Toute L'Europe – Comprendre l'Europe
Drapeau Monténégro Dernière mise à jour le 20.06.2022

Monténégro

Dernière mise à jour le 20.06.2022

Géographie et démographie

Capitale

Podgorica

Villes principales

Podgorica, Nikšić

Découpage administratif

21 unités locales, 2 municipalités urbaines (Podgorica)

Population

0,62 million (2021)

Superficie

13 812 km²

Indice de développement humain

0,816 (2019)

Environnement

3,5 tonnes/hab. (2017)

OCDE

Politique

Système politique

République parlementaire

Chef d'état

Milo Đukanović

Chef du gouvernement

Dritan Abazović

Prochaines élections

2022

Locales

Économie

PIB

4,2 milliards d'euros (2020)

Eurostat

Inflation

5,7 % (janvier 2022)

DG Trésor

Taux de croissance

8,2 % (T4 2021)

DG Trésor

Taux de chômage

16,6 % (2021)

DG Trésor

Dette publique

90 % (2020)

DG Trésor

Déficit public

15,1 % (2019)

DG Trésor

Monténégro

Politique

Le Monténégro est doté d’un régime parlementaire, au Parlement monocaméral. Lors du référendum organisé le 21 mai 2006, 55,5 % des électeurs se sont déclarés en faveur de la séparation entre le Monténégro et la Serbie. Le pays a ainsi obtenu son indépendance le 3 juin 2006, ce qui en fait l’un des plus jeunes d’Europe. C’est une “démocratie sociale et écologique”, selon les termes de la Constitution.

Le paysage politique monténégrin est dominé depuis 1991 par le Parti démocratique des socialistes (DPS). Le dirigeant du parti, Milo Đukanović, a occupé le poste de Premier ministre à quatre reprises entre 1991 et 2016, avant de devenir président de la République en mai 2018.

A l’issue des élections législatives de 2016, son parti a été reconduit sans toutefois décrocher une majorité absolue. C’est le socialiste Duško Marković, ancien dirigeant des services de renseignements et ancien vice-Premier ministre, qui a alors été nommé en tant que Premier ministre.

Le 30 août 2020, le DPS est arrivé premier des élections législatives avec 35 % des voix. Mais les principales formations de l’opposition : “Pour le futur du Monténégro” (ZBCG, centre droit et populiste), “La paix est notre nation” (MNN, centre) ainsi que le parti “Action réformée unie” (URA, centre gauche) ont mis en place une coalition. Le gouvernement de Zdravko Krivokapić entre en fonction le 4 décembre 2020, mettant fin à trois décennies de pouvoir ininterrompu du Parti démocratique des socialistes.

Lui succède toutefois Dritan Abazović à partir du 28 avril 2022. Ce dernier était, depuis décembre 2020, vice-Premier ministre aux côtés de M. Krivokapić. Le 19 janvier 2022, l’Action réformée unie annonce le dépôt d’une motion de censure avec les partis de l’opposition, dans le but de vérifier si le gouvernement dispose toujours d’une majorité au Parlement. La motion est adoptée, tandis que le principal groupe parlementaire de l’ex-majorité gouvernementale préfère boycotter le scrutin. 

Le 28 avril, le Parlement du Monténégro approuve le nouveau gouvernement, composé d’une large coalition de partis pro-européens et pro-serbes. Le nouveau gouvernement annonce qu’il se concentrera sur les réformes requises par l’Union européenne afin que le Monténégro puisse accélérer son processus d’adhésion dans le contexte de l’invasion russe de l’Ukraine.

Chef d’Etat

Avant même l’accession de son pays à l’indépendance, Filip Vujanović avait une première fois été élu président de la République en 1998. Il a été réélu 10 ans plus tard, puis en 2013 pour un mandat de 5 ans avec 51 % des voix.

