Toute L'Europe – Comprendre l'Europe
Drapeau Bulgarie Données publiées le 15.12.2021

Bulgarie

Adhésion en 2007 Données publiées le 15.12.2021

Géographie et démographie

Sofia

Villes principales

Sofia, Plovdiv, Varna, Bourgas, Roussé

Découpage administratif

28 régions, 260 communes

6,92 millions (2021)

Eurostat

110 996 km²

Eurostat

Indice de développement humain

0,816 (2019)

ONU

Environnement

8,1 tonnes/hab. (2019)

Eurostat

Politique

République parlementaire

Roumen Radev

Kiril Petkov

2026

Présidentielle

2025

Législatives

Économie

PIB

60,64 milliards d'euros (2020)

Eurostat

Inflation

1,3 % (octobre 2021)

Eurostat

0,6 % (T3 2021)

Eurostat

5,3 % (octobre 2021)

Eurostat

24,7 % (T2 2021)

Eurostat

4,5 % (T1 2021)

Eurostat

Carte Bulgarie

Politique

La Bulgarie (Balgarija) est une république de type parlementaire, régie par la constitution de 1991. Le Parlement monocaméral (l’Assemblée nationale) compte 240 députés élus pour 4 ans.

Le président bulgare est Roumen Radev. Succédant en 2017 à Rossen Plevneliev, il est réélu en novembre 2021.

En pleine crise politique, doublée d’une crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19, ce dernier avait annoncé que de nouvelles élections législatives anticipées se tiendraient le 14 novembre 2021, en même temps que le premier tour de la présidentielle. Le mouvement “Poursuivons le changement” du candidat centriste anticorruption Kiril Petkov a créé la surprise et obtenu 25,3 % des suffrages. Il a devancé “Citoyens pour le développement européen de la Bulgarie” de l’ancien Premier ministre, crédité d’environ 23 %. De son côté, “Il y a un tel peuple” (voir ci-dessous) s’est effondré en prenant la cinquième place. 

Kiril Petkov a été investi Premier ministre le 13 décembre 2021. Il a pris la tête d’une coalition europhile composée du Parti socialiste, de la formation “Il y a un tel peuple” (ITN) et d’une alliance de libéraux nommée Bulgarie démocratique.

Les gouvernements bulgares depuis 2013

En février 2013, des manifestations contre la hausse du prix de l’électricité poussent à la démission le Premier ministre Boïko Borissov, leader du parti de centre droit “Citoyens pour le développement européen de la Bulgarie” (GERB) et ancien maire de Sofia. 

Un gouvernement socialiste provisoire se met en place mais fait face, quelques mois plus tard, à de nouvelles manifestations en raison de la nomination du magnat de la presse à la réputation de “parrain”, Delyan Peevski, à la tête de l’Agence de sécurité nationale.

Boïko Borissov revient au pouvoir après la victoire de son parti aux élections législatives anticipées, en octobre 2014. Avec 32,6 % des suffrages, le GERB n’atteint pas la majorité absolue. Très fragmenté, le Parlement forme une coalition, qui rassemble le Bloc réformateur (centre droit) et l’Alternative pour la renaissance bulgare (ABV, centre gauche).

Le 13 novembre 2016, Roumen Radev, ancien militaire soutenu par le Parti socialiste bulgare et considéré comme proche de Moscou, est élu président. A la suite de l’échec de Tsetska Tsacheva, candidate de la majorité conservatrice et présidente de l’Assemblée nationale, Boïko Borrisov annonce pour la seconde fois sa démission en tant que chef du gouvernement. Celle-ci entraîne des élections législatives anticipées le 26 mars 2017.

Sans majorité absolue suite aux élections, il dirige un gouvernement de coalition constitué du GERB et des “Patriotes unis” (ensemble de partis nationalistes qui disposent de 27 sièges au Parlement). Le GERB remporte quant à lui 32,5 % des voix devant le Parti socialiste bulgare (PSB) de Kornelia Ninova, qui obtient 27 % des suffrages et double son score de 2014.

Le 4 mai 2017, Boïko Borissov est nommé pour la troisième fois Premier ministre. Après de nouvelles élections en avril 2021, aucun des trois partis arrivés en tête ne parvient à former un gouvernement. “Il y a un tel peuple” (ITN), parti créé par le chanteur et présentateur de télévision Slavi Trifonov, prend la deuxième place avec 17,4 % des voix et 51 élus, derrière Boïko Borissov et ses 25,8 % des suffrages. 

