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Bosnie-Herzegovine Carte géographique
Drapeau Bosnie-Herzégovine

Bosnie-Herzégovine

Drapeau Bosnie-Herzégovine Données publiées le 22.01.2021

Bosnie-Herzégovine

Données publiées le 22.01.2021

Géographie et démographie

Capitale

Sarajevo

Villes principales

Sarajevo, Banja Luka, Tuzla, Zenica, Mostar

Découpage administratif

Fédération de Bosnie-Herzégovine : 10 cantons, 79 municipalités. République serbe de Bosnie : 62 municipalités.

Population

3,49 millions d'habitants (2019)

Eurostat

Superficie

51 066 km²

Indice de développement humain

0,780 (2019)

ONU

Environnement

CO2 : 6,4 tonnes/hab. (2017)

OCDE

Politique

Système politique

République fédérale multipartite à régime parlementaire

Chef d'état

Milorad Dodik

Chef du gouvernement

Zoran Tegeltija

Prochaines élections

Économie

PIB

18,01 milliards de dollars (2019)

Eurostat

Inflation

0,6 % (2019)

mondiale

Taux de croissance

2,7 % (2019)

Banque mondiale

Taux de chômage

18,4 % (2019)

Banque mondiale

Dette publique

32,8 % (2019)

DG Trésor

Déficit public

0,8 % (2019)

DG Trésor

Carte Bosnie Herzégovine

Politique

Le pays est doté d’institutions complexes issues des Accords de paix de Dayton, signés à Paris le 10 décembre 1995, qui ont mis fin au conflit et établi les institutions actuelles de la Bosnie-Herzégovine. Le Bureau du Haut Représentant a été par ailleurs chargé de la mise en œuvre de l’accord après sa signature.

L’Etat de Bosnie-Herzégovine est une fédération constituée de deux entités : la Republika Srpska (RS), unitaire et centralisée, et la Fédération de Bosnie-Herzégovine (FBiH), elle-même une fédération décentralisée de 10 cantons. Enfin Brcko est un district à statut particulier sous la juridiction de l’Etat central.

Gouvernement

Le Gouvernement central (Conseil des Ministres de 10 membres) comprend également des représentants des trois peuples constitutifs.
Zoran Tegeltija a été nommé président du Conseil des ministres par la présidence tripartite le 23 décembre 2019.

Le deuxième pilier des institutions centrales est constitué d’une Assemblée parlementaire bicamérale, composée de la Chambre des Représentants et de la Chambre des peuples. Chacune des deux entités est dotée également d’un exécutif, d’un Parlement et d’un système judiciaire.

Chef d’Etat

L’Etat central a à sa tête une Présidence collégiale représentative des trois “peuples constitutifs” , élue pour quatre ans selon un principe de rotation de ses trois membres tous les huit mois. Depuis 2018 la présidence collégiale est composée de Šefik Džaferović (Bosnien - SDA), Željko Komšić (Croate - DF) et Milorad Dodik (Serbe - SNSD).

Depuis le 20 novembre 2020, Milorad Dodik (bosnien) exerce la présidence tournante de huit mois.

Le pays et l’UE

Le lundi 15 février 2016, la Bosnie-Herzégovine a officiellement déposé sa candidature à l’entrée dans l’Union européenne. “Le début d’un long voyage” , a tenu à souligner Johannes Hahn, commissaire européen à l’Elargissement, l’adhésion n’étant pas envisageable d’ici plusieurs années.

La Bosnie-Herzégovine avait été qualifiée de “candidat potentiel” dès 2003. Il aura fallu attendre 13 ans pour que cette candidature soit effectivement déposée. Une attente qui trouve une de ses racines dans les querelles politiciennes marquées, opposant les communautés serbe, croate et musulmane et limitant par le même effet les possibilités de réformes nationales.

En 2008, la Bosnie-Herzégovine a signé un accord de stabilisation et d’association avec l’Union européenne, qui est entré en vigueur le 1er juin 2015. En 2010, les citoyens de Bosnie-Herzégovine ont obtenu le droit de se rendre dans l’espace Schengen sans visa.

Pour dynamiser la procédure d’adhésion, le Royaume-Uni et l’Allemagne avaient enjoint l’Etat à mettre de côté les révisions constitutionnelles pour se concentrer sur une relance de l’économie ainsi que sur la création d’emplois.

