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Drapeau Estonie Données publiées le 14.10.2021

Estonie

Adhésion en 2004 Données publiées le 14.10.2021

Géographie et démographie

Tallinn

Villes principales

Tallinn, Tartu, Narva

Découpage administratif

15 comtés, 241 communes

1,33 million (2020)

Eurostat

45 336 km² (2016)

Eurostat

Indice de développement humain

0,892 (2019)

ONU

Environnement

15,3 tonnes/hab. (2018)

Eurostat

Politique

République parlementaire

Alar Karis

Kaja Kallas

2023

Législatives

2026

Présidentielle

Économie

PIB

26,8 milliards d'euros (2020)

Eurostat

Inflation

1,2 % (Septembre 2021)

Eurostat

4,3 % (T2 2021)

Eurostat

6,2 % (Août 2021)

Eurostat

18,5% (T1 2021)

Eurostat

3,4 % (T1 2021)

Eurostat

Carte Estonie

Politique

L’Estonie (Eesti) est une république parlementaire. Le parlement monocaméral, le Riigikogu, compte 101 membres élus pour 4 ans.

Gouvernement

La démission le 13 janvier 2021 du Premier ministre Jüri Ratas (leader du parti EK, centre droit), impliqué dans une affaire de corruption, a fait tomber la coalition de centre droit au pouvoir. L’ancienne députée européenne et membre du Parti de la réforme (libéral) Kaja Kallas a été désignée pour former un nouveau gouvernement. Un accord de coalition a été signé entre sa formation politique et l’EK de Jüri Ratas, comportant huit chapitres dont le premier repose sur la reprise économique après la pandémie de Covid-19. Officiellement nommée Première ministre le 26 janvier, Kaja Kallas est devenue la première femme cheffe du gouvernement estonien.

Après avoir été nommé Premier ministre le 23 novembre 2016, Jüri Ratas a dirigé un gouvernement de coalition également constitué du Parti social-démocrate (SDE), de l’Union pour la patrie et de Res Publica (IRL). Il avait remplacé Taavi Roivas (Parti de la réforme), nommé en 2014 et réélu aux législatives de 2015. Fin 2016, celui-ci avait perdu la confiance du Parlement par 63 voix contre 28 en raison de la défection des sociaux-démocrates, ce qui l’avait contraint à démissionner.

Chef d’Etat

Le Parlement estonien a élu en 2016 Kersti Kaljulaid à la présidence de la République pour cinq ans. Un résultat obtenu après trois tours de scrutin, en raison de la division de la chambre (six partis). 

Ancienne membre de la Cour des comptes européenne et première femme à accéder à la présidence du pays, elle succède à l’ancien député européen Toomas Hendrik Ilves (social-démocrate). Elle a laissé sa place le 11 octobre 2021 à Alar Karis, candidat indépendant soutenu par les deux partis de la coalition au pouvoir et élu le 31 août par le Parlement. Après une carrière universitaire en biologie et en génétique, il était devenu directeur du Musée national estonien, situé à Tartu, en 2018.

En Estonie, le rôle du président est essentiellement honorifique.

Le pays et l’UE

Depuis son indépendance en 1991, l’Estonie a poursuivi le double objectif d’entrer dans l’Union européenne et d’adhérer à l’OTAN. Les négociations d’adhésion entre Tallinn et Bruxelles ont débuté le 31 mars 1998, trois ans après le dépôt de sa candidature en novembre 1995. Durant tout le processus d’adhésion et en concertation avec les instances communautaires, des réformes importantes ont été entreprises par les autorités estoniennes en vue de la transformation et de la modernisation de l’économie nationale.

Les performances économiques se sont améliorées malgré un environnement difficile, lié surtout à la crise russe de 1998. Au sein de l’UE, l’Estonie entretient des relations privilégiées avec la Finlande et la Suède, qui sont ses principaux partenaires économiques.

L’entrée du pays dans l’UE a été approuvée par référendum à une large majorité (67 % des suffrages exprimés), le 14 septembre 2003. Les Estoniens considèrent généralement que l’appartenance à l’UE représente une promesse de développement et de stabilité pour leur pays.

En 2004, elle adhère officiellement à l’Union européenne, en même temps que neuf autres pays.

Le pays compte 7 députés européens. L’Estonienne Kadri Simson est commissaire à l’Energie. L’Estonie a pris la succession de Malte à la présidence du Conseil de l’UE de juillet à décembre 2017, à la place du Royaume-Uni. Ce dernier n’a pas souhaité assurer la présidence après le vote sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne le 23 juin 2016.

Géographie

L’Estonie est le plus septentrional des trois Etats baltes, sur les bords de la mer Baltique. Elle est entourée par la Russie à l’est et la Lettonie au sud, mais le pays dont elle est le plus proche, culturellement et politiquement, est incontestablement la Finlande, située sur l’autre rive du Golfe de Finlande : Helsinki n’est qu’à 85 Km à vol d’oiseau et reliée à Tallinn par des liaisons quotidiennes. L’appartenance de l’estonien aux langues finno-ougriennes et le luthéranisme majoritaire dans la population contribuent également à cette proximité. Cependant l’Estonie compte une importante minorité russe (environ un tiers de la population) Le gouvernement s’efforce d’encourager une intégration plus poussée de ces minorités.

Ce territoire aux dimensions limitées (45 000 km²) alterne plaines et collines au sol pauvre, souvent boisé ; les forêts couvrent plus de 45 % du territoire. On compte plus de 2 200 îles et de nombreux lacs, en particulier le lac Peipous et le lac de Pskov, partagés avec la Russie. La préservation d’environnements et d’écosystèmes fragiles se traduit par l’ampleur des réserves naturelles, qui couvrent près de 10 % du territoire. Le climat frais et tempéré connaît des amplitudes thermiques restreintes, puisque les températures moyennes varient de 18° en été à -5° en hiver.

