Toute L'Europe – Comprendre l'Europe
Drapeau Royaume-Uni Dernière mise à jour le 09.09.2022

Royaume-Uni

Dernière mise à jour le 09.09.2022

Géographie et démographie

Capitale

Londres

Villes principales

Londres, Birmingham, Glasgow, Liverpool, Bristol

Découpage administratif

4 nations constitutives (Angleterre, Pays de Galles, Ecosse, Irlande du nord), dont 8 régions, la Collectivité du grand Londres et 46 comtés en Angleterre ; huit comtés au Pays de Galles ; 12 régions en Écosse ; 26 districts en Irlande du Nord. Le Royaume-Uni exerce de plus sa souveraineté sur trois dépendances de la Couronne et 14 territoires d'outre-mer.

Superficie

244 381 km2

Eurostat

Indice de développement humain

0,932 (2019)

ONU

Environnement

GES : 5,2 tonnes/habitant (2019)

Banque mondiale

Politique

Système politique

Monarchie parlementaire régionale

Chef d'état

Sa Majesté le Roi Charles III

Chef du gouvernement

Liz Truss

Prochaines élections

2024

Générales

Politique

Le Royaume-Uni de Grande Bretagne et d’Irlande du Nord (United Kingdom of Great Britain and Northern Ireland, nom officiel depuis 1923) est une monarchie parlementaire sur laquelle règne Charles III, fils aîné d’Elizabeth II et du prince Philip, depuis le 8 septembre 2022. Il est membre de la dynastie des Windsor.

Ne possédant pas de Constitution formelle, le pays est régi par un ensemble de lois, jurisprudences et traités qui organisent le système parlementaire. Alors que ce sont les élections législatives qui déterminent les sièges à la Chambre des communes, la composition de la Chambre des Lords est déterminée par suffrage indirect, nomination ou hérédité.

Avec la dévolution de la fin des années 1990, le Pays de Galles, l’Ecosse et l’Ulster ont obtenu une autonomie accrue et d’importants transferts de compétences. Cette autonomie a été renforcée en Ecosse après l’échec du référendum d’indépendance de septembre 2014.

Ardent défenseur du Brexit lors de la campagne qui a précédé le référendum de 2016, le conservateur Boris Johnson est devenu Premier ministre le 24 juillet 2019, succédant à Theresa May. Fragilisé pendant plusieurs mois par le scandale du “Partygate”, il a annoncé sa démission le 7 juillet 2022. 

Près de deux mois plus tard, celle qui était depuis un an la cheffe de la diplomatie britannique a été élue à la tête du parti conservateur. Âgée de 47 ans, Liz Truss a pris ses fonctions le 6 septembre dans un contexte de crise énergétique et de tensions avec l’Union européenne sur les dossiers post-Brexit. 

La vie politique britannique depuis 25 ans

La vie politique récente du pays a été marquée par 13 années de gouvernement travailliste (gauche libérale), de 1997 à 2010, dirigé d’abord par Tony Blair puis, à partir de 2007, par Gordon Brown. En mai 2010, les élections générales ont porté au pouvoir les conservateurs et les libéraux-démocrates, dans ce qui fut le premier Parlement sans majorité absolue depuis 1974. Lors des élections générales, organisées en mai 2015, le Premier ministre sortant David Cameron a pu conserver son poste. Les conservateurs, ayant obtenu la majorité absolue avec six sièges d’avance, ont été à même de gouverner seuls pendant 5 ans.

Le parti anti-immigration et europhobe UKIP, dirigé par l’ancien eurodéputé Nigel Farage, a fait son entrée pour la première fois à Westminster en octobre 2014 lors d’élections partielles, 22 ans après sa création.

Organisé le 23 juin 2016, le référendum britannique d’appartenance à l’Union européenne se solde finalement par la victoire du “leave” avec 51,89 % des suffrages, entraînant un véritable séisme politique. David Cameron, qui a personnellement milité pour rester au sein de l’UE, cède sa place le 13 juillet 2016 à Theresa May, jusqu’alors ministre de l’Intérieur. Le 18 avril 2017, cette dernière annonce vouloir convoquer des élections législatives anticipées le 8 juin 2017, afin d’obtenir une plus large majorité parlementaire avant d’entamer les négociations du Brexit.

