Derniers articles publiés
Dernière mise à jour : 22.08.2017

Kosovo

Kosovo

drapeau Kosovo
  • Capitale : Pristina
  • Superficie : 10 887 km²
  • Population : 1,77 million (Eurostat - 2016)
  • Date d'adhésion : Non membre de l'UE
Monnaie : Euro Espace Schengen : non membre
Système politique : République parlementaire Chef d'Etat : Hashim Thaçi
Chef du Gouvernement : Isa Mustafa Prochaines élections : Présidentielle : 2021
Hymne national : Himni y Kosoves Fête nationale : 17 février - Jour de l'indépendance Langue officielle : Albanais, serbe (ainsi que bosniaque et turc dans certaines municipalités) Indicatif téléphonique : 00381
Villes principales : Pristina, Prizren, Mitrovicë, Gjakovë, Pejë Découpage administratif : 37 communes
PIB : 5,8 milliards d'euros (Eurostat - 2015) Taux de croissance : 4,1 % (Eurostat - 2015)
Taux de chômage : 35,3% (FMI - 2014)
Dette publique : 20,6% (France Diplomatie - 2016)
Déficit public : 1,8% (France Diplomatie - 2015)
Inflation : -0,54% (FMI - 2015)
Indice de développement humain : - Émissions de gaz à effet de serre : -

Politique

Après des années de pourparlers, le Parlement kosovar a proclamé l'indépendance de la République du Kosovo le 17 février 2008. L'UE a approuvé le 16 février, le lancement d'une mission de police et de justice de 2000 hommes dans le nouvel Etat. Baptisée Eulex, cette force civile européenne reprend les responsabilités judiciaires et policières de la Mission d’administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK), l’organe des Nations unies qui gère le Kosovo depuis 1999, au terme d'une période transitoire de 120 jours suivant l'indépendance.

Pendant neuf ans, le statut du Kosovo a été régi par la résolution 1244 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, qui plaçait cette province sous administration internationale. Celle-ci devait pouvoir assurer une autonomie substantielle au peuple du Kosovo au sein de la République Fédérale de Yougoslavie (devenue, par le jeu de la succession d’Etats, la Serbie-et-Monténégro), dans l’attente de la définition du statut futur.
Au 23 janvier 2012, 87 États membres de l'ONU ont formellement reconnu le Kosovo comme un État indépendant et souverain.

La Constitution promulguée le 15 juin 2008 établit un régime parlementaire, avec des droits dérogatoires pour les minorités et notamment pour la communauté serbe du Kosovo (système de double majorité). Le Président de la République du Kosovo est élu par l'Assemblée du Kosovo,  Atifete Jahjaga a été élue le 7 avril 2011. C’est la première femme élue Présidente kosovarde.

En 2016, l’ancien Premier ministre Hashim Thaçi a été élu Président au troisième tour par le Parlement dans un climat tendu. Des élus de l’opposition ont lancé du gaz à lacrymogène au sein de l’Assemblée dans le but d’empêcher l’élection pendant que des intercalations entre la police et les manifestants éclataient dans les rues. L’opposition reproche au pouvoir en place des affaires de corruption et l’accord avec la Serbie conclu en 2013 sous le commandement de l’UE dont un volet prévoit la mise en place d'une "association" des municipalités serbes afin d'améliorer les droits de la minorité serbe du Kosovo.

Le Premier ministre est, depuis le 9 décembre 2014, Isa Mustafa. A la tête de la Ligue démocratique du Kosovo (LDK), il a pris la relève de Hashim Thaçi, qui avait déjà effectué deux mandats.

Le pays et l'UE

Les relations entre l'Union européenne et le Kosovo prennent forme lorsqu'en 2008, l'Union européenne reconnait la déclaration d'indépendance du pays (23 des 28 membres de l'Union européenne reconnaissent actuellement l'indépendance du Kosovo). La même année, un représentant spécial de l'Union européenne au Kosovo est nommé.

Depuis 2011, des rapports annuels sont publiés sur l'avancée des réformes du candidats potentiel à l'adhésion à l'UE. Dans le rapport de 2016, si la Commission reconnaît certains progrès, notamment au sein de l'administration et de l'économie du pays, elle encourage le Kosovo à endiguer la corruption et à améliorer son système judiciaire. Elle demande également au pays de normaliser ses relations avec la Serbie, empêchée en 2015 par les élections serbes et les tensions politiques internes kosovares.

L'année 2016 marque une avancée notable dans les relations UE-Kosovo. En avril, l'accord d'association et de stabilité entre en vigueur, ce qui représente la première relation contractuelle entre l'UE et le pays. En mai 2016, le Kosovo obtient également la libéralisation des visas au sein de l'espace Schengen. Cela signifie que les Kosovars n'ont plus à demander de visas pour entrer sur le territoire Schengen pour des séjours d'une durée de 90 jours sur toute période de 180 jours.

