Derniers articles publiés
Dernière mise à jour : 21.08.2017

Belgique

Carte Belgique

drapeau Belgique
  • Capitale : Bruxelles
  • Superficie : 30 528 km² - (Eurostat - 2013)
  • Population : 11,36 millions - (Eurostat - 2017)
  • Date d'adhésion : 1957 (Membre fondateur)
Monnaie : Euro Espace Schengen : oui
Système politique : Monarchie constitutionnelle fédérale Chef d'Etat : Sa Majesté le Roi Philippe Chef du Gouvernement : Charles Michel Prochaines élections : Élections fédérales : 2019
Hymne national : La Brabançonne Fête nationale : 21 juillet - le serment fait le 21 juillet par Léopold Ier, premier roi des Belges, de rester fidèle à la Constitution. Langue officielle : Français, Néerlandais, Allemand Indicatif téléphonique : 32
Villes principales : Anvers, Gand, Charleroi, Liège, Bruxelles Découpage administratif : 3 communautés, 3 régions, 10 provinces (qui divisent 2 des 3 régions), 43 arrondissements administratifs, 589 communes
PIB : 421,6 milliards d'euros (Eurostat - 2016) Taux de croissance : 1,2 % - (Eurostat - 2016) Taux de chômage : 7,6 % - (Eurostat - 2017) Dette publique : 105,9 % - (Eurostat - 2016)
Déficit public : 2,6 % - (Eurostat - 2016) Inflation : 1,8 % - (Eurostat - 2016)
Indice de développement humain : 0,896 (ONU - 2015) Émissions de gaz à effet de serre : 7,8 tonnes/hab. (OCDE - 2014)

Politique

La Belgique est une monarchie constitutionnelle fédérale.

Philippe en est le roi depuis le 21 juillet 2013 après 20 ans de règne d'Albert II.

Le pays est doté d'un parlement bicaméral, constitué d'une Chambre des représentants et d'un Sénat. Depuis 2014, ce dernier n'est plus élu au suffrage universel direct.

L'Etat fédéral exerce essentiellement les fonctions régaliennes. Parmi les six entités fédérées, les trois Régions (Flandre, Wallonie, Bruxelles-capitale) sont compétentes dans les domaines économique et territorial, et les trois Communautés (flamande, française et  germanophone) sont responsables de la culture, de l’enseignement et de la langue.

Le pouvoir exécutif fédéral est exercé par le Premier ministre et son gouvernement. Guy Verhofstadt, Flamand de tendance libérale démocrate (membre du VLD), a été Premier ministre de 1999 à 2008. Il a pris lors de sa première élection la tête d'un gouvernement regroupant pour la première fois libéraux, socialistes et écologistes.

Après sa démission le 20 mars 2008 et celle d'Yves Leterme le 19 décembre 2008, le roi Albert II de Belgique a nommé le chrétien-démocrate flamand Herman Van Rompuy au poste de Premier ministre. Mais le 19 novembre 2009, ce dernier est choisi pour devenir le premier président permanent du Conseil européen à compter du 1er janvier 2010. Il est alors remplacé par Yves Leterme.

Le retour au gouvernement d'Yves Leterme est cependant bref, puisque la Belgique traverse une nouvelle crise politique au printemps 2010 suite au conflit entre francophones et néerlandophones sur des questions linguistiques concernant l'arrondissement judiciaire et la circonscription électorale de Bruxelles-Hal-Vilvorde.

Le 22 avril 2010, Yves Leterme présente de nouveau sa démission, que le roi accepte le 26 avril après une tentative avortée de médiation. Des élections anticipées sont prévues pour le 13 juin 2010, quelques semaines avant que la Belgique prenne pour six mois la présidence du Conseil de l'Union. Elles sont remportées par le parti pour l'indépendance flamande, mais ce dernier est tenu de former une coalition avec le Parti Socialiste. L'incapacité de parvenir à une entente entraîne une crise politique sans précédent en Belgique, celle-ci étant privée de gouvernement pendant 541 jours.

Pour y remédier, le Roi nomme Elio Di Rupo formateur le 16 mai 2011. Il faut attendre le 26 novembre 2011 pour qu'un accord soit finalement trouvé avec les représentants des six partis qui participent aux négociations (CD-V : Chrétiens démocrates flamands ; CDH : Chrétiens démocrates francophones ; MR : libéraux francophones ; VLD : libéraux flamands ; PS : socialistes francophones). Le nouveau gouvernement belge peut alors entrer en fonction après avoir obtenu le 10 décembre 2011 la confiance d'une majorité de députés à la Chambre des représentants.