De nouvelles élections législatives se tiennent le 11 juillet 2021. ITN arrive cette fois en tête. Déjà nommé Premier ministre par intérim en mai, Stefan Yanev est reconduit après l’échec de la formation d’une coalition majoritaire au Parlement bulgare.

Le pays et l’UE

Depuis l’effondrement du bloc soviétique et le changement de régime politique, la Bulgarie s’est orientée de manière continue vers un rapprochement avec l’UE. Dès 1988, le pays a établi des relations diplomatiques avec l’Union européenne. Deux ans plus tard, Bruxelles et Sofia ont signé un accord de commerce et de coopération.

En 1995, Jan Videnov, alors Premier ministre de la Bulgarie, a déposé officiellement la candidature de son pays à l’Union européenne. Le 15 juin 2004, les négociations pour son adhésion ont été officiellement clôturées, quatre ans après leur ouverture en février 2000. Un rapport de 2006 a conclu que la Bulgarie répondait aux critères de Copenhague, ce qui lui a permis, en 2007, d’adhérer à l’Union européenne.

Le pays compte 17 députés au Parlement européen. Déjà responsable de l’économie et de la société numérique sous la précédente commission, la Bulgare Mariya Gabriel est aujourd’hui commissaire à l’Innovation et à la Jeunesse. Le pays a assuré la présidence du Conseil de l’Union européenne pour la première fois au premier semestre 2018.

Géographie

Située à l’est de la péninsule balkanique, le territoire de 111 000 km² de la Bulgarie est bordé au nord par la Roumanie, à l’est par la mer Noire, au sud par la Turquie et la Grèce et à l’ouest par la Serbie et la Macédoine.

Deux chaînes de montagnes traversent le pays : le Grand Balkan et la chaîne du Rhodope, culminant à 2 900 mètres. De part et d’autre du Grand Balkan, le pays s’articule autour de deux larges vallées, celle du Danube partagée avec la Roumanie et celle de la Marica. Plus d’un tiers du territoire est recouvert de forêts, principalement de conifères.

Le réseau urbain reste relativement peu développé. Il comprend la capitale Sofia, qui compte 1,4 millions d’habitants sur les 7 millions du pays, des villes d’importance moyenne - Stara Zagora, Plovdiv et Pleven - et deux ports sur la mer Noire, Varna et Burgas. Au sud du pays se concentre une minorité d’origine turque. La Bulgarie compte aussi une importante minorité tzigane.

Economie

Le pays est exportateur net d’électricité. Le gouvernement de Boïko Borissov souhaitait faire de la Bulgarie un “hub gazier”, autrement dit un pays clé pour l’approvisionnement de l’Europe en gaz naturel.

Bien que le PIB de la Bulgarie soit l’un des plus faibles de l’UE, les autorités bulgares se tiennent à une stricte discipline budgétaire, qui permet de maintenir la dette publique à un niveau parmi les plus faibles de l’UE. La conjoncture favorable et les finances relativement saines du pays ont amené la Commission européenne, dans le cadre du Semestre européen de 2018, à inviter les autorités bulgares à investir davantage dans l’éducation et la santé et à poursuivre des réformes internes structurelles. Surveillance du secteur financier, gouvernance des entreprises publiques et lutte contre le travail non déclaré étaient les domaines concernés.

Avec la crise liée au Covid-19, la Bulgarie a accusé une baisse de 4,2 % de son PIB en 2020, une récession inférieure à la moyenne de l’UE (- 5,9 %). Mi-octobre 2021, le gouvernement bulgare a présenté son plan de relance et de résilience à la Commission européenne afin de faire face aux conséquences de la pandémie, subventionné à plus de 6 milliards d’euros par l’instrument de l’UE “Next Generation EU”. Celui-ci comporte notamment une réforme de l’éducation nationale, avec une orientation plus marquée en faveur des matières scientifiques et dans le domaine du numérique, une amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments ou encore une numérisation de l’économie et des administrations.

Dépendant du charbon pour sa production d’électricité, la Bulgarie a également annoncé qu’elle comptait sortir de cette source d’énergie carbonée à l’horizon 2040.

