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Drapeau Portugal Dernière mise à jour le 22.03.2021

Portugal

Adhésion en 1986 Dernière mise à jour le 22.03.2021

Géographie et démographie

Lisbonne

Villes principales

Lisbonne, Porto, Vila Nova de Gaia, Amadora, Braga

Découpage administratif

5 régions continentales, 2 régions insulaires autonomes, 18 districts, 308 communes

10,3 millions d'habitants (2020)

Eurostat

92 227 km² (2016)

Eurostat

Indice de développement humain

0,864 (2018)

ONU

Environnement

6,87 tonnes/hab. (2017)

OCDE

Politique

République semi-présidentielle

Marcelo Rebelo de Sousa

António Costa

Économie

PIB

213,3 milliards d'euros (2019)

Eurostat

Inflation

-0,1 % (Décembre 2020)

Eurostat

-7,6% (2020)

Eurostat

7,2 % (Novembre 2020)

Eurostat

131 % (T3 2020)

Eurostat

7,7 % (T3 2020)

Eurostat

Portugal

Politique

Le Portugal est une république de type semi-présidentiel, régie par la Constitution de 1976. Le pouvoir législatif est exercé par un parlement à chambre unique, l’Assembleia da Republica, élue pour quatre ans au scrutin proportionnel à un tour. L’Assemblée de la République compte 230 députés, dont 4 représentants des Portugais de l’étranger.

Gouvernement

Le 4 octobre 2015, le Premier ministre sortant Pedro Passos Coelho arrive en tête des élections législatives avec le Parti social-démocrate (PSD), mais doit renoncer à son poste à la suite d’un vote de défiance du Parlement. António Costa et le Parti socialiste (PS), deuxièmes de l’élection, sont portés au pouvoir. Antonio Costa réussit cette manœuvre grâce à l’alliance historique du Parti socialiste avec le Bloc de gauche et le Parti communiste portugais. Traditionnellement, le Parti socialiste est plus proche du centre que de l’extrême gauche.

Le 6 octobre 2019, le parti socialiste mené par António Costa arrive de nouveau en tête des élections législatives. Ce dernier dirige le gouvernement pour un second mandat.

En 2011, le Parti social-démocrate (PSD) avait largement remporté les élections législatives. Pedro Passos Coelho était alors devenu le chef du gouvernement, remplaçant M. Socrates (Parti socialiste).

Chef d’Etat

Le président de la République est Marcelo Rebelo de Sousa (conservateur), qui a succédé en 2016 à Anibal Cavaco Silva (également conservateur), non rééligible après deux mandats successifs. Le 24 janvier 2021, il est réélu au premier tour du scrutin dans un pays confiné et frappé de plein fouet par la pandémie de Covid-19.

Le pays et l’UE

A partir de 1968, le gouvernement de Marcelo Caetano, qui succède à la dictature de Salazar, entame un rapprochement modeste avec les Communautés européennes. Ce n’est qu’en 1977, trois ans après la révolution des Oeillets, que le gouvernement de Mário Soares dépose officiellement la candidature du Portugal pour une adhésion.

Le Portugal entre officiellement dans l’Union européenne le 1er janvier 1986, en même temps que l’Espagne. Cette adhésion lui permet d’installer durablement la démocratie et favorise son développement économique.

Depuis, le Portugal défend une position européiste et souhaite faire valoir son statut de “puissance moyenne” .

Touché de plein fouet par la crise financière en 2011, le Portugal est le troisième pays de l’UE qui se voit obligé de demander l’aide du Fonds monétaire international. Son ambition d’être un “bon élève” et une puissance moyenne s’effondre alors, mais le pays parvient peu à peu à renouer avec la croissance et à réduire son déficit. L’attachement du pays à l’Union européenne n’en a ainsi pas été ébranlé, à la différence de nombreux pays où les populismes ont progressé.

Le Portugal élit 21 députés au Parlement européen. Lors des élections européennes de 2019, le parti socialiste arrive en tête et investit 9 eurodéputés, devant le PSD de centre-droit qui obtient 6 sièges. La commissaire européenne actuelle est Elisa Ferreira, en charge de la Cohésion et des réformes.

L’ancien président de la Commission (2004-2014) José Manuel Durao Barroso est de nationalité portugaise.

Le Portugal exerce la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne de janvier à juin 2021. C’est la quatrième fois qu’il préside le Conseil. La précédente présidence remontait à 2007.

