Derniers articles publiés
Dernière mise à jour : 21.08.2017

Bosnie-Herzégovine

Carte Bosnie Herzégovine

drapeau Bosnie-Herzegovine
  • Capitale : Sarajevo
  • Superficie : 51 066 Km²
  • Population : 3,80 millions (Eurostat - 2014)
Monnaie : Mark convertible Espace Schengen : non membre
Système politique : République fédérale multipartite à régime parlementaire Chef d'Etat : Mladen Ivanic Chef du Gouvernement : Denis Zvizdic Prochaines élections : Présidentielle + législatives : 2018
Hymne national : Intermeco Fête nationale : 1er mars - Indépendance Bosniaque Langue officielle : Bosniaque Indicatif téléphonique : 387
Villes principales : Sarajevo, Banja Luka, Tuzla, Zenica, Mostar Découpage administratif : Fédération de Bosnie-Herzégovine : 10 cantons, 79 municipalités. République serbe de Bosnie : 62 municipalités.
PIB : 16,5 milliards de dollars (Banque Mondiale - 2016) Taux de croissance : 3,1% (Eurostat - 2015) Taux de chômage : 25,4% (France Diplomatie -2016) Dette publique : 38,3% (FMI - 2015) Déficit public : 0,8% (France diplomatie - 2016) Inflation : -1,02% (FMI - 2015)
Indice de développement humain : 0,750 (ONU - 2015) Émissions de gaz à effet de serre : 5,7 tonnes/hab. (OCDE - 2014)

Politique

Le pays est doté d’institutions complexes issues des Accords de paix de Dayton, signés à Paris le 10 décembre 1995, qui ont mis fin au conflit et établi les institutions actuelles de la Bosnie-Herzégovine.

L’Etat de Bosnie-Herzégovine est une fédération constituée de deux entités : la Republika Srpska (RS), unitaire et centralisée, et la Fédération de Bosnie-Herzégovine (FBiH), elle-même une fédération décentralisée de 10 cantons. Enfin Brcko est un district à statut particulier sous la juridiction de l’Etat central.

L’Etat central a à sa tête une Présidence collégiale représentative des trois "peuples constitutifs", élue pour quatre ans selon un principe de rotation de ses trois membres tous les huit mois. Le 12 octobre 2014, la présidence collégiale est élu et composée de Dragan Covic (Bosno-croate – HDZ-BiH), qui alterne avec Bakir Izetbegović (Bosnien - SDA) et Mladen Ivanic (Serbe – RS).

Depuis le 17 novembre 2016, Mladen Ivanic (bosno-serbe) exerce la présidence tournante de huit mois.

Le Gouvernement central (Conseil des Ministres de 10 membres) comprend également des représentants des trois peuples constitutifs.
Denis Svizdik a été nommé président du Conseil des ministres par la présidence tripartite le 12 février 2015.

Le deuxième pilier des institutions centrales est constitué d’une Assemblée parlementaire bicamérale, composée de la Chambre des Représentants et de la Chambre des peuples. Chacune des deux entités est dotée également d’un exécutif, d’un Parlement et d’un système judiciaire.

Le pays et l'UE

Le lundi 15 février 2016, la Bosnie-Herzégovine a officiellement déposé sa candidature à l'entrée dans l'Union européenne. Le début d'un long voyage, a tenu à souligner Johannes Hahn, commissaire européen à l'Elargissement, l'adhésion n'étant pas envisageable d'ici plusieurs années.

La Bosnie-Herzégovine avait été qualifiée de "candidat potentiel" dès 2003. Il aura fallu attendre 13 ans pour que cette candidature soit effectivement déposée. Une attente qui trouve une de ses racines dans les querelles politiciennes marquées, opposant les communautés serbe, croate et musulmane et limitant par le même effet les possibilités de réformes nationales. 

En 2008 la Bosnie-Herzégovine a signé un accord de stabilisation et d'association avec l'Union européenne, qui est entré en vigueur le 1er juin 2015. En 2010, les citoyens de Bosnie-Herzégovine ont obtenu le droit de se rendre dans l'espace Schengen sans visa.

Pour dynamiser la procédure d'adhésion, le Royaume-Uni et l'Allemagne avaient enjoint l'Etat à mettre de côté les révisions constitutionnelles pour se concentrer sur une relance de l'économie ainsi que sur la création d'emplois.

L’UE est le principal donateur multilatéral pour la Bosnie, et a assuré la relève de l’OTAN sur le territoire : de 2004 à 2012, une force militaire européenne (EUFOR) y garantissait la sécurité. Depuis, l'UE continue à y soutenir la police.

L'Union européenne est représentée en Bosnie-Herzégovine par un représentant spécial, qui veille à la consolidation de l’Etat de droit et la réforme de l’économie, dans l’objectif de répondre aux critères européens.

Géographie

Le pays a des frontières communes avec la Croatie, la Serbie et le Monténégro. La Bosnie-Herzégovine ne dispose que d’un accès restreint à la Mer Adriatique, sur une bande côtière d’une vingtaine de kilomètres, dans la région de Dubrovnik. Son point culminant atteint 2386 m, dans la chaîne des monts Maglic. Le territoire présente une configuration variée de plaines (surtout au Nord) et de montagnes (Alpes Dinariques). Le compartimentage du territoire par les contraintes physiques, l’imbrication des communautés ethniques et la faiblesse des infrastructures sont un obstacle au développement du pays qui reste en voie de stabilisation politique.

La population du pays est fortement différenciée. Les Musulmans bosniaques sont le groupe le plus important, avec près de 50% de la population, tandis que les Serbes orthodoxes représentent plus de 30% de l’ensemble et les Croates catholiques près de 10%.