Histoire

Les deux premiers royaumes bulgares

  • 681 : Le premier royaume bulgare danubien, de courte durée, est fondé par l’unification des tribus slaves et bulgares venues du Danube inférieur au VIe siècle. La zone de contact entre l’Empire romain d’Orient et les tribus slaves ou magyares reste pendant des siècles âprement disputée.
  • 852-888 : Le pays est converti au christianisme de rite grec par les frères Cyrille et Méthode, qui apportent l’écriture cyrillique. Les monastères constituent durant l’ensemble de l’histoire bulgare des lieux privilégiés d’élaboration et de défense d’une identité nationale bulgare.
  • 893-927 : La Bulgarie connaît un “Siècle d’Or” pendant le règne de Siméon le Grand, tsar des Bulgares qui tente de conquérir Byzance. Après des luttes sanglantes, les Bulgarie orientale et occidentale redeviennent des provinces byzantines sous le basileus Basileios II, le “tueur de Bulgares” .
  • 1186-1393 : Deuxième royaume bulgare soutenu par les royaumes latins et la papauté dans le contexte des croisades, émaillé de conflits multiples avec les Serbes, les Mongols et les Byzantins. La prise de la capitale Tirnowo (1393) et la chute du tsar Ivan III marquent le début de cinq siècles de domination ottomane.

Autonomie et troisième royaume de Bulgarie

  • 1878 : Le traité de San Stefano met fin à la guerre russo-turque (1876-1878) et permet la création d’une Bulgarie autonome, libérée de la présence ottomane mais toujours soumise nominalement à Istanbul. Les grandes puissances européennes révisent le traité au congrès de Berlin (juillet 1878) imposant une réduction de l’étendue de la Bulgarie, séparée de la Macédoine et de la Roumélie orientale, jusqu’à la réunification de 1885.
  • 1908 : Le prince Ferdinand Ier, qui a mené depuis 1887 une politique hostile à la Russie faite d’européanisation de l’administration, de l’économie et de l’armée, inspirée par le Premier ministre Stambouliov, se proclame Tsar des Bulgares et fonde le troisième royaume, marquant la souveraineté de la Bulgarie et son indépendance à l’égard de l’Empire ottoman.

La démocratie au bout du chemin

  • 1919 : En tant qu’alliée des empires centraux lors de la Première Guerre mondiale, la Bulgarie se voit contrainte, lors de la signature du traité de Neuilly, de céder la Macédoine à la Grèce, tout en conservant l’accès à la mer Égée et la Dobroudja.
  • 1944 : Le coup d’Etat nationaliste de 1934 initie une décennie de gouvernement autoritaire du tsar Boris III. La Bulgarie rejoint les puissances de l’axe durant la Seconde Guerre mondiale, jusqu’au coup d’Etat pro-soviétique de 1944 qui est suivi de l’occupation du pays par l’armée rouge.
  • 1946 : Un référendum met fin à la monarchie et instaure une république populaire, sous le gouvernement de Georgi Dimitrov. La dictature adopte des formes staliniennes jusqu’à la déstalinisation de 1956, mais se poursuit jusqu’à la chute du mur de Berlin.
  • 1989 : Avec l’effondrement du bloc soviétique, le pays s’oriente vers l’établissement d’un Etat de droit, d’une démocratie conforme au pluripartisme et d’une économie de marché.
  • 2007 : Le pays adhère à l’Union européenne.

Drapeau et hymne

Le drapeau bulgare remonte à 1879. A l’époque, le pays subit le joug ottoman et, avec l’implication de la Russie, récupère un vaste territoire, néanmoins limité par les puissances occidentales. Par conséquent, la Bulgarie adopte un drapeau proche de celui de la Russie, vecteur d’indépendance : seul le vert remplace le bleu, dans une déclinaison locale des couleurs slaves. Le blanc symbolise la paix, le vert l’abondance et la liberté, et le rouge le courage et la bravoure.

L’hymne bulgare, intitulé Mila Rodino (“Chère patrie”), a été créé en 1885, adopté en 1964 et modifié en 1990. Le chant a été composé en réaction à l’implication occidentale qui visait à limiter, voire à diviser, le territoire bulgare à la suite de la victoire slave de la fin du XIXe siècle face à l’Empire ottoman. Le texte, écrit par le poète Ivan Vazov et mis en musique par Tsvetan Radoslavov décrit le pays comme un paradis et loue le courage des défenseurs de la patrie.

Voir l’étude de Notre Europe - Institut Jacques Delors

Flèche vers le haut