Géographie

Le Kosovo, bordé de montagnes au sud, à l’ouest et au nord, constitue un petit territoire enclavé au cœur de la péninsule balkanique, sans débouché commercial important. Il dispose de quelques ressources minières (notamment cinquièmes réserves mondiales de lignite). Par sa langue et sa religion, le Kosovo entretient des relations privilégiées avec l’Albanie. Pristina est le chef-lieu du Kosovo.

Economie

L'économie kosovare repose en grande partie sur les remises d'expatriés (transferts financiers effectués par la diaspora vers le Kosovo) qui atteindraient l'équivalent de 20% du PIB en 2016. En alimentant la demande et les investissements internes, ces flux de capitaux permettent de soutenir la croissance économique. En effet, après avoir reculé à 1,2% en 2014, elle atteint 3,6% en 2016. Les prévisions de croissance sont par ailleurs favorables et portées par des projets d'infrastructures tels que l'autoroute entre Pristina et Skopje (Macédoine) ou encore la construction d'une station d'épuration à Pristina. Le FMI a également accordé des prêts sur trois ans à hauteur de 185M€ dans le cadre d'un accord de confirmation.

Les infrastructures et l'appareil de production sont effectivement peu développées ce qui accentue la dépendance de la croissance aux ressources extérieures. Le pays a recours aux importations pour répondre à la plupart de ses besoins. Ainsi, le déficit extérieur atteint 41% du PIB en 2016. La faiblesse des infrastructures ne permet pas d'exploiter les richesses minières du pays. Par conséquent, le secteur industriel ne représente que 20% de la valeur ajoutée du PIB en 2016.

Les finances publiques sont maîtrisées puisque le déficit public est estimé à 1,5% du PIB et la dette à 20,6% en 2016. Le pays respecte donc les critères de ses accords avec le FMI qui plafonnent la dette à 40% du PIB et le déficit à 2%. L'amélioration de la collecte des recettes fiscales et de l'efficacité des dépenses publiques contribuent à cette consolidation des finances publiques. Toutefois, 30% des recettes correspondent à des recettes douanières alors que l'accord de stabilisation et d'association avec l'UE qui est entré en vigueur en 2016 prévoit l'établissement d'une zone de libre-échange. Cela va donc nécessiter la mise en œuvre d'un système fiscal.

Un autre obstacle à surmonter est le haut degré de corruption et notamment le manque d'indépendance du secteur judiciaire qui sévit dans le pays, et ne facilite pas son insertion économique mondiale. Le pays est ainsi classé 95ème par Transparency International sur la base de ses calculs de l'indice de perception de la corruption (au même niveau que le Bénin ou le Sri Lanka) et l'économie informelle représente au moins un tiers du PIB.

Ainsi, le Kosovo est le pays le plus pauvre des Balkans occidentaux avec un PIB par habitants qui correspond à 25% de la moyenne des pays de l'Union européenne avec un niveau d'environ 3200€ par an en 2016. 30% de la population vit dans la pauvreté en 2015 dont 10% avec moins de 1$ par jour. Le chômage atteint 28,7% et touche notamment les jeunes qui émigrent massivement vers l'UE du fait de la difficulté des conditions de vie quotidienne.

Histoire

1389 : après avoir fait partie de la Serbie depuis le XIIème siècle, la région est conquise, administrée et islamisée par l’Empire Ottoman qui gouverne la province jusqu’en 1912.

1912 : à la suite des guerres balkaniques, la province est intégrée à la Serbie.

1945 : création de la République populaire fédérale de Yougoslavie, composée de six républiques et deux provinces autonomes, dont le Kosovo (dont le statut de province n’est reconnu qu’en 1965), qui ne bénéficie pas d’une réelle autonomie.

1974 : à la suite des émeutes de 1968, qui avaient réclamé le statut de République autonome au sein de la fédération, le Kosovo obtient une large autonomie avec la nouvelle Constitution : il devient une réelle entité politique, avec une Assemblée et un gouvernement propres. Au cours des années 1980, la revendication du statut de République se poursuit : c’est l’émergence du mouvement nationaliste albanais qui débouche sur la création en 1989 de la Ligue Démocratique du Kosovo (LDK), parti politique prônant la résistance pacifique et la non-participation.  

1989 : Slobodan Milosevic, président de la ligue communiste de Serbie, supprime le statut d’autonomie du Kosovo : c’est la "serbisation". Le bilinguisme est suspendu et l’armée fédérale se déploie dans la province.

1991 : la LDK répond à la politique de discrimination systématique menée par le régime serbe de Milosevic par la mise en place de structures parallèles dans les domaines de la santé et de l’éducation. Un gouvernement en exil s’est également constitué en Allemagne, tandis que la plupart des membres de l’assemblée, passés dans la clandestinité depuis 1989, quand ils avaient proclamé l’indépendance, fuient dans plusieurs pays étrangers.

