirs du président en supprimant notamment le poste de Premier ministre, et fait coïncider le mandat de la Grande assemblée nationale turque avec celui du président. Cette réforme est jugée “autoritaire” par l’opposition.

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