Derniers articles publiés
Dernière mise à jour : 21.08.2017

Albanie

Carte Albanie

drapeau Albanie
  • Capitale : Tirana
  • Superficie : 28 748 km²
  • Population : 2,89 millions - (Eurostat - 2016)
  • Date d'adhésion : Non membre de l'UE
Monnaie : LEK Espace Schengen : non membre
Système politique : République type parlementaire Chef d'Etat : Bujar Nishani Chef du Gouvernement : Edi Rama Prochaines élections : Législatives : 2021
Hymne national : Hymni i Flamurit (Hymne au Drapeau) Fête nationale : 28 novembre - indépendance Langue officielle : Albanais Indicatif téléphonique : 355
Villes principales : Tirana, Durrës, Elbasan, Vlora, Shkodra Découpage administratif : 12 préfectures, regroupant 36 anciens districts divisés en villes (72) ou municipalités (65), 308 communes, 2980 villages
PIB : 10,2 milliards d'euros (Eurostat - 2015) Taux de croissance : 2,2% (Eurostat - 2015) Taux de chômage : 16,8% (France diplomatie - 2016) Dette publique : 79,8% (Banque Mondiale - 2015) Déficit public : 2,3 % (France Diplomatie - 2015) Inflation : 1,28% (Banque Mondiale - 2016)
Indice de développement humain : 0,764 (ONU - 2015) Émissions de gaz à effet de serre : 1,4 tonnes/hab. (OCDE -2014)

Politique

L’Albanie est une république de type parlementaire.

Le 11 juin 2012, Bujar Nishani, Parti démocrate, est élu Président pour un mandat de cinq ans.

De 2005 à 2013, c’est Sali Berisha, également du Parti démocrate, le Premier ministre. Le programme du gouvernement met en avant la lutte contre la corruption et le crime organisé. La corruption persistante des administrations publiques reste néanmoins difficile à maîtriser.

Les élections législatives de juin 2009 ont ouvert une grave crise entre le Parti démocratique de Sali Berisha qui a obtenu un deuxième mandat de quatre ans, et le Parti socialiste, dirigé par Edi Rama. Les élections municipales du 8 mai 2011 constituaient un scrutin test pour la démocratie en Albanie, l’Union européenne s'étant montrée très attentive vis-à-vis de son bon déroulement. Malheureusement, la campagne électorale a encore été troublée par de nombreux incidents ce qui a ralenti le processus d’adhésion à l’UE.

A l’issue d’une énième campagne houleuse, Edi Rama, leader du Parti socialiste, devient Premier ministre en septembre 2013. L’UE a par ailleurs estimé que l’Albanie n’avait pas respecté les critères d’une élection démocratique et transparente.

Edi Rama est un pro-européen convaincu. L’année suivant son élection, l’Albanie s’est vue attribuer le statut officiel de candidat à l’UE.

En avril 2017, le Parlement albanais a élu le nouveau Président Ilir Méta , membre du Mouvement socialiste pour l’intégration (LSI) par 87 votes contre 2 grâce à l’appui du Parti socialiste.

En juin 2017, Edi Rama est de nouveau élu Premier ministre avec 48,3% des suffrages obtenant la majorité absolue au Parlement après une campagne mouvementée. Des opposants du parti démocratique ont campé pendant trois mois devant la résidence du chef de gouvernement l’accusant de collusion avec des trafiquants de drogue. Le parti démocratique, représenté par Lulzim Basha, a obtenu 28,7% des voix.

Contrairement à la campagne, le scrutin s’est déroulé sans entraves, ce qui est assez inhabituel. De nombreux chantiers attendent Edi Rama : les réformes sur la justice, la lutte contre la grande criminalité et les trafics de drogue.