Suite aux élections fédérales et régionales du 25 mai 2014 - qui voit arriver en tête le parti indépendantiste flamand Nieuwe-Vlaams Alliantie (N-VA) -, le pays a connu un été sans nouveau gouvernement après qu'Elio di Rupo a présenté sa démission au Roi le lendemain du scrutin. Après 135 jours, Charles Michel, président du Mouvement réformateur (MR), le parti libéral francophone, a réussi à constituer un gouvernement de coalition avec les chrétiens-démocrates, les libéraux et les séparatistes de la NVA, qui entrent pour la première fois au gouvernement fédéral.

De prochaines élections législatives sont prévues en 2019 et s’annoncent décisives. Le nationaliste flamand Bart De Wever, leader du parti N-VA, a réaffirmé sa fidélité au gouvernement de coalition jusqu’à la fin du mandat mais compte bien remettre l’indépendance flamande au cœur de la campagne électorale.

Le pays et l'UE

L’Europe, fondement de l’identité belge

A la croisée de trois grandes cultures d’Europe de l’ouest (néerlandaise, française et allemande), la Belgique est l’un des six pays fondateurs des Communautés européennes. Ce petit pays a des siècles durant attisé les convoitises de ses puissants voisins et fut le champ de bataille de l’Europe ; c’est donc tout naturellement que la Belgique voit dans la construction européenne un facteur de paix et de stabilité, ainsi qu’un garant de l’indépendance des petites nations.

Sa capitale, Bruxelles, abrite les principales institutions européennes : la Commission y a son siège permanent, le Parlement s’y réunit en alternance avec Strasbourg et le Conseil de l’Union européenne s’y retrouve habituellement. Bruxelles est également le siège du Comité économique et social européen, du Comité des Régions de l'Union européenne et du service européen pour l'action extérieure. La capitale belge est enfin le lieu de rassemblement de la "bulle européenne", où toutes les entreprises, pays, régions et ONG disposent en général de représentations afin de défendre leurs intérêts auprès des institutions.

Un engagement constant en faveur d’une Europe intégrée

La Belgique reste attachée à une certaine conception fédéraliste de l’Europe, conçue comme une union politique forte, respectueuse des cultures politiques nationales. L’UE est perçue comme un démultiplicateur de puissance politique et économique pour tous ses membres, y compris les plus modestes. Comme la plupart des petits pays de l’UE, elle redoute l’émergence d’un "directoire" des grands Etats et prône le renforcement des institutions européennes. Assez proche toutefois des conceptions françaises, la vision belge de l’Europe est celle d’une Union politiquement intégrée qui ne se limiterait pas à un simple marché.

La Belgique compte de grands serviteurs de l’idée européenne. Parmi eux, Paul-Henri Spaak, ministre des affaires étrangères, a joué un rôle essentiel dans la création du marché commun. Un autre Belge, Jean Rey, a présidé la Commission européenne de 1967 à 1970. On doit à Etienne Davignon et Léo Tindemans la rédaction, en 1970 et 1975, de rapports importants préconisant une plus grande coopération politique entre les pays européens. Plus récemment, l’ancien Premier Ministre Jean-Luc Dehaene a secondé Valéry Giscard d’Estaing au sein du Présidium de la Convention sur l’avenir de l’Europe. La Présidence belge de l’UE (1er juillet 2001-31 décembre 2001) est d’ailleurs à l’origine de cette Convention, dont l’idée fut émise dans la déclaration de Laeken de décembre 2001.

Le poste de Président du Conseil européen fut occupé par le Belge Herman Van Rompuy de décembre 2009 à novembre 2014.

Le président du groupe ADLE au Parlement européen, également en charge du dossier du Brexit et grand défenseur du fédéralisme, est le belge Guy Verhofstadt.

La Belgique est représentée par 21 députés au Parlement européen. Elle a exercé à 12 reprises la présidence du Conseil de l'UE, la dernière fois en 2010.

Histoire

La Belgique : un champ de bataille uni aux Pays-Bas

    • 57-51 av. J.C. : César conquiert la Belgique des tribus celtes. Elle prend une place importante dans le dispositif commercial et administratif de l’Empire romain des siècles suivants.
    • 1477 : Par le mariage de Marie de Bourgogne (fille de Charles le Téméraire) avec Maximilien de Habsbourg, les Habsbourg héritent d’une partie des terres bourguignonnes, dont la Flandre et ses cités commerçantes prospères (Anvers, Bruges, Gand). La Flandre est réunie aux actuels Pays-Bas au sein du Saint Empire Romain Germanique.
    • 1648 : La Guerre de Trente Ans entérine la scission entre les Provinces-Unies (actuels Pays-Bas) à majorité protestante et les Pays-Bas espagnols puis autrichiens (actuelle Belgique) à dominante catholique.
    • 1635-1713 : Les guerres successives entre les Habsbourg d’Espagne et la France se déroulent pour l’essentiel sur le théâtre d’opérations flamand, transformant une grande partie du pays en glacis militaire. Le traité d’Utrecht remet l’administration des Pays Bas catholiques aux Habsbourg d’Autriche.
    • 1794 : À la suite de la bataille de Fleurus, les Pays-Bas autrichiens sont annexés par la France qui fait de ce territoire des départements français.