En 2018, l’ancien Premier ministre Milo Đukanović a été réélu président de la République, pour 5 ans, jusqu’aux prochaines élections de 2023.

Le pays et l’UE

Le Monténégro a déclaré son indépendance de la Communauté d’Etats de Serbie-et-Monténégro en 2006. En 2007, le petit pays des Balkans a signé avec l’Union européenne un accord de stabilisation et d’association. Un an plus tard, il a fait une demande officielle d’adhésion à l’Union européenne. En 2009, le Conseil a adopté l’exemption de visa pour les ressortissants monténégrins au sein de l’espace Schengen pour de courts séjours.

La Commission européenne a rendu un avis favorable en 2010 à la candidature monténégrine et identifié sept secteurs d’amélioration nécessaires aux débuts des négociations. Celles-ci ont été ouvertes en juin 2012. A l’heure actuelle, 33 des 35 chapitres ont été ouverts à la négociation, dont un en juin 2020. Parmi ces chapitres, ceux de la “science et recherche” , “éducation et culture” et “relation extérieures” ont été clôturés à titre provisoire.

Géographie

En dépit de sa petite taille, le Monténégro abrite une grande variété de sites naturels remarquables. Le pays est bordé par la mer Adriatique, qui longe une étroite plaine côtière, mais ne dispose pas de port important en raison d’un littoral très accidenté.

La forêt couvre à peu près la moitié du territoire. Les gorges de la Tara forment le plus grand et le plus long canyon d’Europe, et le deuxième plus long au monde.

Le Monténégro présente des chaînes de hautes montagnes, avec un point culminant au Zla Kolata, dans les monts Prokletije, à une altitude de 2 534 m.

Economie

L’économie du Monténégro est portée en grande partie par le secteur du tourisme, qui représente plus de 20 % de la valeur ajoutée du PIB, un quart des touristes provenant de Russie. Le pays contribue à favoriser l’essor de ce secteur, notamment par des exonérations fiscales pour les investissements étrangers. En revanche, la dépendance de la croissance aux flux financiers externes comme ceux du tourisme, des transferts financiers effectués par la diaspora et des investissement étrangers (20 % du PIB), rend l’économie vulnérable. Du fait de la forte dépendance au tourisme russe, l’avenir semble incertain pour le Monténégro depuis l’invasion de l’Ukraine et l’application des sanctions européennes à l’encontre de Moscou… De fait, les investissements qui ont contribué au développement des régions côtières monténégrines se tarissent déjà car les Russes ont de plus en plus de mal à sortir de l’argent du pays.

La croissance économique est également portée par la production industrielle, même si la part du secteur secondaire dans la valeur ajoutée du PIB est en nette baisse (12 % en 2016). L’investissement public y a également participé, notamment par la construction de la première section de l’autoroute Bar-Boljare.

Par ailleurs, 16,6 % de la population active était au chômage en 2021, dont une grande partie des jeunes. Un grand projet d’autoroute n’a eu qu’un impact faible sur l’emploi, puisque les équipements nécessaires à sa construction sont importés et que le pays ne dispose que peu de travailleurs compétents pour ces travaux. Cette forte dépendance à l’importation induit un déséquilibre commercial. Le pays est de ce fait incité par les institutions internationales à stimuler sa compétitivité par rapport au reste du monde, notamment par des gains de productivité puisque l’euro y est la monnaie nationale. Le déficit courant avait atteint 15,2% sur l’année 2019, en raison d’un profond déficit commercial (44 % du PIB) et la dette extérieure était de 170 % du PIB fin 2019. 

Le pays a été fortement touché par la crise économique et financière de 2009. Entre 2013 et 2016, la dette publique est passée de 58 % à 68 % du PIB. Bien que son PIB par habitant aujourd’hui soit faible (environ 6 700 € par habitant en 2020), il est toutefois légèrement plus élevé que ceux des autres pays candidats de la région des Balkans occidentaux tels que l’Albanie et la Bosnie-Herzégovine. Son indicateur de développement humain (IDH) atteint près de 0,83 en 2019 (celui de la France est de 0,90), bien plus élevé que celui de ses voisins (autour de 0,78). L’économie souterraine reste très importante, même si le pays est au 66e rang dans le classement de l’indice de perception de la corruption calculé par Transparency International, devant ses voisins des Balkans.

