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Ukraine, sanctions, énergie… les enjeux du sommet de l’Otan, du G7 et du Conseil européen des 24 et 25 mars

Jeudi et vendredi, Bruxelles accueillera trois sommets d'importance centrés sur la guerre en Ukraine. Le président américain Joe Biden sera aux côtés des chefs d'Etat et de gouvernement des Vingt-Sept lors du Conseil européen.

Les équipes du Conseil européen se préparent à Bruxelles
Les équipes du Conseil européen se préparent à Bruxelles - Crédits : Union européenne

L’actualité diplomatique s’annonce chargée en cette fin de semaine. Un sommet de l’Otan puis du G7 se tiendront dans la capitale belge ce jeudi 24 mars, suivis d’un Conseil européen jeudi et vendredi.

Les Vingt-Sept et leurs homologues doivent notamment se pencher sur l’accueil des réfugiés et le soutien humanitaire à l’Ukraine. 10 millions de personnes ont été déplacées par le conflit, selon les Nations unies, et des zones entières ont été ravagées comme Marioupol, une ville à l’est de la Mer d’Azov.

Sommet extraordinaire de l’Otan

Jeudi, les membres de l’Alliance atlantique devraient consacrer l’essentiel de leurs travaux aux conséquences de la guerre menée par Moscou. Les alliés vont discuter de la coordination de leur soutien économique, humanitaire et en termes d’équipements militaires au gouvernement de Volodymyr Zelensky, en restant hors d’une guerre ouverte contre la Russie. Début mars, le Congrès des Etats-Unis a voté une enveloppe conséquente de près de 14 milliards de dollars dans le cadre de ce conflit, tandis que l’armée ukrainienne a reçu de nombreuses armes, dont des missiles, des Occidentaux.

Depuis le début de l’invasion russe le 24 février, l’Otan a également déployé des moyens supplémentaires dans les pays proches de la Russie et de l’Ukraine. Selon Le Monde, environ 22 000 personnes, 200 navires et 130 avions seraient présents dans ce cadre à l’est du Vieux Continent. La France a pour sa part renforcé ses effectifs militaires en Estonie, en Pologne et en Roumanie.

Les Européens et leurs alliés doivent par ailleurs discuter de la position de la Chine dans le conflit, alors que Pékin assure ne pas fournir de matériel en soutien à l’invasion menée par Moscou. Les Occidentaux font aussi pression pour que le gouvernement indien condamne l’agression russe. L’Inde et la Chine s’étaient abstenues lors du vote de l’Assemblée générale des Nations unies sur un texte exigeant que la Russie retire immédiatement ses forces militaires du territoire ukrainien.

La boussole indique l’Est

Hasard du calendrier, les Vingt-Sept devaient de longue date consacrer le Conseil européen de mars à l’adoption de leur “boussole stratégique”, un document définissant les grandes lignes de la politique de défense et de sécurité de l’UE pour les dix prochaines années. Dans le contexte de la guerre en Ukraine, cette clarification paraît d’autant plus justifiée. Lancé sous la présidence allemande du Conseil de l’UE en 2020, le texte a finalement été validé lundi 21 mars par les ministres européens des Affaires étrangères et de la Défense.

Cette feuille de route repose sur quatre piliers : “agir, investir, travailler en partenariat et assurer la sécurité”. L’UE compte ainsi mettre sur pied une capacité de déploiement rapide forte de 5 000 femmes et hommes. Les premiers exercices militaires de ces soldats européens devraient commencer à partir de 2023. Le texte prévoit des investissements supplémentaires dans le domaine de la défense et identifie une série de menaces pour le Vieux Continent : le terrorisme, les cyberattaques mais aussi la désinformation.

Entre la France qui promeut une “autonomie stratégique” du Vieux Continent et certains Etats de l’est de l’UE comme les pays baltes, qui tiennent particulièrement au parapluie nord-américain de l’Otan, la version finale du document relève du jeu d’équilibriste. L’organisation transatlantique y est désignée comme le premier partenaire de l’UE, citée avant les Nations unies et l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

Cette boussole dresse aussi un tableau des enjeux propres à chaque région : la Russie y est régulièrement pointée du doigt, accusée de “violer de manière flagrante le droit international et les principes de la Charte des Nations unies”, ainsi que de “saper la sécurité et la stabilité européennes” par la guerre. Quant à la Chine, elle est à la fois “un partenaire de coopération, un concurrent économique et un rival systémique” de l’Union européenne.

Sanctions contre la Russie et prix de l’énergie

Si l’adoption de la boussole stratégique s’apparente désormais à une simple formalité pour les Vingt-Sept, l’unanimité est en revanche loin d’être acquise sur le front de l’énergie. Plusieurs Etats souhaitent qu’un éventuel prochain paquet de sanctions contre la Russie s’attaque spécifiquement à ce secteur. Les pays baltes poussent ainsi pour un embargo sur les énergies fossiles provenant du pays, gaz et pétrole en tête. Tandis que le chef du gouvernement polonais, Mateusz Morawiecki, suggère de lui imposer un large blocus commercial.

D’autres pays, très dépendants des hydrocarbures venant du grand voisin de l’Europe, y sont réticents. L’Allemagne souhaite notamment évaluer les conséquences des mesures de rétorsion déjà prises dans un premier temps.

Au sommet informel de Versailles les 10 et 11 mars derniers, un consensus s’était dégagé pour “défaire progressivement [l’UE] de [sa] dépendance aux importations de gaz, de pétrole et de charbon russes”, et ce “dès que possible”. Mais dans l’immédiat, les entreprises et les ménages européens font face à une flambée des prix de l’énergie, qui avait débuté dès 2021 en raison de la reprise économique post-Covid.

Les prix de l’énergie seront l’un des sujets clés des discussions entre les Vingt-Sept. Les Premiers ministres de l’Italie, de l’Espagne, du Portugal et de la Grèce ont présenté des propositions communes pour limiter cette hausse. Le ministre français des Finances Bruno Le Maire a, de son côté, déclaré avoir proposé aux autres Etats membres d’instaurer un plafonnement européen des prix du gaz.

Selon les informations de différentes agences de presse, les chefs d’Etat et de gouvernement européens vont déjà s’engager en fin de semaine à acheter en commun du gaz naturel, du gaz naturel liquéfié (GNL) et de l’hydrogène en prévision du prochain hiver. La Commission européenne a pour sa part proposé une nouvelle législation aux Etats membres en ce sens. Elle souhaiterait également que les Etats s’engagent à remplir leurs réserves de gaz à 80 % de leurs capacités d’ici l’hiver prochain et 90 % avant le mois d’octobre de chaque année suivante.

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