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Zone humanitaire, sécurité, migrations : les Européens face à l'urgence afghane

Lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU ce lundi, la France et le Royaume-Uni doivent proposer la création d’une zone protégée à Kaboul pour poursuivre les évacuations et les opérations humanitaires des puissances étrangères, censées s’achever dès demain. Les ministres de l’Intérieur de l’Union européenne se réuniront quant à eux mardi pour aborder la question migratoire.

L'équipe de l'ambassade de France en Afghanistan est rentrée à Paris ce week-end
L’équipe de l’ambassade de France en Afghanistan est rentrée à Paris ce week-end - Crédits : compte twitter @JY_LeDrian

Le temps presse”, commence La Croix. Alors que des milliers de civils souhaitent encore quitter l’Afghanistan, le 31 août sonne comme une véritable “date couperet”, selon le quotidien. Les Etats-Unis ont en effet annoncé que leurs troupes quitteraient l’Afghanistan ce mardi, marquant la fin des évacuations.

Ces dernières heures, considérées comme “les plus dangereuses de toute l’opération d’évacuation” [Die Zeit], sont marquées par un risque important d’attaques terroristes, après celles de l’aéroport de Kaboul qui ont tué plus de cent personnes le 26 août. Ce lundi matin, “environ cinq roquettes ont été envoyées au-dessus de la capitale afghane, mais ont été arrêtées avant d’atteindre leur cible” [BBC]. L’attaque n’a pas encore été revendiquée.

Depuis le 15 août, jour de la prise du pouvoir par les talibans, “plus de 114 000 personnes ont été évacuées d’Afghanistan” par les seuls Etats-Unis, rapporte Le Monde. Côté européen, la France a mis fin vendredi 27 août “à son pont aérien pour évacuer des Afghans menacés par les talibans de Kaboul vers Paris” [France 24], à l’instar de plusieurs autres pays comme l’Espagne, l’Italie ou le Royaume-Uni.

Vers une zone humanitaire protégée à Kaboul ?

Que se passera-t-il après le 31 août ? “Le département d’État américain a publié dimanche une déclaration signée par une centaine de pays, ainsi que par l’OTAN et l’Union européenne, affirmant avoir reçu des ‘garanties’ de la part des talibans que les personnes munies de documents de voyage pourraient toujours quitter le pays”, relate The Guardian. “Ces derniers jours, plusieurs hauts responsables talibans avaient publiquement affirmé que les Afghans pouvaient continuer à quitter le pays par des voies légales” [Die Zeit].

Dans ce contexte, le secrétaire général des Nations unies António Guterres a convoqué une session d’urgence du Conseil de sécurité lundi 30 août. Paris et Londres vont y proposer la création d’une “safe zone à Kaboul qui permette de continuer les opérations humanitaires” sous contrôle onusien, a annoncé Emmanuel Macron dans les colonnes du Journal du Dimanche. “Cela donnerait un cadre des Nations unies pour agir dans l’urgence, et cela permettra surtout de mettre chacun devant ses responsabilités et à la communauté internationale de maintenir une pression sur les talibans”, poursuit le président français.

Un projet qui se heurte “à des obstacles politiques, opérationnels et logistiques”, prévient La Croix. Notamment en raison des risques d’attentats qui pèseraient sur une telle zone. “Cela implique des moyens terrestres, des drones de surveillance, et un travail d’écoute des communications”, explique au journal Marc Finaud, du Centre de politique de sécurité de Genève (GCSP).

Réunions au sommet

En outre, l’agenda diplomatique s’annonce chargé pour les Européens : “Les ministres de la Défense de l’UE discuteront de l’Afghanistan lors de leur réunion en Slovénie les 1er et 2 septembre ; les ministres des Affaires étrangères feront de même lors de leur réunion des 2 et 3 septembre”, rapporte Politico. Plusieurs questions devraient être évoquées, telles que l’avenir de la région et les futures relations diplomatiques avec l’Afghanistan.

Le média a également eu accès à la déclaration que les ministres européens de l’Intérieur doivent adopter mardi 31 août, avec un accent mis sur l’équilibre entre sécurité et solidarité dans la dernière version du document. “Il est désormais question du fait que ‘l’UE et ses États membres renforceront leur soutien financier aux organisations internationales concernées’, ainsi que de la nécessité de disposer de règles plus cohérentes entre les pays de l’UE pour traiter les demandes d’asile des personnes fuyant l’Afghanistan”, cite Politico.

En l’état actuel des choses, un programme d’accueil spécifiquement destiné aux Afghans n’est pas envisagé, si ce n’est que “l’idée est de travailler dans le cadre de l’appel lancé par la Commission aux pays de l’UE pour qu’ils réinstallent 30 000 personnes au total d’ici 2022 - toutes catégories de réfugiés confondues”, précise l’antenne bruxelloise du média américain. A ce sujet, “la solution sera forcément européenne et multilatérale”, a martelé Emmanuel Macron au Journal du Dimanche.

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