L’UE est le principal donateur multilatéral pour la Bosnie, et a assuré la relève de l’OTAN sur le territoire : de 2004 à 2012, une force militaire européenne (EUFOR) y garantissait la sécurité. Depuis, l’UE continue à y soutenir la police.

L’Union européenne est représentée en Bosnie-Herzégovine par un représentant spécial, qui veille à la consolidation de l’Etat de droit et la réforme de l’économie, dans l’objectif de répondre aux critères européens.

En février 2016, la Bosnie a présenté sa demande d’adhésion à l’Union européenne. La Commission a publié son avis en mai 2019, présentant une liste de 14 priorités clés essentielles à satisfaire dans les domaines relatifs à la démocratie et au fonctionnement de l’État, à l’État de droit, aux droits fondamentaux et à la réforme de l’administration publique. Le 10 décembre 2019, le Conseil a conclu que la Bosnie-Herzégovine ne dispose d’un niveau avancement politique suffisant dans aucun des domaines concernés et lui demande de travailler sur les 14 priorités mises en avant par la Commission.

Géographie

Le pays a des frontières communes avec la Croatie, la Serbie et le Monténégro. La Bosnie-Herzégovine ne dispose que d’un accès restreint à la Mer Adriatique, sur une bande côtière d’une vingtaine de kilomètres, dans la région de Dubrovnik. Son point culminant atteint 2386 m, dans la chaîne des monts Maglic. Le territoire présente une configuration variée de plaines (surtout au Nord) et de montagnes (Alpes Dinariques). Le compartimentage du territoire par les contraintes physiques, l’imbrication des communautés ethniques et la faiblesse des infrastructures sont un obstacle au développement du pays qui reste en voie de stabilisation politique.

La population du pays est fortement différenciée. Les Musulmans bosniaques sont le groupe le plus important, avec près de 50% de la population, tandis que les Serbes orthodoxes représentent plus de 30% de l’ensemble et les Croates catholiques près de 10%.

Economie

La complexité des institutions de la Bosnie-Herzégovine (cf. §Politique) est l’un des enjeux majeurs de l’économie du pays puisqu’elle complique notamment la gestion des finances publiques malgré une forte baisse du déficit entre 2009 et 2016 (4,4 % à 0,4 % du PIB). Dans le cadre de l’accord de stabilisation et de compensation signé en 2015 avec l’UE, le pays a présenté une demande d’adhésion acceptée en septembre 2016. La Bosnie-Herzégovine doit donc s’engager dans des réformes qui lui permettront de satisfaire les critères d’adhésion : loi bancaire, réforme de l’administration publique et des systèmes de protection sociale, du marché du travail ou encore du système judiciaire.

Si des progrès considérables ont été réalisés (en matière de perception des impôts et d’instauration d’une TVA au niveau central), les financements externes de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement ou encore les crédits accordés par le FMI à hauteur de 553M€ sur trois ans permettent de soutenir les investissements publics et les réformes depuis 2016.

En revanche, la croissance annuelle du PIB, supérieure à 3 % depuis 2015, dépend notamment des remises d’expatriés (transferts financiers effectués par la diaspora vers le pays) qui représenteraient au moins 8 % du PIB en 2016. Ces transferts participent à la consommation privée qui soutient largement la croissance. Les exportations sont en augmentation mais le déficit commercial du pays reste important. La base productive étant faible, les importations sont nécessaires pour subvenir aux besoins de la population.

L’étroitesse de la base productive a également pour conséquence un taux de chômage élevé, à 25 % en 2016, et qui atteint 60% chez les jeunes. Ainsi, l’économie parallèle est particulièrement développée et environ 15 % de la population vit sous le seuil de pauvreté pour un PIB par habitant qui atteint 30 % de la moyenne européenne. Le manque de recettes publiques empêche le gouvernement d’orienter ses dépenses vers une amélioration du système éducatif ainsi que du soutien à l’emploi, une situation qui incite peu la population à intégrer le marché de l’emploi.