Le pays et l'UE

Le changement de régime en 1991 a créé les conditions d’un rapprochement progressif de l’Albanie et de l’Europe. L’adhésion de l’Albanie au Conseil de l’Europe en 1995 en offre un premier signe tangible. En novembre 2000, le sommet de Zagreb a ouvert à l’Albanie la perspective d’une adhésion à l’UE, de sorte qu’ont été entamées le 31 janvier 2003 les négociations en vue d’un accord de stabilisation et d’association (ASA), semblable à ceux conclus avec la Croatie et l'ARYM (Ancienne République Yougoslave de Macédoine). L’ASA est paraphé le 18 février 2006 à Tirana et finalement signé le 12 juin 2006 au Luxembourg.

L’Albanie dépose une demande d’adhésion le 28 avril 2009. Depuis, l'Albanie a fourni de nombreux efforts afin de remplir les critères attendus par l'Union européenne. La Commission a alors recommandé en 2012 que l'Albanie acquière le statut de pays candidat, ce qui lui a été accordé en juin 2014.

Géographie

Situé sur la côte orientale de la péninsule balkanique, l’Albanie a une superficie de 28 748 km2. Ce pays compte 472 km de façades maritimes sur les Mers Adriatique et Ionienne, dans le détroit d’Otrante. Il se divise entre une étroite plaine littorale et un arrière-pays montagneux culminant à 2700 m, d’orientation nord-ouest / sud-est, des Alpes albanaises jusqu’aux monts du Pinde.

Les plaines littorales concentrent l’essentiel des cultures (produits maraîchers et fruits, céréales et tabac). La plus grande partie du pays est dominée par les forêts et une économie pastorale faiblement productive. Les ressources minières variées sont peu exploitées. Les 3,1 millions d’Albanais peinent à trouver des ressources suffisantes dans le pays. C’est pourquoi l’Albanie reste un fort foyer d’émigration, phénomène renforcé par son dynamisme démographique.

Le pays a connu plusieurs tremblements de terre.

Les chaînes dinariques qui jouent un rôle déterminant dans la pauvreté de longue date de l’Albanie, en particulier dans le risque récurrent de tremblements terre - un des plus importants, en 1979, a fait 100 000 sans abris- sont aussi l’origine de ses ressources, telles que le lac d’Ohrid, qui donne un poisson, le koran, qu’on ne retrouve que dans le pays et en Russie ou ses nombreuses sources d’eaux thermales, notamment réputées dans le traitement de l’arthrite. La source d’eau minérale Glina (près de Gjirokaster) est particulièrement connue.

Economie

L'Albanie a enregistré une baisse significative de son taux de pauvreté, qui est passé de 25,4% en 2002 à 14,3% en 2012. Son PIB par habitant stagne par ailleurs autour de 4 000€ depuis 2008 (30% de la moyenne européenne) et en fait l'un des pays les plus pauvres des Balkans. A cet égard, la part de l’agriculture dans le PIB est d'environ 23% en 2014 tandis que ce secteur emploie plus de 50% de la population active. Ce manque de compétitivité implique que le secteur primaire est en grande partie orienté vers l'autosuffisance.

Malgré la crise financière, le PIB de l'Albanie a progressé en 2009 de 3% et en 2015 de 2,5%, notamment grâce à la bonne santé relative du secteur de la construction et des services. Le FMI a considéré que son plan de soutien à la croissance économique s'était achevé "avec succès" en février 2017 puisque celle-ci a atteint 3,2% en 2016 et devrait continuer à progresser.

Cela a notamment permis d'attirer les investissements étrangers alors que le pays dispose de ressources importantes (chrome, pétrole, fer, acier ou minerais). C'est le cas notamment dans le secteur de l'énergie puisqu'à cet égard un complexe hydroélectrique sur la rivière Devoll et un gazoduc trans-adriatique sont en construction. L'Albanie exporte ainsi des matières premières - ce qui est facilité par une stabilité de la parité entre l'euro et le lek - mais doit importer des biens d'équipement et certains services.

Toutefois, l'économie albanaise est portée par le dynamisme du secteur tertiaire, qui représente 51% du PIB en termes de valeur ajoutée, notamment lié à l'essor du tourisme. Le pays dispose en effet d’une ouverture sur la mer favorable à son développement économique mais qui soutient également son potentiel touristique.

