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Vente de sous-marins à l'Australie : l'Union européenne apporte son soutien à la France

Lundi 20 septembre, les gouvernements et principaux responsables de l’UE ont défendu la France après l’imbroglio autour de la vente de sous-marins américains à l’Australie. 

A New York, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a reçu le soutien de ses homologues européen
A New York, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a reçu le soutien de ses homologues européens - Crédits : Conseil de l’UE

La France ne décolère pas”, entame Courrier International. C’est en substance le message qu’a fait passer le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian lundi 20 septembre, après une réunion avec ses homologues, en marge de l’assemblée générale des Nations Unies à New York.

La réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne (UE) était d’abord prévue pour tirer les leçons du fiasco afghan”, précise Le Monde. Changement de programme, “après l’annonce, le 15 septembre par le président Biden, de l’accord de défense Aukus avec le Royaume-Uni et l’Australie” [Courrier International]. Un accord qui avait entraîné l’annulation par Canberra d’un contrat portant sur l’achat de 12 sous-marins français, remplacés par des bâtiments américains.

Devant les journalistes, le diplomate français a évoqué une “crise de confiance” avec les Etats-Unis, qui “a heurté la France et poussé l’Europe à s’interroger sur son allié de longue date outre-Atlantique”, rapporte Associated Press. Alors que le président Emmanuel Macron reste “silencieux” sur cette affaire, le Quai d’Orsay “a rapidement pris des mesures de rétorsion en rappelant ses ambassadeurs” à Washington et Canberra, rappelle Politico.

La “solidarité” de l’UE à l’égard de la France

Pour Roger Cohen du New York Times, “Emmanuel Macron a fait un gros pari”. Mais “a-t-il suffisamment de cartes en main ?”, s’interroge le correspondant du journal américain en France. “La France ne traversera pas la crise des sous-marins toute seule”, précisent toutefois Les Echos. Après avoir eux aussi marqué un silence de plusieurs jours, les responsables européens ont apporté hier leur soutien à Paris.

Lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du lundi 20 septembre, les homologues européens de Jean-Yves Le Drian “ont exprimé clairement leur solidarité à l’égard de la France” : “un soutien clair”, a déclaré le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell [Le Point]. Interrogée par la chaine de télévision américaine CNN lundi, la présidente de la Commission Ursula von der Leyen a quant à elle jugé “inacceptable” la manière dont Paris avait été “traité”. “Nous voulons savoir ce qui s’est passé et pourquoi”, a-t-elle ajouté.

Des propos qui faisaient écho à ceux du président du Conseil européen, Charles Michel”, ajoutent Les Echos. “Les principes élémentaires d’une alliance sont la loyauté et la transparence […]. Ce n’est pas le choix qu’a fait notre allié”, a notamment déclaré l’ancien Premier ministre belge [Les Echos].

Des conséquences à long terme pour les Européens ?

Si le sujet était jusqu’ici resté “strictement hexagonal”, il est “en train de devenir une affaire européenne, une véritable révolution copernicienne dans le domaine de la sécurité”, explique Jean Quatremer pour Libération. Après l’épisode de la semaine dernière, “la question de “’l’autonomie stratégique’ […] se retrouve tout en haut de l’agenda européen, et ce, à la veille de la présidence française de l’Union du premier semestre 2022″. Pour le correspondant de Libération à Bruxelles, “Joe Biden a [ainsi] donné sans le vouloir un sacré coup de fouet à l’intégration politique du Vieux Continent, notamment en matière de défense”.

L’affaire pourrait également remettre en cause le rôle de la France au sein de l’Alliance atlantique. “L’une des idées qui circulent en France est que le pays se retire de la structure de commandement militaire intégrée de l’Otan, qu’il a rejointe en 2009 après 43 ans d’absence”, écrit ainsi The New York Times. Si Emmanuel Macron avait jugé l’organisation “en état de mort cérébrale”, une telle décision constituerait “une mesure radicale”, pour le moment écartée par le ministère des Affaires étrangères français [The New York Times].

Enfin, “l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et l’Australie pourrait être la première victime collatérale” de cet épisode, notent Les Echos. S’il revient à la Commission de “diriger et de finaliser les négociations engagées en 2017″ avec Canberra, la France aura “politiquement […] tout le loisir de bloquer un accord”. “Elle l’a souvent fait ces dernières années”, précise d’ailleurs le journal économique.

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