La pandémie de COVID-19 a plongé la Bosnie-Herzégovine dans une profonde récession, avec une baisse de la demande intérieure et extérieure, couplée à des perturbations des chaînes d’approvisionnement, conduisant à une trajectoire de croissance négative pour 2020. L’aggravation de la pandémie à l’été 2020 et l’actuelle 2ème vague retardent la reprise économique. Le FMI prévoit une récession de -6,5% en 2020 avec un déficit budgétaire de -5,8 % en 2020 contre un excédent de 2,2 % en 2019. La dette publique totale resterait modérée (32,8 % en 2019, 38,9 % en 2020 et 40,4 % en 2021). L’UE procède également à une révision de ses estimations et prévoit un recul du PIB de 6 % ainsi qu’une augmentation de la pauvreté. La Banque centrale de Bosnie-Herzégovine a également révisé ses hypothèses de croissance en raison de l’intensité de la seconde vague et d’une surestimation de l’impact des dépenses publiques sur l’activité économique du pays. D’après elle, le PIB se contracterait de -4,6 % en 2020, puis progresserait de +2,7 % en 2021 et +3,0 % en 2022 (date du retour au niveau pré-crise).

Source : DG Trésor

Histoire

Xème siècle : le territoire de Bosnie devient un enjeu pour ses voisins (Byzance, la Hongrie, la Croatie et la Serbie) et les différentes confessions chrétiennes, de rite latin et de rite grec.

1463-1482 : la Bosnie puis l’Herzégovine sont conquises par l’Empire ottoman. Les Serbes, déplacés lors des invasions ottomanes, avaient été placés par la Croatie sur sa frontière avec la Bosnie pour faire office de glacis militaire : c’est la naissance de la “Krajina” (littéralement la frontière). Les Ottomans introduisent l’économie féodale en Bosnie. Ils occupent le pays jusqu’en 1699, et le régissent jusqu’en 1878.

1848 : les Bosniaques participent au “Printemps des peuples” , et revendiquent davantage de liberté et l’indépendance.

1878 : le Congrès de Berlin, au lendemain de la guerre russo-turque, fait passer la Bosnie sous occupation et administration de l’Autriche-Hongrie, suscitant une résistance importante. Le pays conserve une autonomie importante au sein de l’Empire austro-hongrois.

1908 : la Bosnie est totalement annexée par l’Autriche-Hongrie. L’idée d’un Etat indépendant regroupant tous les slaves du Sud, littéralement la Yougoslavie, fait son chemin dans les esprits.

1914 : l’assassinat du prince héritier autrichien à Sarajevo déclenche la Première Guerre Mondiale. L’attentat avait pour origine la volonté de groupes radicaux de rattacher la Bosnie à la Serbie. La guerre fait rage avec une particulière violence dans les Balkans.

1918 : la Bosnie rejoint le Royaume des Slovènes, Croates et Serbes, créé par le traité de Genève, dominé par les Serbes à partir de 1921.

1940-1945 : la Bosnie-Herzégovine tombe sous la coupe de la Croatie indépendante ; les Juifs de Bosnie sont persécutés. A l’issue du conflit, la République fédérale de Yougoslavie est proclamée. La Bosnie a une Constitution et un statut de république indépendante.

1974 : la Constitution confère une plus grande autonomie à la Bosnie en décentralisant les pouvoirs gouvernementaux. Après le décès de Tito, en 1980, les difficultés économiques, les revendications ethniques et l’arrivée de Milosevic au pouvoir exacerbent les tensions.

1992 : la Bosnie-Herzégovine suit la voie ouverte par la Slovénie et la Croatie en organisant un référendum sur l’indépendance, dont le résultat est positif. Les paramilitaires serbes se positionnent autour de Sarajevo. La Communauté européenne reconnaît l’indépendance de la Bosnie, et les troupes serbes tirent sur une foule de manifestants pacifiques. C’est le début du siège de Sarajevo et de la guerre de Bosnie.

1995 : l’accord de paix négocié à Dayton en novembre est signé à Paris le 14 décembre. Il instaure un Etat de type fédéral.

2003 : l’Union européenne prend le relais des Nations unies dans le cadre de la mission de police qu’elle assurait depuis 1995.

2016 : La Bosnie présente sa demande d’adhésion à l’Union européenne

2019 : La Commission et le Conseil ont présenté les 14 priorités à satisfaire par la Bosnie pour remplir les critères d’adhésion, dans des domaines tels à la démocratie et au fonctionnement de l’État, à l’État de droit, aux droits fondamentaux et à la réforme de l’administration publique.

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