Ce pari est perdu, puisqu’à l’issue des élections, le parti conservateur de Theresa May obtient 317 sièges sur 650 sièges. Le parti travailliste de Jeremy Corbyn obtient 262 sièges, le Parti national écossais de Nicola Sturgeon 35 sièges et les Libéraux démocrates de Tim Farron 12 sièges. Avec la perte de la majorité absolue, la Première ministre conclut une alliance avec le parti unioniste DUP d’Irlande du Nord et obtient la confiance du Parlement britannique. Le DUP accepte de soutenir le gouvernement sur certaines questions relatives au Brexit, aux finances et à la défense contre un milliard de livres sur les deux prochaines années consacrées au développement irlandais.

Le 24 mai 2019, devant son incapacité à mettre en œuvre le Brexit, Theresa May annonce sa démission, effective le 7 juin. Après un vote des adhérents du parti conservateur, Boris Johnson l’emporte avec plus de 66 % des suffrages exprimés. Il devient Premier ministre le 24 juillet 2019. Il est reconduit à ce poste à l’issue des élections législatives anticipées organisées le 12 décembre 2019. Après l’annonce de sa démission en juillet 2022, son ancienne ministre des Affaires étrangères, Liz Truss, est élue le 5 septembre à la tête du Parti conservateur face à son collègue des Finances, Rishi Sunak.

Le pays et l’UE

Conscient de sa marginalisation par les deux nouvelles puissances mondiales (Etats-Unis et URSS) dans la deuxième moitié du XXe siècle, le Royaume-Uni a cherché à se trouver de nouveaux alliés en Europe, tout en restant distant à l’égard de la construction européenne. Opposé à l’idée de mettre en commun sa politique douanière, le Royaume-Uni a créé avec neuf autres pays l’Association européenne de libre-échange (AELE) en 1960, avec pour objectif de concurrencer le marché commun.

Les bonnes performances économiques de ce dernier face au relatif échec de l’AELE ont conduit le Royaume-Uni, dès l’année suivante, à faire une demande d’adhésion à la CEE. Sa première candidature, en 1961, s’est heurtée au refus de la France du général de Gaulle. Le Royaume-Uni a fini par rejoindre la CEE en 1973 après l’approbation des Français par référendum, en même temps que le Danemark qui faisait également partie de l’AELE.

L’engagement du pays au sein de l’UE est demeuré partiel. Celui-ci disposait de conditions particulières (clauses d’opting-out) pour un certain nombre de politiques européennes : il ne faisait ni partie de la zone euro ni de l’espace Schengen, et a négocié sa participation au budget européen (“rabais britannique”).

En juin 2016, le Royaume-Uni a organisé un référendum sur son appartenance à l’Union européenne, à la suite d’une promesse électorale faite par le Premier ministre David Cameron, pourtant opposé à cette éventualité. A l’issue de ce vote, c’est finalement une majorité (51,9 %) des votants qui s’est prononcée pour une sortie du Royaume-Uni de l’UE.

Après la démission de David Cameron, c’est la Première ministre Theresa May qui, avec son gouvernement, s’est chargée de négocier l’accord de sortie du Royaume-Uni. Initialement prévue pour le 29 mars 2019, celle-ci a été reportée à plusieurs reprises en raison de rejets successifs du parlement britannique sur les modalités de la sortie. 

Figure de proue du Brexit, le Premier ministre conservateur Boris Johnson a repris le flambeau en 2019 et renégocié l’accord obtenu par sa prédécesseure. Le nouveau texte a été signé le 17 octobre 2019 par ce dernier et Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne. Peinant à le faire ratifier par les députés britanniques, Boris Johnson a convoqué des élections anticipées, qu’il a largement remportées le 12 décembre 2019. L’accord de sortie a finalement été approuvé au début de l’année 2020, avant une sortie du pays de l’Union européenne le 31 janvier 2020.

Conformément à l’accord de retrait, une période de transition s’était installée à partir du 1er février 2020. Elle permettait au pays de rester dans le marché unique et l’union douanière jusqu’au 31 décembre 2020 et d’éviter ainsi un certain nombre de disruptions économiques. L’Union et son ex-Etat membre avaient jusqu’à cette date pour décider de leur relation future.

Le 24 décembre 2020, le pays a conclu avec l’UE un important accord de commerce et de coopération. Celui-ci établit les conditions de leurs futures relations dans un certain nombre de domaines, notamment en matière commerciale ou de sécurité. De nombreux autres domaines comme la politique étrangère, la défense, la finance ou encore la culture, sont exclus de l’accord. 

