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Dernière mise à jour : 22.08.2017

Ancienne République Yougoslave de Macédoine (ARYM)

Ancienne République Yougoslave de Macédoine (ARYM)

drapeau Macédoine
  • Capitale : Skopje
  • Superficie : 25 713 km² - (Eurostat)
  • Population : 2,07 millions (Eurostat - 2016)
  • Date d'adhésion : Non membre de l'UE
Monnaie : Denar Espace Schengen : non membre
Système politique : République parlementaire Chef d'Etat : Gjorge Ivanov Chef du Gouvernement : Nikola Gruevski
Hymne national : Denes Nad Makedonija Fête nationale : 2 août - l’insurrection d’Ilinden de 1903 Langue officielle : Macédonien Indicatif téléphonique : 389
Villes principales : Skopje, Bitola, Koumanovo, Prilep, Tetovo Découpage administratif : 80 municipalités
PIB : 9,9 milliards d'euros (Eurostat - 2016)
Taux de croissance : 3,6 % (Eurostat - 2016)
Taux de chômage : 26% (France Diplomatie - 2016)
Dette publique : 35,9% (FMI - 2015)
Déficit public : 3,5% (France Diplomatie - 2015)
Inflation : -0,23% (Banque Mondiale - 2016)
Indice de développement humain : 0,748 (ONU - 2015) Émissions de gaz à effet de serre : 3,6 tonnes/hab. (OCDE - 2014)

Politique

La "République de Macédoine" (Makedonija) a obtenu son indépendance en 1991 lors de l’éclatement de la Yougoslavie. Une querelle l’oppose à Athènes à propos de sa dénomination, car la Macédoine est également une région grecque. C’est donc sous le nom d’Ancienne République Yougoslave de Macédoine que le pays obtient son adhésion à l’ONU.

Le 6 avril 2009, Gjorge Ivanov (parti conservateur VMRO-DPMNE) est élu Président de la république. Nikola Gruevski (parti conservateur VMRO-DPMNE) a été élu Premier ministre en juillet 2008. Il a été à nouveau porté au pouvoir avec les élections législatives anticipées qui se sont tenues le 5 juin 2011. La question de la décentralisation est un enjeu crucial pour ce jeune pays tiraillé par les divisions internes entre slaves et albanais. Le président macédonien Gjorge Ivanov s'était alors engagé à améliorer les relations de son pays avec la Grèce, qui handicapent les efforts de Skopje pour adhérer à l'Union européenne.

Les 13 et 14 avril 2014, Gjorge Ivanov a été réélu avec 55,25% des voix face au social-démocrate Stevo Pendarovski. Le taux d’abstention était de 45,67%. Le 27 avril, les Macédoniens ont voté cette fois-ci pour les élections législatives anticipées pour la deuxième fois consécutive. Le Premier ministre sortant Nikola Gruevski a remporté ces élections avec 42,18% et 61 sièges, soit la majorité absolue.

L’opposition, le Parti social-démocrate SDSM, a contesté les résultats des deux élections accusant le VMRO-DPMNE d’avoir acheté des votes et fait pression avec l’assistance de la police sur les citoyens. La Commission électorale a cependant indiqué que le vote s’était déroulé correctement.

Sous le contrôle de l’UE, les partis macédoniens avaient convenu en juillet 2015 de l’organisation de nouvelles élections législatives le 5 juin 2016 en guise de sortie de crise. Le 12 avril, la décision du Président Ivanov d’ordonner l’amnistie de plus de cinquante personnalités dont le Premier ministre Grueski alors impliqué dans des affaires de corruption finit par mettre le feu aux poudres. Des milliers d’opposants sont allés manifester dans les rues de Skopje recouvrant les statues et les bâtiments officiels de peinture colorée. Sous la menace de boycott de trois des quatre principaux partis, les élections sont repoussées en décembre 2016. L’issue du scrutin plonge le pays dans l’incertitude la plus totale. Le parti conservateur est arrivé en tête avec seulement 51 sièges sur 120 et s’est retrouvé dans l’incapacité de former un gouvernement. Quant aux sociaux-démocrates représentés par l’opposant historique Zoran Zaev, ils arrivent à rallier 18% des partis de la minorité albanaise. Le 29 janvier, le Président Ivanov refuse cet accord de coalition en raison d’une proposition de  loi voulant intégrer la langue albanise comme langue officielle du pays.