Membre de l'accord de libre-échange centre européen (ALECE) depuis 2007, l'Albanie poursuit son processus de convergence économique vers l'UE avec de nombreuses réformes notamment territoriale, des retraites ou encore de la collecte fiscale. A ceci s'ajoute l'amélioration des infrastructures dans le secteur de l'électricité, ce qui contribue à la lutte contre l'économie informelle (30 à 40% du PIB) ainsi qu'à une réduction de la dette publique qui s'établit à 72% du PIB en 2016. Celle-ci s'était en effet accrue de façon importante entre 2012 et 2015 (64% à 79% du PIB). Le taux de chômage, de son côté, est de 16% en 2016 tandis que celui des jeunes atteint 30%.

Histoire

Ve siècle avant notre ère : les cités grecques d’Apollonia et de Dyrrhachium, sur la côte illyrienne, sont fondées puis intégrées à la province romaine d’Illyrie puis de Pannonie.

1190 :
apparition du premier Etat albanais : la principauté d’Albanie émerge de l’affaiblissement de l’Empire byzantin. Au XIVème siècle, deux principautés rivales se disputent le territoire.

1443-1448 :
malgré la lutte désespérée de Gjergi Kastriot, appelé Skënderbeg, plus tard célébré en tant que héros national, le pays passe sous domination ottomane.

1876-1878 :
la guerre russo-turque provoque le réveil du sentiment national albanais, mais le pays reste sous la domination turque.

1913 :
l’indépendance est acquise, à la suite de la désagrégation des positions ottomanes dans les Balkans. En 1920, le pays entre à la Société  des Nations. Les premières élections se déroulent en avril 1921.

1939 :
occupation italienne de l’Albanie Après un ultimatum, les troupes fascistes envahissent le pays en mars. Le Duce souhaite créer la grande Albanie, englobant le Kosovo, la Macédoine et la Tchamérie, en profitant de la Deuxième guerre mondiale, alors que la résistance albanaise s’organise.

1944 :
après un an d’occupation nazie, le pays est libéré (novembre).

1946 :
l’Albanie  s’engage dans le camp socialiste : la République populaire est proclamée en janvier. Sous la férule d’Enver Hodja, le pays devient l’une des dictatures les plus dures de l’Est, confinant le pays dans un isolement complet.

1990 :
le multipartisme est instauré après la révolte des étudiants de Tirana. L’année suivante ont lieu les premières élections libres : les communistes obtiennent la majorité au Parlement, avant d’être remplacés rapidement par les démocrates.

1997 :
l’effondrement du système bancaire pyramidal porte un nouveau coup au pays : le basculement dans l’anarchie impose l’intervention d’une Force multinationale de protection. En 1999, les évènements au Kosovo sont une autre source de tensions. Le pays connaît un afflux important de réfugiés (près de 400 000 personnes en quelques semaines).

2003 :
ouverture de négociations avec l’UE en vue d’une éventuelle adhésion.

Culture

Ismaïl Kadaré (1936-)

L’Albanie s’enorgueillit d’une tradition ancienne de sa littérature en langue albanaise. L’ouvrage de Gjon Buzuku écrit en 1555, Meshari, est généralement considéré comme le premier livre écrit en albanais. Cette tradition littéraire s’est poursuivie et demeure vivante aujourd’hui à travers l’œuvre d’Ismaïl Kadaré qui mêle les questionnements sur l’histoire et la culture albanaise à une réflexion originale sur l’écriture romanesque. Le Général de l’armée morte est représentatif de son style poétique et âpre.

Mère Teresa (1910-1997)

Mère Teresa est née de parents albanais à Skopje, en ARYM. Elle fait aujourd’hui figure d’icône nationale. De son vrai nom Gonxhe Bojaxhi, elle a beaucoup travaillé auprès des pauvres en Inde, et a reçu le prix Nobel de la paix en 1979. Elle a du attendre 1990 pour retourner en Albanie, quand le régime communiste est tombé et que les institutions religieuses ont rouvert leurs portes. Son action en faveur de la pauvreté a trouvé un écho particulier dans un pays durement confronté à la misère.