1999 : les négociations diplomatiques, menées à Rambouillet, n’ayant pas permis de déboucher sur un accord de paix, l’OTAN intervient, en menant des opérations militaires contre les forces serbes pour mettre fin à la répression dont faisait l’objet la population albanaise, dont environ un million de personnes a dû fuir le Kosovo depuis l’année précédente. La résolution 1244 du Conseil de sécurité de l’ONU permet à la Mission d’administration intérimaire des Nations unies au Kosovo (MINUK) de lancer le processus de construction démocratique et de faciliter le processus politique de détermination du futur statut du Kosovo. Selon cette même résolution, une présence militaire, assurée par la KFOR, sous commandement de l’OTAN se met en place à l’été 1999. Les violences commises par les Albanais en guise de représailles en 1999 provoquent le départ de plusieurs dizaines de milliers de Serbes.

2001 : la mise sur pied d’institutions provisoires doit permettre à la région de s’auto-administrer : Assemblée, Président du Kosovo, Gouvernement, Cour suprême et Médiateur.
 
2004 : les élections aboutissent à la formation d’une nouvelle coalition, qui ne fait plus l’objet d’un aussi large consensus, mais le Premier ministre, inculpé par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie pour crimes de guerre, se voit contraint de démissionner en mars 2005.

2006 : après le décès en janvier d’Ibrahim Rugova, le président kosovar, figure historique de la résistance pacifique, et la démission du Premier ministre, Bajram Kosumi, une nouvelle équipe se met en place à la tête des institutions provisoires du Kosovo. Le nouveau Premier ministre, Agim Ceku, est l’ancien chef de la guérilla albanaise. Ces événements interviennent dans un moment crucial : le début des pourparlers sur la statut futur du Kosovo, menés par Martti Ahtisaari, ancien Président finlandais, Envoyé spécial du Secrétaire Général des Nations Unies. A la demande d’indépendance du Kosovo que réclament les Albanais, Belgrade propose une large autonomie de la province. Les négociations s’avérant délicates, elles ont commencé sur des sujets concrets, tels que la décentralisation, la protection des minorités et du patrimoine religieux. Les compétences de la MINUK sont progressivement transférées aux institutions provisoires du Kosovo en fonction de leur capacité à les assumer et dans le but de mieux les responsabiliser. Les premières négociations entre Serbes et Albanais ont eu lieu en février 2006 à Vienne. La participation des Serbes du Kosovo aux institutions de la province leur permettrait de mieux faire entendre leur voix et faire valoir leurs droits.

2007 : les élections législatives et municipales au Kosovo se déroulent le 17 novembre. Entre juillet et la fin de l'année, la troïka composée de l'UE, des Etats-Unis et de la Russie, tente de trouver un compromis sur le statut du Kosovo.

2008 : Le Parlement Kosovar proclame l'indépendance du Kosovo le 17 février. La force civile européenne Eulex reprend peu à peu les responsabilités judiciaires et policières de la MINUK, au terme d'une période transitoire de 120 jours suivant l'indépendance.

Culture

Anton Pashku (1938-1995)

Il n’y a guère avant la fin du second conflit mondial de littérature en langue albanaise du Kosovo. En revanche, le Kosovo assiste dans les décennies suivantes à l’éclosion de nombreux écrivains et poètes qui rencontrent un grand succès, à partir des premiers efforts de la revue littéraire Jeta e re (Nouvelle vie) et de l’auteur Hiuzi Sulejmani. La fondation de l’université de Pristina en 1969 contribue à donner ses lettres de noblesse et ses circuits de diffusion à une culture et un art spécifiquement kosovars. Din Mehmeti et Ali Podrimja incarnent la vigueur du lyrisme moderne. Le nouvelliste Anton Pashku, influencé par la littérature d’Europe centrale, et en particulier le sens de l’absurde et la contemplation du déclin de Musil et de Kafka.

Monastère de Decani

Le Kosovo peut également s’enorgueillir de son patrimoine architectural, en particulier sacré, qui a cependant été mis en grand danger par les affrontements des dernières années. Qu’il s’agisse de la Mosquée Rouge de Pejë/Pec, édifiée en 1759-1760 ou du couvent de Visoki Decani (Deçan), monastère orthodoxe du XIVème siècle qui mêle les influences romanes et gothiques, du Grand Hammam de Prizren ou du couvent de Banjska, basilique du XIVème siècle, les religions chrétienne et islamique ont laissé une empreinte splendide sur ce petit pays. L’UNESCO s’efforce depuis plusieurs années d’assurer la conservation de ce patrimoine, en particulier à travers le classement de sites tels que le monastère de Visoki Decani au patrimoine mondial de l’humanité.