Economie

La complexité des institutions de la Bosnie-Herzégovine (cf. §Politique) est l'un des enjeux majeurs de l'économie du pays puisqu'elle complique notamment la gestion des finances publiques malgré une forte baisse du déficit entre 2009 et 2016 (4,4% à 0,4% du PIB). Dans le cadre de l'accord de stabilisation et de compensation signé en 2015 avec l'UE, le pays a présenté une demande d'adhésion acceptée en septembre 2016. La Bosnie-Herzégovine doit donc s'engager dans des réformes qui lui permettront de satisfaire les critères d'adhésion : loi bancaire, réforme de l'administration publique et des systèmes de protection sociale, du marché du travail ou encore du système judiciaire.

Si des progrès considérables ont été réalisés (en matière de perception des impôts et d’instauration d’une TVA au niveau central), les financements externes de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement ou encore les crédits accordés par le FMI à hauteur de 553M€ sur trois ans permettent de soutenir les investissements publics et les réformes depuis 2016.

En revanche, la croissance annuelle du PIB, supérieure à 3% depuis 2015, dépend notamment des remises d'expatriés (transferts financiers effectués par la diaspora vers le pays) qui représenteraient au moins 8% du PIB en 2016. Ces transferts participent à la consommation privée qui soutient largement la croissance. Les exportations sont en augmentation mais le déficit commercial du pays reste important. La base productive étant faible, les importations sont nécessaires pour subvenir aux besoins de la population.

L'étroitesse de la base productive a également pour conséquence un taux de chômage élevé, à 25% en 2016, et qui atteint 60% chez les jeunes. Ainsi, l'économie parallèle est particulièrement développée et environ 15 % de la population vit sous le seuil de pauvreté pour un PIB par habitant qui atteint 30% de la moyenne européenne. Le manque de recettes publiques empêche le gouvernement d'orienter ses dépenses vers une amélioration du système éducatif ainsi que du soutien à l'emploi, une situation qui incite peu la population à intégrer le marché de l'emploi.

Histoire

Xème siècle : le territoire de Bosnie devient un enjeu pour ses voisins (Byzance, la Hongrie, la Croatie et la Serbie) et les différentes confessions chrétiennes, de rite latin et de rite grec.

1463-1482 : la Bosnie puis l’Herzégovine sont conquises par l’Empire ottoman. Les Serbes, déplacés lors des invasions ottomanes, avaient été placés par la Croatie sur sa frontière avec la Bosnie pour faire office de glacis militaire : c’est la naissance de la "Krajina" (littéralement la frontière). Les Ottomans introduisent l’économie féodale en Bosnie. Ils occupent le pays jusqu’en 1699, et le régissent jusqu’en 1878.

1848 : les Bosniaques participent au "Printemps des peuples", et revendiquent davantage de liberté et l’indépendance.

1878 : le Congrès de Berlin, au lendemain de la guerre russo-turque, fait passer la Bosnie sous occupation et administration de l’Autriche-Hongrie, suscitant une résistance importante. Le pays conserve une autonomie importante au sein de l’Empire austro-hongrois.

1908 : la Bosnie est totalement annexée par l’Autriche-Hongrie. L’idée d’un Etat indépendant regroupant tous les slaves du Sud, littéralement la Yougoslavie, fait son chemin dans les esprits.

1914 : l’assassinat du prince héritier autrichien à Sarajevo déclenche la Première Guerre Mondiale. L’attentat avait pour origine la volonté de groupes radicaux de rattacher la Bosnie à la Serbie. La guerre fait rage avec une particulière violence dans les Balkans.

1918 : la Bosnie rejoint le Royaume des Slovènes, Croates et Serbes, créé par le traité de Genève, dominé par les Serbes à partir de 1921.

1940-1945 : la Bosnie-Herzégovine tombe sous la coupe de la Croatie indépendante ; les Juifs de Bosnie sont persécutés. A l’issue du conflit, la République fédérale de Yougoslavie est proclamée. La Bosnie a une Constitution et un statut de république indépendante.

1974 : la Constitution confère une plus grande autonomie à la Bosnie en décentralisant les pouvoirs gouvernementaux. Après le décès de Tito, en 1980, les difficultés économiques, les revendications ethniques et l’arrivée de Milosevic au pouvoir exacerbent les tensions.

1992 : la Bosnie-Herzégovine suit la voie ouverte par la Slovénie et la Croatie en organisant un référendum sur l’indépendance, dont le résultat est positif. Les paramilitaires serbes se positionnent autour de Sarajevo. La Communauté européenne reconnaît l’indépendance de la Bosnie, et les troupes serbes tirent sur une foule de manifestants pacifiques. C’est le début du siège de Sarajevo et de la guerre de Bosnie.

1995 : l’accord de paix négocié à Dayton en novembre est signé à Paris le 14 décembre. Il instaure un Etat de type fédéral.

Culture

Ivo Andric (1892-1961)

L’écrivain Ivo Andric, originaire de Bosnie, est sans conteste le fleuron de la littérature yougoslave. L’auteur du Pont sur la Drina, des Chroniques de Travnik et de La Cour maudite obtient le prix Nobel de littérature en 1961. Mais on peut évoquer aussi des auteurs moins célèbres, comme Mesa Selimovic, auteur du derviche et la mort et de la Forteresse, Mak Dizdar, Miljenko Jergovic, Aleksandar Hemon, Izet Sarajlic, Dzevad Kaharasan...

Goran Bregovic (1950-)

Le musicien et compositeur Goran Bregovic, qui réside à Paris, est le créateur de spectacles musicaux et il a écrit les musiques de la plupart des films du cinéaste Emir Kusturica qui est également bosnien et vit actuellement à Belgrade).

Danis TANOVIC

Metteur en scène. Il  a notamment dirigé le film "No Man’s Land" qui a obtenu un Oscar à Hollywood.