    • 1815 : Le Congrès de Vienne décide de la création d’un Royaume des Pays-Bas réunissant les anciennes Provinces-Unies au nord et les anciens Pays-Bas autrichiens au sud. Le sud majoritairement catholique et francophone manifeste rapidement son mécontentement à l’égard du pouvoir hollandais.

    Le Royaume de Belgique face aux guerres mondiales et à l'intégration européenne

    • 1830 : A la suite de la révolution brabançonne et du départ des hollandais, naissance du Royaume de Belgique. Léopold 1er est sacré roi des Belges en 1831. Son successeur Léopold II mène une politique coloniale en Afrique, dont le Congo acquis par le roi à titre privé, constitue la pièce maîtresse.
    • 1914 : En dépit de sa neutralité, la Belgique est envahie par les troupes allemandes. Le même scénario se reproduit en 1940.
    • 1950-1957 : La Belgique fait partie des six membres fondateurs des Communautés européennes.
    • 1977-1993 : Un processus de révision constitutionnelle fait de la Belgique une fédération comprenant trois régions : la Flandre (néerlandophone), la Wallonie (francophone) et Bruxelles. Malgré cette réforme, les rivalités entre communautés linguistiques demeurent vivaces, d’autant que la Flandre, plus peuplée et aussi désormais plus riche que la Wallonie.

    Géographie

    Avec son territoire de dimensions limitées (30 000 km²), la Belgique est délimitée au nord par les Pays-Bas et la mer du Nord, à l’est par l’Allemagne et au sud par la France et le Luxembourg. Elle partage avec les Pays-Bas et le Luxembourg, avec lesquels elle a formé de façon précoce une union, le Benelux, la caractéristique d’une forte densité du peuplement (330 habitants par km², le triple de la France).


    L’intérieur du pays est formé de régions fertiles, de landes et de forêts. Le signal de Botrange, à 694 m, est le point culminant de ce pays au relief peu marqué, incliné des collines du sud-est jusqu’aux terres basses et à la côte au nord-ouest.

    Economie

    La Belgique revendique son rôle de "plaque tournante de l’Europe". Dans un rayon de 500 kilomètres autour du pays vivent 200 millions de consommateurs potentiels atteignables grâce aux infrastructures de transports de qualité proposées par le pays. 80% de ses échanges sont à destination des pays membres. Parmi ceux-ci, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas et le Royaume-Uni représentent une grande part des échanges de la Belgique, avec laquelle ils entretiennent une relation d’interdépendance commerciale. Sa position géographique centrale en Europe et sa main d'œuvre globalement qualifiée, multilingue et productive en font un partenaire commercial recherché.

    La Wallonie reste profondément marquée par le déclin de l’industrie lourde et du secteur minier. La Flandre, outre sa spécialisation dans l'industrie pétrochimique, a bénéficié du développement d’activités de services et d’industries de haute technologie et est aujourd’hui plus prospère, notamment grâce à son accessibilité au port d'Anvers. Ainsi, si le chômage a légèrement diminué à l'échelle nationale pour atteindre 8% (au sens de l'OIT) en 2016, il est de 5,5% en Flandres mais de 12% en Wallonie et atteint 21% à Bruxelles. Il touche particulièrement les personnes les moins qualifiées ou issues de l'immigration.

    La Belgique peut toutefois s’appuyer sur un dense réseau de métropoles commerciales (Anvers, Gand, Bruxelles, Liège, Courtrai, Namur) qui ont, depuis le Moyen Age, fortement contribué à la prospérité de la région. Anvers est toujours la capitale mondiale du commerce du diamant mais c’est également la seconde place portuaire européenne avec 214 millions de tonnes de marchandises transbordées en 2016.

    Le pays a relativement bien surmonté la crise, avec une augmentation modérée du chômage. La croissance est supérieure à 1% depuis 2014 après une légère récession en 2013. Plusieurs réformes ont été mises en œuvre sous le gouvernement Michel, notamment une réforme fiscale qui a permis une réduction du coût du travail et aurait contribué à créer près de 60 000 emplois en 2016. En revanche, la dette publique atteint 107% du PIB en 2016, le retour à l'équilibre budgétaire devant avoir lieu en 2018.

    Drapeau et hymne

    Le drapeau national belge a été créé en 1830 et adopté un an plus tard. Il a accompagné l’instauration de la monarchie constitutionnelle dans le pays et demeure depuis inchangé. Le rouge et le jaune représentent le Lion d’or tandis que le noir symbolise le duché du Brabant.