Depuis le Brexit, les relations entre le Royaume-Uni et l’Union sont marquées par d’importantes tensions. En particulier parce que le pays n’a jamais respecté pleinement l’accord de sortie qu’il a signé en 2019. Il conteste en effet les dispositions du protocole sur l’Irlande du Nord déplaçant certains contrôles douaniers en mer d’Irlande pour éviter le rétablissement d’une frontière physique entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande. Entrée en fonctions le 6 septembre 2022, la Première ministre Liz Truss souhaite souhaite elle aussi renégocier ce protocole. 

Jusqu’à sa sortie de l’UE, le Royaume Uni était représenté par 73 députés au Parlement européen. Il a exercé la présidence du Conseil à cinq reprises, la dernière fois en 2005. En raison du Brexit, le pays a décidé de ne pas assurer la présidence du Conseil lors du deuxième semestre de 2017 tel que le calendrier le prévoyait. Entrée en fonction le 1er décembre 2019, la nouvelle Commission européenne ne compte plus de commissaire européen britannique.

Géographie

Le Royaume-Uni se compose de la Grande-Bretagne (Angleterre, Ecosse, Pays de Galles) et de l’Irlande du nord. Les îles britanniques sont baignées par l’océan Atlantique, la Manche et la mer du Nord. L’insularité de la Grande-Bretagne a joué un rôle déterminant dans son histoire, son économie et sa culture. Les lourds massifs de l’ère primaire des monts Cambriens et des Highlands qui occupent le nord du pays s’opposent au pays plat de la côte méridionale et surtout orientale (Norfolk, Suffolk).

L’importante population britannique (68 millions d’habitants) a été précocement urbanisée avec, outre la macrocéphalie londonienne qui organise un vaste espace dans le sud-est de l’Angleterre, une zone de très forte densité jalonnée par les grands centres urbains de Manchester, Liverpool, Leeds et Birmingham, qui fut pour une large part le berceau de la révolution industrielle. Hors d’Angleterre, Glasgow, Edimbourg, Belfast et Cardiff atteignent également le seuil de métropoles significatives.

Economie

Au cinquième rang mondial par son PIB en 2021 selon le FMI, le Royaume-Uni fut l’un des pays les plus performants de l’Union européenne en matière économique, après un passage difficile dans les années 1970. Le pays a connu ces trente dernières années de profondes mutations. Le déclin de l’activité industrielle s’est effectué d’une manière prononcée et a entraîné la difficile reconversion de régions entières, en particulier autour de Cardiff et de Manchester. Ce secteur, autrefois prépondérant et qui représentait encore 35 % du PIB en 1995, ne comptait plus en 2016 que pour 20 % du PIB (si l’on exclut la construction).

Le secteur des services, moteur de la croissance économique, représente près des trois quarts du PIB et emploie 80 % de la population. La City de Londres est encore une place financière de première importance, faisant du pays le second exportateur mondial de services commerciaux. Par ailleurs, l’électronique et les industries pharmaceutiques et énergétiques sont aujourd’hui parmi les plus compétitives d’Europe.

Le tourisme représente une part majeure de l’économie britannique : avec plus de 40,9 millions de touristes en 2019 avant la crise du Covid-19, le Royaume-Uni était la huitième destination touristique mondiale.

La décision de quitter l’Union européenne a entrainé une vague d’incertitudes qui a eu des conséquences durables sur sa vitalité économique. Si “l’économie britannique n’a pas connu de fortes perturbations à la suite du référendum de 2016 (…), les incertitudes concernant la relation future entre le Royaume-Uni et l’UE ont graduellement réduit l’investissement privé et freiné l’activité économique”, écrit ainsi la DG Trésor. La croissance du PIB s’est ainsi réduite entre 2016 et 2020, en raison de ce contexte couplé à l’arrivée de la pandémie de Covid-19. Le Royaume-Uni a ainsi connu sa plus importante récession depuis 300 ans en 2020, avec une contraction annuelle du PIB de 9,8 %. La croissance est repartie à la hausse en 2021 avec un taux de 7,5 %.

Depuis l’entrée en vigueur du Brexit, le Royaume-Uni a connu a plusieurs reprises des difficultés d’approvisionnement dues à des importations devenues plus complexes à réaliser, de même qu’un manque de personnel dans certains secteurs tels que les transports. Aujourd’hui, l’inflation - autour de 9 % en juin -, exacerbée par l’irruption de la guerre en Ukraine, entrave la reprise de l’économie britannique. Celle-ci est aussi affectée par le ralentissement des Etats voisins, dans la mesure où plus de 40 % des exportations du pays demeurent à destination de l’UE malgré le Brexit.