Economie

Depuis les années 1990, l’Estonie est passée d’une économie dirigiste et nationalisée à une économie de marché performante, en menant une politique d’ouverture résolument libérale et orientée vers le numérique. Les privatisations dans tous les secteurs (industriel, commercial et financier) ont permis de dégager une dynamique de croissance, malgré les tensions sociales qu’elles ont engendrées.

Situé dans une région à fort potentiel de croissance, le plus petit des Etats baltes s’est fait un nom dans l’exportation d’équipements électriques et électroniques (en particulier en ce qui concerne les télécommunications), de bois et de textiles. Les nouvelles technologies se sont profondément insérées dans les modes de vie de la population estonienne, ce qui est un atout dans sa stratégie de développement d’une économie de services à haute qualification. Les Estoniens peuvent par exemple effectuer toutes leurs démarches administratives directement en ligne grâce à la carte d’identité numérique dont disposent les citoyens de plus de 15 ans.

Considérée un temps comme le “Tigre de la Baltique” en raison de forts taux de croissance soutenus par ses importations (8,1 % en 2004, 10,5 % en 2005 et 11,4 % en 2006), l’Estonie a elle aussi été touchée par la crise économique. Après deux années de profonde récession (-14 % en 2009 et chômage à 16 % en 2010), la croissance est repartie à la hausse (de 7,3 % en 2011 à 4,1 % en 2019) et le chômage est retombé à 4,1 % en 2019.

Alors que les prévisions anticipaient une chute brutale de l’économie estonienne en raison de la crise du Covid-19, celle-ci a été relativement épargnée. Le PIB a diminué de 2,9 % en 2020 tandis que le taux de chômage atteignait 7,4 % au dernier trimestre de l’année, enregistrant la plus forte hausse de l’Union mais restant sous la moyenne européenne (il est retombé à 6,9 % en juin 2021). Le pays a augmenté le poids de sa dette publique (18 % du PIB) pour soutenir l’économie.

Source : DG Trésor, Eurostat

Histoire

L’Estonie sous influences

  • 1219 : après la fondation danoise de Tallinn, l’Estonie entre dans la zone d’influence du Danemark, qui christianise la région, puis tombe sous la coupe des chevaliers Teutoniques, en 1346. Les villes estoniennes entretiennent de fructueuses relations commerciales avec les villes de la Hanse.
  • 1561 : l’Estonie passe aux mains de la Suède qui y introduit le luthéranisme, que l’université de Tartu (Dorpat) nouvellement fondée s’attache à diffuser.
  • 1721 : à la suite de la Grande Guerre du Nord, le territoire estonien est annexé pour deux siècles par la Russie. Elle subit une politique de russification systématique au XIXe siècle, qui touche davantage la paysannerie estonienne que les barons d’origine germanique.

Le réveil du sentiment national

  • 1869 : en parallèle des autres pays baltes, le milieu du XIXe siècle entraîne le réveil du sentiment national estonien. Le succès de l’édition populaire de l’épopée nationale, le Kalevipoeg, parue en 1862, en atteste, cristallisant l’identité estonienne.
  • 1917 : le gouvernement provisoire issu de la Révolution russe de 1917 accorde son indépendance à l’Estonie. L’année suivante, les Bolchéviques tentent d’envahir le pays.
  • 1920 : après avoir battu l’Armée rouge, la République estonienne proclame son indépendance, reconnue par Moscou au traité de Tartu.

De la période soviétique à l’Union européenne

  • 1939 : le protocole secret du pacte germano-soviétique conclu entre Hitler et Staline, attribue l’Estonie à la sphère d’influence soviétique. Le pays est annexé par l’URSS en 1940, entraînant une collectivisation forcée et de nombreuses déportations.
  • 1988 : sous l’effet de la politique de glasnost et sous la pression du Front populaire, le Soviet suprême d’Estonie accorde à la législation nationale la primauté sur les lois de l’URSS. C’est le début du mouvement qui conduira à l’indépendance.
  • 1991 : la déclaration d’indépendance de l’Estonie est obtenue malgré l’opposition du gouvernement russe.
  • 2004 : l’adhésion à l’OTAN et l’entrée simultanée dans l’Union européenne marque l’aboutissement d’une décennie d’efforts.
  • 2010 : L’Estonie adhère à l’OCDE
  • 2011 : L’Estonie devient le 17e pays à adopter la monnaie unique

Drapeau et hymne

En 1881, l’Union des étudiants estoniens de l’université de Tartu, appelée Vironia, adopte le bleu, le blanc et le noir comme couleurs de la confrérie. Ces couleurs sont alors rapidement considérées comme celles de la nation et choisies en 1920. Les couleurs bleu, noir et blanc qui constituent le drapeau peuvent faire référence à la nature (ciel, terre, neige), aux valeurs et à la culture (loyauté envers la patrie, dévouement malgré les souffrances et foi dans l’avenir/désir de liberté) ou bien encore à la fleur et à l’oiseau nationaux (bleuet et hirondelle).

L’hymne Mu isamaa, mu õnn ja rõõm (“Ma patrie, mon bonheur et ma joie”) a été composé par l’Allemand Friedrich Pacius en 1869, et adopté en 1920. Sa mélodie (mais pas ses paroles) est également celle de l’hymne finlandais. La possibilité de remplacer ce chant par un autre plus typiquement estonien est pour le moment resté lettre morte.

Voir l’étude de Notre Europe - Institut Jacques Delors

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