La Macédoine se dote finalement d’un nouveau gouvernement le 31 mai 2017 après l’élection du Premier ministre Zoran Zaev et de sa coalition avec les partis de la minorité albanaise.

Résolument pro-européen, le Premier ministre Zaev souhaite accélérer le processus d’adhésion de son pays à l’Union européenne et à l’OTAN.

Le pays et l'UE

Un accord de coopération entre Skopje et l’Union européenne a été signé en avril 1997. La vocation de l’ARYM à rejoindre l’UE, qui avait été affirmée lors du sommet UE/Balkans de Zagreb en 2000, a été rappelée à Thessalonique en juin 2003.

Après avoir signé un Accord de stabilisation et d'association (ASA) le 20 mars 2004, et déposé sa demande officielle d'adhésion à l'Union européenne le 22 mars de la même année à Dublin, l'ARYM s'est vue reconnaître le statut de pays candidat lors du Conseil européen du 16 décembre 2005.

Le 18 février 2008, le Conseil a adopté un partenariat pour l'adhésion du pays qui énonce les réformes prioritaires nécessaires en vue de l'adhésion. Le 19 décembre 2009 marque la date de la libéralisation de l’octroi des visas par l'UE aux citoyens de l’ARYM.

L'ouverture des négociations pour son adhésion n'a cependant toujours pas eu lieu. Le conflit avec la Grèce autour de son nom reste un obstacle à la poursuite du processus d'adhésion. La Grèce, dont une de ses régions porte le nom de "Macédoine" refuse en effet qu'un pays soit pareillement dénommé. La République de Macédoine, de son nom constitutionnel, a accepté en 1992 l'emploi du nom "Ancienne République Yougoslave de Macédoine" dans ses relations bilatérales avec l'Union européenne mais la Grèce use de son veto contre l'adhésion du pays tant que le conflit ne sera pas réglé.

Géographie

L’ARYM se trouve au cœur des Balkans, et partage ses frontières avec l’Albanie, la Serbie et Monténégro, la Bulgarie et la Grèce. C’est un pays montagneux, dont les vallées constituent un point de passage stratégique entre l’Europe orientale et la Méditerranée.

La vallée du Vardar, sur lequel se trouve la capitale Skopje, est la principale trouée d’orientation nord-ouest / sud-est. La capitale concentre près d’un cinquième de la population totale (2 millions d’habitants).

La partie occidentale du pays réunit la plus grande partie des 25% d’albanophones que compte le pays, lequel reste marqué par des divisions religieuses, linguistiques et culturelles.

Economie

L’économie du pays a subi de plein fouet la disparition de la Yougoslavie et la crise de 2001. Après le choc de cette crise politique, l’économie a renoué avec la croissance qui a cependant ralenti en 2009 (- 0,4%) avec la crise économique globale. Entre 2012 et 2016, le PIB a progressé en moyenne de 2,3% par an.

Toutefois, malgré d'importants investissements publics ainsi qu'un dynamisme de la consommation privée, la croissance risque de ralentir dans un environnement politique instable (cf. §Politique). La confiance des investisseurs étrangers s'est ainsi dégradée alors que des zones franches, des exonérations fiscales ou encore des facilités d'accès aux services publics ont été mises en place ces dernières années. Ces mesures ont tout de même accru le flux d'IDE de 111M€ en 2012 à 217M€ en 2015, ce qui se traduit notamment par l'implantation de grands groupes internationaux comme le producteur belge de bus Van Hool.

