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Bosnie-Herzegovine Carte géographique
Drapeau Bosnie-Herzégovine

Bosnie-Herzégovine

Drapeau Bosnie-Herzégovine Données publiées le 04.02.2022

Bosnie-Herzégovine

Données publiées le 04.02.2022

Géographie et démographie

Capitale

Sarajevo

Villes principales

Sarajevo, Banja Luka, Tuzla, Zenica, Mostar

Découpage administratif

Fédération de Bosnie-Herzégovine : 10 cantons, 79 municipalités. République serbe de Bosnie : 62 municipalités.

Population

3,49 millions d'habitants (2019)

Eurostat

Superficie

51 209 km²

Indice de développement humain

0,780 (2019)

ONU

Environnement

CO2 : 6,7 tonnes/hab. (2017)

OCDE

Politique

Système politique

République parlementaire fédérale

Chef d'état

Željko Komšić

Chef du gouvernement

Zoran Tegeltija

Économie

PIB

18,5 milliards d'euros (2020)

Eurostat

Inflation

-1,1 % (2020)

Banque mondiale

Taux de croissance

-4,3 % (2020)

Banque mondiale

Taux de chômage

16,9 % (2020)

Banque mondiale

Dette publique

40,4 % (2021)

DG Trésor

Déficit public

-4,4 % (2021)

DG Trésor

Carte Bosnie Herzégovine

Politique

Le pays est doté d’institutions complexes issues des Accords de paix de Dayton, signés à Paris le 10 décembre 1995 et qui mettent fin aux guerres de Yougoslavie. 

L’État de Bosnie-Herzégovine est une fédération administrée par deux entités autonomes. Au nord et à l’est, la République serbe de Bosnie, Republika Srpska (RS), unitaire et centralisée. Au centre et à l’ouest, la Fédération de Bosnie-Herzégovine (FBiH), elle-même fédération décentralisée de 10 cantons. Au nord, le district de Brcko appartient à ces deux entités, mais possède un statut spécial d’autonomie et de neutralité. 

Gouvernement

Le Gouvernement central (Conseil des Ministres de 10 membres) se compose à part égale des représentants des trois peuples constitutifs que sont les Serbes, les Croates et les Bosniaques. Zoran Tegeltija a été nommé président du Conseil des ministres par la présidence tripartite le 23 décembre 2019.

Le deuxième pilier des institutions centrales est constitué d’une Assemblée parlementaire bicamérale, composée de la chambre des Représentants et de la chambre des peuples. Chacune des deux entités est dotée également d’un exécutif, d’un parlement et d’un système judiciaire.

Chef d’État

L’État central a à sa tête une Présidence collégiale représentative des trois peuples constitutifs, élue pour quatre ans selon un principe de rotation de ses trois membres tous les huit mois. Depuis 2018 la présidence collégiale est composée de Šefik Džaferović (Bosnien - SDA), Željko Komšić (Croate - DF) et Milorad Dodik (Serbe - SNSD).

Depuis le 20 juillet 2021,  Željko Komšić exerce la présidence tournante de huit mois.

Fin octobre 2021, l’élu serbe à la présidence tripartite de la Bosnie-Herzégovine, Milorad Dodik, a annoncé un plan en sept points visant à mener à la sécession de la République serbe de Bosnie. Le mois suivant, l’entité serbe votait une série de lois pour entamer son retrait des institutions bosniennes communes, qui prendraient effet le 10 juin 2022. Accusé par les Etats-Unis de menacer la stabilité des Balkans, Milorad Dodik a fait l’objet de nouvelles sanctions en janvier 2022.

Le pays et l’UE

Le lundi 15 février 2016, la Bosnie-Herzégovine a officiellement déposé sa candidature à l’entrée dans l’Union européenne. “Le début d’un long voyage”, a tenu à souligner Johannes Hahn, alors commissaire européen à l’Élargissement, l’adhésion n’étant pas envisageable d’ici plusieurs années.

La Bosnie-Herzégovine avait été qualifiée de “candidat potentiel” dès 2003. Il aura fallu attendre 13 ans pour que cette candidature soit effectivement déposée. Une attente qui trouve une de ses racines dans des querelles politiciennes marquées entre communautés serbe, croate et musulmane, limitant par le même effet les possibilités de réformes nationales.

Dans un avis publié en mai 2019, la Commission a présenté une liste de 14 priorités clés essentielles à satisfaire dans les domaines relatifs à la démocratie et au fonctionnement de l’État, à l’état de droit, aux droits fondamentaux et à la réforme de l’administration publique. Le 10 décembre 2019, le Conseil a conclu que la Bosnie-Herzégovine ne disposait d’un niveau avancement politique suffisant dans aucun des domaines concernés et lui a demandé de travailler sur les priorités mises en avant par la Commission.

En 2008, la Bosnie-Herzégovine a signé un accord de stabilisation et d’association avec l’Union européenne, qui est entré en vigueur le 1er juin 2015. En 2010, les citoyens de Bosnie-Herzégovine ont obtenu le droit de se rendre dans l’espace Schengen sans visa.

L’UE est le principal donateur multilatéral pour la Bosnie. Elle a assuré la relève de l’Otan sur le territoire : de 2004 à 2012, une force militaire européenne (EUFOR) y garantissait la sécurité. Depuis, l’UE continue à y soutenir la police. Un représentant spécial de l’UE en Bosnie-Herzégovine veille à la consolidation de l’État de droit et la réforme de l’économie, dans l’objectif de répondre aux critères européens.