Le secteur du tourisme a particulièrement été affecté par la crise du Covid-19. En mars 2020, le gouvernement a mis en place un ensemble de mesures économiques visant à réduire l’impact de la crise, mais ce programme ne représente qu’environ 2 % du PIB et n’a donc qu’un effet limité. Le pays a bénéficié également d’une aide de 50 millions d’euros de l’Union européenne issue des fonds de pré-adhésion. La croissance du PIB est toutefois largement revenue en 2021, et a affiché un taux de 8,2 % au quatrième trimestre de l’année.

Histoire

Première moitié du VIIe siècle : Avec l’établissement des Serbes dans la péninsule balkanique, la région prend le nom de Zéta et forma une principauté dépendante du royaume serbe. Elle est le berceau de la famille des Némanides, qui règne sur la Serbie de 1159 à 1367.

1389 : Après la conquête de la Serbie par les Turcs, les Monténégrins se retirent dans leurs montagnes. Malgré les guerres permanentes avec les Turcs, la région garde une certaine autonomie.

1496 : Les Ottomans s’emparent de la région et le Monténégro devient un territoire de l’Empire.

1702 : Danilo I Šepev Petrovi-Njegoš déclare l’extermination de toutes les populations musulmanes du Monténégro. Cet événement restera dans l’Histoire sous le nom de Vêpres monténégrines.

1852 : Danilo II (1851-1860) décide de la séparation entre l’Eglise et l’Etat, abolissant ainsi la fonction de prince-évêque, et devient monarque séculier. Grâce à l’aide de l’Autriche, il repousse les attaques ottomanes. En 1859, une commission internationale délimite les frontières du Monténégro.

1905 : Après l’indépendance reconnue internationalement de la Principauté du Monténégro par le Congrès de Berlin, l’établissement du Royaume du Monténégro est proclamé en 1910. Nicolas Ier prend le titre de roi.

1912 : Le Monténégro s’allie à la Grèce, à la Bulgarie et à la Serbie contre l’Empire ottoman. À la fin de la seconde guerre des Balkans, le pays double presque de superficie. Le traité de Bucarest de 1913 lui octroie la moitié du sandjak de Novi Pazar ainsi que la région de Pe.

1918 : Le Monténégro est réuni à la Serbie au sein du royaume des Serbes, des Croates et des Slovènes, avant d’être englobé dans la première Yougoslavie en 1921 où il devient officiellement la province yougoslave de Zeta.

1945 : La république du Monténégro devient l’une des six républiques constituantes de la République socialiste fédérative avec la Serbie, la Croatie, la Slovénie, la Bosnie-Herzégovine et la Macédoine.

1992 : Suite à l’éclatement de la République fédérative socialiste de Yougoslavie en 1990 et 1991, avec la sécession de quatre de ses républiques fédérées (Slovénie, Croatie, Bosnie-Herzégovine et Macédoine), la Serbie et le Monténégro décident de former la République fédérale de Yougoslavie.

2003 : La communauté d’Etats de Serbie-et-Monténégro est instaurée de façon transitoire après la dissolution de la République fédérale de Yougoslavie.

2006 : Le 3 juin, le Parlement du Monténégro proclame l’indépendance du pays et la dissolution de la communauté d’Etats de Serbie-et-Monténégro.

2012 : Le 29 juin, le Conseil européen ouvre les négociations d’adhésion à l’UE avec le Monténégro.

2017 : Le 5 juin, le Monténégro devient le 29e membre de l’OTAN.

Flèche vers le haut