Histoire

Des invasions successives

  • 43-83 après J.C. : l’Angleterre est conquise par les armées romaines qui romanisent la province de Bretagne.
  • 1066 : invasion de l’Angleterre par le Normand Guillaume le Conquérant. Ses descendants fondent la dynastie des Plantagenêt qui réalise l’unification du Royaume d’Angleterre et étendent leur empire sur une partie du continent.

Entre religions et régimes politiques

  • 1215 : la Magna Carta imposée au roi Jean sans Terre par les barons du Royaume est considérée par les Anglais comme la première déclaration protégeant les droits individuels.
  • 1534 : le roi Henri VIII rompt avec l’Eglise catholique romaine et adopte la religion anglicane. Le roi d’Angleterre est le chef de l’Eglise anglicane.
  • 1649 : au terme de la guerre civile, le roi Charles 1er est exécuté et la République proclamée par Oliver Cromwell. La monarchie rétablie quelques années plus tard consacre le pouvoir des Chambres et la limitation du pouvoir royal.
  • 1688 : la “Glorieuse Révolution” qui fait monter sur le trône Guillaume et Marie consacre les principes d’une monarchie tempérée par le Parlement et les garanties d’Etat de droit de l’Habeas Corpus, déclaration des droits des justiciables.

Apogée économique et politique de l’Empire britannique

  • 1837-1901 : règne de la Reine Victoria. Puissance industrielle, coloniale et maritime, l’Empire britannique atteint son apogée et domine une large partie du monde.

Le Royaume-Uni dans le XXe siècle

  • 1945 : victorieux de l’Allemagne nazie, le Royaume-Uni n’échappe pas au déclin européen de la deuxième moitié du XXème siècle. L’irrésistible essor des mouvements indépendantistes entraîne la perte de ses possessions coloniales d’Asie et d’Afrique.
  • 1973 : le Royaume-Uni devient membre des Communautés européennes et contribue activement à la mise en place du marché unique, avec davantage d’ambiguïté pour d’autres politiques communes.
  • 2003 : Tony Blair engage son pays dans la guerre en Irak aux côtés des Etats-Unis.
  • 2016 : la sortie de l’Union européenne est approuvée par référendum à 52 % des voix.
  • 2020 : le Royaume-Uni devient le premier Etat membre à quitter l’Union européenne.
  • 2022 : A 73 ans, Charles III accède au trône après le décès de sa mère Elizabeth II. 

Drapeau et hymne

Le drapeau britannique comporte les symboles des différents pays qui forment le Royaume-Uni. La croix rouge principale est la Croix de Saint Georges, le saint patron de l’Angleterre depuis la guerre de 100 ans. Elle se superpose à une croix blanche sur fond bleu, la croix de Saint André, saint patron de l’Ecosse. La croix de Saint Patrick, le saint patron de l’Irlande, est ajoutée à la croix de Saint André en 1801, lorsque l’Irlande intègre l’union territoriale. Après maintes modifications dues à des problèmes de succession, qui le laisseront en l’état actuel, le drapeau sera officiellement adopté en 1801.

L’hymne du Royaume-Uni God Save the Queen manifeste la force du lien entre les habitants du Royaume-Uni et la monarchie. Son origine reste floue. Des similitudes ont été mises en évidence avec des compositions de John Dull (1562-1628), Henry Purcell (1639-1695) ou encore un texte de la Française Marie de Brinon (1631-1701) mis en musique par Jean-Baptiste Lully (1632-1687) à la cour du roi de France Louis XIV, puis réarrangé par Georg Friedrich Haendel (1685-1759). Le nom de Henry Carey (1687-1743) est également évoqué. S’agissant des paroles, elles évoquent la loyauté des sujets du Commonwealth envers leur souverain. Le texte aurait été popularisé en 1745, lors d’une tentative de renversement du roi protestant George II par les partisans du catholique Jacques-François Stuart. Ce chant est utilisé comme hymne national du Royaume-Uni depuis le XIXe siècle, appelé God save the King lorsque le souverain est un homme, et God save the Queen lorsqu’il s’agit d’une femme. Aucune loi ne l’a toutefois inscrit comme hymne officiel, et le Pays de Galles, l’Irlande du Nord et l’Écosse utilisent régulièrement leurs hymnes régionaux.

Lire l’étude de l’Institut Jacques Delors

Flèche vers le haut