    L’hymne belge, intitulé La Brabançonne en français, a été écrit par Jenneval et composé par François Van Campenhout en 1830, puis adopté en 1921. Le titre a été donné en mémoire de la province du Brabant, située autour de Bruxelles. La Branbançonne a d’abord été chanté, en français, par les insurgés belges réclamant l’indépendance, en 1830, face à la domination hollandaise. Le texte, plusieurs fois modifié, n’a plus changé depuis 1921.

    Lire l'étude de Notre Europe - Institut Jacques Delors

    Culture

    Magritte (1898-1967)

    "Il faut que la peinture serve à autre chose qu’à la peinture". Son œuvre s’insère dans le courant surréaliste, et ses tableaux jouent sur le décalage entre l’objet et sa représentation. Un de ses tableaux les plus connus figure une pipe sous laquelle il est écrit : "Ceci n’est pas une pipe" (La trahison des images, 1928-1929). L’œuvre de Magritte s’insère dans un moment d’éclat particulier de la culture belge et en particulier bruxelloise, dans les premières décennies du XXème siècle. Aussi bien Maurice Maeterlinck, couronné du prix Nobel de littérature en 1911 que le poète Emile Verhaeren que le profond renouveau de la ville de Bruxelles, centre d’impulsion de l’art nouveau, autour de Victor Horta. La tradition architecturale s’est d’ailleurs poursuivie tout au long du siècle avec des modernistes comme Joseph Diongre.

    George Simenon (1903-1989)

    Il est un des auteurs belges de romans policiers les plus prolixes. Il est notamment à l’origine de la série des Maigret. Il incarne parfaitement les allers-retours permanents entre la culture belge francophone du XXème siècle et la culture française, s’insérant dans la longue liste des célébrités belges que les Français s’approprient sans s’en rendre compte. Néanmoins, Simenon comme Jacques Brel conservent dans leur œuvre une attention particulière à l’identité de la Belgique, à son histoire et à ses failles. Ces questionnements se poursuivent dans la création contemporaine, par exemple dans les films des frères Dardenne, couronnés au festival de Cannes.

    Hergé (1907-1983)

    La Belgique reste pour beaucoup la patrie de la bande dessinée, et Hergé est un des maîtres de l’art. Sa signature correspond à ses initiales, RG (pour Georges Rémi). Parmi les plus célèbres personnages de BD, Tintin, œuvre d’Hergé, occupe une place à part. Le personnage naît dans le supplément hebdomadaire du Vingtième siècle destiné à la jeunesse, Le petit vingtième. Ses aventures sont lues dans le monde entier et traduites dans plusieurs dizaines de langues. Mais de nombreux autres dessinateurs de bandes dessinées belges, en particulier ceux de l’école de la ligne claire, ont une notoriété mondiale, comme Edgar P. Jacobs ou Jacques Martin.

    Jacques Brel (1929-1978)

    Le plus français des chanteurs belges a marqué de son empreinte l'art d'écrire et d'interpréter ses chansons en véritable auteur et comédien.
    Chahuteur, rêveur et surtout désireux d'échapper à l'entreprise familiale de cartonnerie, Jacques Brel désire devenir chanteur, et gagne Paris en 1953. Ses débuts sont plus que modestes, ses spectacles joués à la guitare, son attitude provinciale ne séduisent guère la capitale. Néanmoins, il persévère et rencontre le succès en 1956 avec sa chanson 'Quand on a que l'amour'.

    En 1959, l'album 'La valse à mille temps' le propulse sur la scène internationale. A l'apogée de son succès, il décide en 1966, de se consacrer au cinéma. Il sera tour à tour réalisateur (' Frantz' en 1971) et acteur (' Les Risques du métier', 'L' Emmerdeur'). En 1975, atteint d'un cancer, il part vivre aux îles Marquises. En 1977, il enregistre un dernier disque, 'Les marquises', qui sera un véritable événement. Il meurt quelques mois plus tard.

    Eddy Merckx (1945-)

    Le cycliste symbolise le vif attachement de la Belgique, et en particulier de la Wallonie, à ce sport. Il détient le plus grand palmarès du cyclisme : 525 victoires, qui lui valent le surnom de Cannibale. De multiples courses de renom sont nées en Belgique, le Tour des Flandres comme la classique Liège-Bastogne-Liège. 

    Le dynamisme culturel s’exprime aujourd’hui à travers les deux frères Dardenne (Palme d’Or au festival de Cannes 2005), François Weyergans et J- Toussaint en littérature. En musique, G. Mortier dirige l’Opéra de Paris tandis que B. Foccroule va prendre la tête du Festival d’Aix en Provence. Enfin, dans le domaine de la mode, Anvers et Bruxelles ont su s’imposer au plan international.