Géographie

Le pays a des frontières communes avec la Croatie, la Serbie et le Monténégro. La Bosnie-Herzégovine ne dispose que d’un accès restreint à la Mer Adriatique, sur une bande côtière d’une vingtaine de kilomètres, dans la région de Dubrovnik. Son point culminant atteint 2386 m, dans la chaîne des monts Maglic. Le territoire présente une configuration variée de plaines (surtout au Nord) et de montagnes (Alpes Dinariques). Le compartimentage du territoire par les contraintes physiques, l’imbrication des communautés ethniques et la faiblesse des infrastructures sont un obstacle au développement du pays qui reste en voie de stabilisation politique.

La population du pays est fortement différenciée. Les Musulmans bosniaques sont le groupe le plus important, avec près de 50% de la population, tandis que les Serbes orthodoxes représentent plus de 30% de l’ensemble et les Croates catholiques près de 10%.

Économie

La complexité des institutions de la Bosnie-Herzégovine (cf. §Politique) est l’un des enjeux majeurs de l’économie du pays puisqu’elle complique notamment la gestion des finances publiques, malgré une forte baisse du déficit entre 2009 et 2016 (4,4 % à 0,4 % du PIB). Dans le cadre de l’accord de stabilisation et de compensation signé en 2015 avec l’UE, le pays a présenté une demande d’adhésion en septembre 2016. 

La Bosnie-Herzégovine doit donc s’engager dans des réformes pour satisfaire les critères d’adhésion : loi bancaire, réforme de l’administration publique et des systèmes de protection sociale, du marché du travail ou encore du système judiciaire.

Si des progrès considérables ont été réalisés (en matière de perception des impôts et d’instauration d’une TVA au niveau central), les financements externes de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement ou encore les crédits accordés par le FMI (553M€ sur trois ans) permettent de soutenir les investissements publics et les réformes depuis 2016.

En revanche, la croissance annuelle du PIB, supérieure à 2,5 % de 2015 à 2019, dépend notamment des remises d’expatriés (transferts financiers effectués par la diaspora) qui représenteraient 10 à 11 % du PIB en 2020. Le déficit commercial du pays reste par ailleurs important, les importations étant nécessaires pour subvenir aux besoins de la population. Touchée en 2020 par la récession en raison de la pandémie de Covid-19 (-4,3 %), le pays a renoué avec la croissance l’année suivante.

L’étroitesse de la base productive a également pour conséquence un taux de chômage élevé, à près de 17 % en 2020 et qui atteint près de 46 % chez les jeunes. Ainsi, l’économie parallèle est particulièrement développée et environ 15 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, pour un PIB par habitant qui atteint 30 % de la moyenne européenne. Le manque de recettes publiques empêche le gouvernement d’orienter ses dépenses vers une amélioration du système éducatif ainsi que du soutien à l’emploi, une situation qui incite peu la population à intégrer le marché de l’emploi.

Source : DG Trésor

Histoire

Xème siècle : le territoire de Bosnie devient un enjeu pour ses voisins (Byzance, la Hongrie, la Croatie et la Serbie) et les différentes confessions chrétiennes, de rite latin et de rite grec.

1463-1482 : la Bosnie puis l’Herzégovine sont conquises par l’Empire ottoman. Les Serbes, déplacés lors des invasions ottomanes, avaient été placés par la Croatie sur sa frontière avec la Bosnie pour faire office de glacis militaire : c’est la naissance de la “Krajina” (littéralement la frontière). Les Ottomans introduisent l’économie féodale en Bosnie. Ils occupent le pays jusqu’en 1699, et le régissent jusqu’en 1878.

1848 : les Bosniaques participent au “Printemps des peuples” , et revendiquent davantage de liberté et l’indépendance.

1878 : le Congrès de Berlin, au lendemain de la guerre russo-turque, fait passer la Bosnie sous occupation et administration de l’Autriche-Hongrie, suscitant une résistance importante. Le pays conserve une autonomie importante au sein de l’Empire austro-hongrois.

1908 : la Bosnie est totalement annexée par l’Autriche-Hongrie. L’idée d’un Etat indépendant regroupant tous les slaves du Sud, littéralement la Yougoslavie, fait son chemin dans les esprits.

1914 : l’assassinat du prince héritier autrichien à Sarajevo déclenche la Première Guerre Mondiale. L’attentat avait pour origine la volonté de groupes radicaux de rattacher la Bosnie à la Serbie. La guerre fait rage avec une particulière violence dans les Balkans.

1918 : la Bosnie rejoint le Royaume des Slovènes, Croates et Serbes, créé par le traité de Genève, dominé par les Serbes à partir de 1921.

1940-1945 : la Bosnie-Herzégovine tombe sous la coupe de la Croatie indépendante ; les Juifs de Bosnie sont persécutés. A l’issue du conflit, la République fédérale de Yougoslavie est proclamée. La Bosnie a une Constitution et un statut de république indépendante.

1974 : la Constitution confère une plus grande autonomie à la Bosnie en décentralisant les pouvoirs gouvernementaux. Après le décès de Tito, en 1980, les difficultés économiques, les revendications ethniques et l’arrivée de Milosevic au pouvoir exacerbent les tensions.

1992 : la Bosnie-Herzégovine suit la voie ouverte par la Slovénie et la Croatie en organisant un référendum sur l’indépendance, dont le résultat est positif. Les paramilitaires serbes se positionnent autour de Sarajevo. La Communauté européenne reconnaît l’indépendance de la Bosnie, et les troupes serbes tirent sur une foule de manifestants pacifiques. C’est le début du siège de Sarajevo et de la guerre de Bosnie.

1995 : l’accord de paix négocié à Dayton en novembre est signé à Paris le 14 décembre. Il instaure un Etat de type fédéral.

2003 : l’Union européenne prend le relais des Nations unies dans le cadre de la mission de police qu’elle assurait depuis 1995.

2016 : La Bosnie présente sa demande d’adhésion à l’Union européenne

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