Le secteur des services compte pour 60% d’une économie très ouverte au commerce extérieur. Les pays membres de l'UE reçoivent 76% de ses exportations en 2016 et notamment l'Allemagne (47%). Elles concernent notamment les produits métallurgiques (pièces automobiles), le textile et l’agroalimentaire (tabac, vin) ou encore les matériaux de construction et ont été stimulées par la reprise de la demande de la zone euro. De ce fait, les importations en biens d'équipement sont nécessaires.

Les entreprises étrangères viennent profiter du coût particulièrement bas de la main d'œuvre puisque le salaire minimum légal net en 2013 couvre 14% du salaire minimum de subsistance évalué par des acteurs locaux. Même si le chômage est en baisse depuis plus de dix ans, il atteint toujours 26% en 2015. Le PIB par habitant reste relativement faible puisqu'il correspond à 38% de la moyenne de l'UE et les écarts de richesse sont particulièrement importants (indice de Gini : 44 en 2008). Selon l'indice de perception de la corruption produit par Transparency International, le pays serait classé 90ème (au même niveau que la Colombie).

Le gouvernement s’attache par ailleurs à maîtriser l’inflation et à consolider les finances publiques, notamment dans la perspective d’une adhésion à l’UE. Le déficit public est ainsi inférieur à 3% en 2016 et dette atteint 41,9% du PIB. En revanche, l'importance de l'économie informelle et la corruption implique que les recettes fiscales sont relativement faibles, ce qui ne permet pas une marge de manœuvre importante au gouvernement. Ainsi, la défaillance de l'état de droit et du système judiciaire est un frein à l'arrivée d'investissements étrangers.

La stabilité économique du pays dépend par ailleurs de la stabilité de la parité entre l'euro et le denar macédonien puisque la dette publique ainsi que les prêts et dépôts sont libellés en grande partie en euros, d'autant plus que la monnaie unique est déjà utilisée comme monnaie nationale. La stabilité de ce taux de change mis en œuvre par la banque centrale permet d'accroitre la confiance dans la monnaie locale et stabiliser le secteur financier.

Histoire

XIVe siècle : la Macédoine est intégrée à l’Empire ottoman, après avoir successivement appartenu à l’Empire romain, à l’Empire byzantin et aux royaumes serbe et bulgare.

1903 : l’insurrection d‘Ilinden marque le réveil de la conscience nationale macédonienne.

1913 : à la suite des guerres balkaniques, le territoire macédonien est partagé entre les Etats de la région : Grèce, Bulgarie et Serbie. L’ARYM est issue de la partie serbe, qui représente environ 40% du territoire de la Macédoine historique.

31 janvier 1946 : la Macédoine est l’une des six républiques formant la Fédération yougoslave.

17 septembre 1991 : la Macédoine se sépare pacifiquement de la Yougoslavie en proclamant son indépendance. Le nouvel Etat devient membre de l’ONU en 1993, puis du Conseil de l’Europe et de l’OSCE en 1995.

2001 : une grave crise politique secoue le pays. La minorité albanaise constituée en armée de libération nationale occupe des villages que le gouvernement décide de bombarder. L’OTAN intervient pour mettre fin au conflit. Les accords d’Ohrid, conclus avec le soutien de l’UE, prévoient un ensemble de mesures favorables à la minorité albanaise.

16 décembre 2005 : L'Ancienne République Yougoslave de Macédoine devient candidat officiel à l'adhésion.

Culture

L’art médiéval de Macédoine accorde une place prépondérante aux icônes, souvent réalisées sur des supports en bois. L'art traditionnel s'est particulièrement développé dans la production de fresques religieuses, les plus vieilles datant du XIe siècle siècle.

Au début du XIXème siècle commencent à se fixer les normes de la langue littéraire, issue du langage populaire. Cette codification se prolonge en 1945. La poésie est le genre de prédilection de la littérature macédonienne, avant une ouverture à d’autres pays et styles dans les années 1950.

La musique traditionnelle dévoile des influences turques, gitanes et musulmanes. Elle se veut joyeuse et entraînante, se pratique en fanfares (cuivres, accordéons, instruments à cordes pincées).