Géographie

Large bande côtière à l’extrémité occidentale de la péninsule ibérique et de l’Europe, le Portugal compte 840 km de côtes sur l’Océan Atlantique, outre les archipels de Madère et des Açores. Le territoire de 92 000 km² est constitué de plateaux descendant en gradins vers l’Atlantique. Le Nord, plus montagneux et traditionnellement dévolu aux activités industrielles et à une économie agropastorale de petites exploitations se différencie nettement du Sud où les cultures extensives prennent davantage d’importance, en particulier les céréales, les oliviers et les agrumes.

La vaste agglomération de Lisbonne réunit 2,7 millions des près de 10 millions de Portugais, manifestant une macrocéphalie importante du réseau urbain portugais. Porto, au nord, à l’embouchure du Douro, avec un million d’habitants, constitue le seul contrepoids réel à la capitale et à la forte centralisation administrative.

La concentration de l’activité économique dans les métropoles, au détriment de zones rurales largement délaissées n’est que partiellement compensée par la littoralisation accrue de l’économie portugaise et en particulier le développement très dynamique de l’Algarve, traditionnellement déshéritée. Après avoir longtemps été une terre d’émigration massive, le succès économique des dernières décennies en a fait un foyer d’immigration.

Economie

Le Portugal est passé d’une économie rurale à une économie plus industrielle puis à une économie de services. Dans le secteur industriel, le textile, la chaussure et l’automobile prédominent. Le pays possède également de nombreuses ressources naturelles, comme le cuivre et l’étain, et est l’un des principaux exportateurs de liège et de marbre.

Les infrastructures portugaises se sont considérablement modernisées depuis les années 1980. Un programme de privatisation a notamment démarré en 1989.

Le Portugal a particulièrement été touché par la crise économique de 2008. Après onze mois de récession, le pays a renoué avec une croissance positive au premier trimestre 2013. Celle-ci est portée depuis 2016 par une forte augmentation des exportations (textiles et agroalimentaire) pour atteindre 1,8% cette même année. De son côté, le taux de chômage portugais a suivi la plus forte baisse de l’UE, passant de 17,5% en 2013 à 6,6% en 2019.

En avril 2011, le Portugal a demandé une aide à l’Union européenne, se traduisant par l’adoption en mai de la même année d’un programme d’assistance financière d’un montant de 78 milliards d’euros sur 3 ans. En 2012, l’adoption d’un budget draconien ainsi que de nombreuses réformes (hausses d’impôts et notamment de la TVA, baisse des prestations sociales, augmentation des tarifs de transports urbains, suppression des jours de congés…) ont entrainé de nombreuses grèves et manifestations dans le pays. En effet, le PIB par habitant avait alors perdu 20% en dollars constants depuis 2008. Correspondant à l’époque à 65% de la moyenne européenne, il était descendu à 61% en 2016, traduisant un appauvrissement de sa population.

La Commission européenne avait donné jusqu’en 2016 au Portugal pour faire passer son déficit public sous la barre des 3% du PIB, un objectif que le pays a finalement atteint en 2017, ce qui lui a permis de sortir de la procédure de déficit excessif (PDE) en mai. De plus, tout en ayant un objectif d’équilibre budgétaire d’ici à 2020, le gouvernement actuel a pu mettre en œuvre une augmentation du salaire minimum ainsi que des augmentations de prestations sociales. En revanche, la dette publique atteint 129% du PIB en 2016, bien que les taux d’emprunt soient en baisse. Elle redescend à 123% en 2019.

La pandémie met fin à la trajectoire de croissance de l’économie portugaise entamée en 2013. Le pays avait réussi à redresser les finances publiques (excédent budgétaire de +0,1% en 2019) et à diminuer le poids de la dette. Cependant, la crise sanitaire a mis en évidence ses vulnérabilités. Le gouvernement anticipe un recul du PIB de 8,5 % en 2020 et un rebond de 5,4 % en 2021. Mais la reprise pourrait être pénalisée en raison du prolongement des restrictions. L’économie est durement touchée notamment à cause du poids des services, et notamment des activités liées au tourisme qui représentent environ 15 % du PIB. Les recettes du secteur devraient baisser d’environ 50 % cette année selon la secrétaire d’Etat au Tourisme et ne devraient retourner aux niveaux précédant la pandémie qu’à l’horizon 2023 selon la société portugaise d’assurance Cosec.

Source : DG Trésor

Histoire

Conquêtes romaine et arabe

  • 147 : la conquête romaine de l’extrémité de la péninsule ibérique donne naissance à la province de Lusitanie, de dimensions plus importantes que le Portugal actuel.
  • 711 : le Royaume wisigoth est conquis par les Arabes et passe sous leur domination pour plusieurs siècles.

Le royaume portugais et les grandes découvertes

  • 1139 : après la victoire d’Ourique sur les souverains musulmans, Alphonse Ier prend le titre de roi et place son royaume sous la protection directe du Saint Siège pour le mettre à l’abri des prétentions castillanes. En 1383, l’accession au trône de la dynastie d’Aviz contre le candidat des Castillans manifeste l’essor et l’identité de la bourgeoisie du royaume.
  • 1497 : L’expédition de Vasco de Gama vers les Indes Orientales en passant par le Cap de Bonne Espérance signale l’apogée du rôle du Portugal dans les grandes découvertes. Le royaume se constitue un important empire colonial, constitué en particulier du Brésil et de comptoirs de l’Afrique à la Chine.
  • 1580-1640 : le Portugal est occupé par le duc d’Albe et réduit en union personnelle avec le souverain d’Espagne Philippe II qui cherche à incorporer l’administration du royaume à l’ensemble de la monarchie. L’union est rompue par la révolte de 1640, qui voit accéder au trône Jean IV de la dynastie de Bragance. L’alliance avec la Grande Bretagne, scellée en 1703, afin de contrecarrer les projets de l’Espagne, devient une ligne directrice de la diplomatie portugaise des trois siècles suivants.

Occupation française et tensions intérieures

  • 1807 : l’occupation du Portugal par le général Junot au nom de la France napoléonienne suscite l’hostilité de la population portugaise mais aussi l’émergence de l’opinion publique éclairée aux positions libérales.
  • 1820-1826 : le retour de Jean VI de l’exil brésilien est émaillé de conflits politiques successifs. Après la révolte de Porto (1820), le Portugal obtient une constitution libérale (1822). Les tensions politiques entre libéraux et conservateurs perdurent jusqu’en 1853. Le Brésil est devenu indépendant en 1825, gouverné par l’empereur Pierre Ier.

De la république à la révolution, en passant par la dictature

  • 1910 : la république est proclamée, en même temps que la séparation de l’Eglise et de l’Etat. La période qui suit est marquée par une grande instabilité politique, avec 16 coups d’Etat entre 1919 et 1926.
  • 1928-1968 : Salazar instaure progressivement une dictature autoritaire et corporatiste, l’ “Estado Novo” , jusqu’à sa mort en 1968. Le régime est fragilisé par les guérillas coloniales en Afrique, à partir de 1961.
  • 1974 : le 25 avril, un coup d’Etat de l’armée soutenu par le mouvement populaire de la “Révolution des Oeillets” met en place un processus démocratique durable, sous la présidence du socialiste Mario Soares.
  • 1986 : le Portugal adhère à l’Union européenne

Drapeau et hymne

Le drapeau du Portugal a été créé en 1910, à la suite d’une rébellion civile et militaire qui a débouché sur l’instauration de la République portugaise. Les couleurs rouge et vert symbolisent l’espoir et le courage au combat. Sa curiosité principale réside dans le blason en son cœur, qui dévoile le plus de renseignements sur l’histoire du Portugal, révélant à la fois l’héritage religieux et colonialiste de ce pays. Cinq boucliers bleus y figurent, le nombre représentant les plaies du Christ, tandis que le bouclier symbolise les victoires militaires passées.

L’hymne national portugais A portuguesa (“La Portugaise”), a été écrit par Henrique Lopes de Medonça en 1891, dans un contexte difficile pour le peuple portugais. C’est en effet l’année où l’Angleterre, traditionnelle alliée, s’oppose à ses prétentions territoriales en Afrique, supposées compenser la perte du Brésil. C’est pourquoi l’hymne exhorte le peuple de marins au réveil, à l’insurrection. Chanté dès la tentative de révolution de janvier de 1891, il sera officiellement adopté en même temps que le drapeau officiel le 31 janvier 1911. Il en existe plusieurs versions, et la nouvelle Constitution de 1976, adoptée immédiatement après la chute de Salazar, achèvera de préciser sa forme définitive.

Lire l’étude de l’Institut Jacques Delors

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