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Ukraine : les Occidentaux en quête d’unité face à la montée des tensions

Les ministres européens des Affaires étrangères sont réunis ce lundi 24 janvier à Bruxelles pour tenter d’apporter une réponse commune à la crise ukrainienne. Un échange auquel participe leur homologue américain Antony Blinken, alors que l’hypothèse d’une intervention russe en Ukraine paraît de plus en plus tangible.

Les Européens et les Américains tentent depuis plusieurs semaine de coordonner leurs actions diplomatiques, comme lors de cette réunion le 20 janvier dernier à Berlin, afin de prévenir une invasion de la Russie par l'Ukraine
Les Européens et les Américains tentent depuis plusieurs semaines de coordonner leurs actions diplomatiques, comme lors de cette réunion le 20 janvier dernier à Berlin - Crédits : Twitter @SecBlinken

Les ministres européens des Affaires étrangères se réunissent lundi 24 janvier à Bruxelles au sujet des tensions russo-ukrainiennes”, fait savoir RFI. A leurs côtés, “le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken va discuter en visioconférence avec les membres de l’UE à Bruxelles des ‘pourparlers francs’ qu’il a tenus vendredi avec son homologue russe Sergueï Lavrov”, indique Le Temps.

Inquiétudes

Alors que la Russie a massé des dizaines de milliers de soldats à la frontière ukrainienne” et que les négociations internationales patinent depuis plusieurs semaines [L’OBS], le ton est à nouveau monté d’un cran vendredi à Genève, lors d’une rencontre bilatérale entre Washington et Moscou. Tout en réitérant sa demande de non-élargissement de l’Otan à l’Ukraine, le ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov a également exigé “un retrait des forces et des armements de l’Alliance atlantique des pays d’Europe de l’Est ayant rejoint l’Otan après 1997, notamment de Roumanie et Bulgarie”, fait savoir Le Temps. Des demandes “inacceptables pour les Occidentaux”, indique le quotidien.

Le lendemain, la cheffe de la diplomatie britannique Liz Truss a accusé la Russie de chercher à “installer un dirigeant prorusse à Kiev” et d’“envisager” d’“occuper” l’Ukraine, relate L’OBS. Pour certains analystes occidentaux cités par Politico, “le plan de Moscou pourrait permettre au Kremlin d’envoyer des troupes en Ukraine et de prétendre qu’il aide un nouveau gouvernement plutôt que d’envahir un pays libre”.

Or selon la diplomatie britannique, les services de renseignement russes entretiennent “des liens avec de nombreux anciens hommes politiques ukrainiens” [L’OBS]. Le ministère des Affaires étrangères russe a balayé ces accusations, appelant le Foreign Office britannique à “cesser de propager des absurdités”, selon l’hebdomadaire.

De leur côté, les Etats-Unis affichent leur inquiétude et prennent de nouvelles mesures : “le département d’Etat américain a déclaré dimanche soir qu’il avait ordonné aux membres des familles du personnel américain en Ukraine de quitter le pays, et autorisé le personnel non essentiel à partir également”, indique Politico. La situation en Ukraine “est imprévisible et peut se détériorer à tout moment”, explique le ministère américain des Affaires étrangères dans un communiqué cité par Les Echos.

Front commun

La participation du secrétaire d’Etat américain au Conseil de l’Union européenne doit ainsi l’aider à “coucher des idées sur le papier” en réponse aux demandes de Moscou [Le Temps]. “Les sanctions à l’encontre de la Russie sont au centre des discussions”, explique RFI. En cas d’attaque de l’Ukraine par cette dernière, “nous sommes prêts à répondre par des sanctions économiques et financières massives”, avait affirmé jeudi la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen [Les Echos]. Lors d’une courte allocution ce matin, la dirigeante européenne a par ailleurs annoncé “qu’elle proposait de renforcer son soutien financier à [Kiev] à hauteur d’1,2 milliard d’euros”, sous la forme d’une aide d’urgence, rapporte Euronews.

Pour les Occidentaux, il s’agit surtout aujourd’hui de “démontrer leur unité face aux menaces russes et de réaffirmer qu’ils n’hésiteront pas à prendre des sanctions très sévères à l’égard de Moscou, et ce, très rapidement, si jamais Vladimir Poutine choisissait d’agresser une nouvelle fois l’ancienne république soviétique”, analysent Les Echos.

“Ils veulent notamment corriger la fâcheuse impression qu’ont laissée plusieurs couacs récents”, poursuit le quotidien : des propos controversés du chef de la Marine allemande, qui a démissionné samedi, ainsi qu’une déclaration de Joe Biden sur de possibles divisions occidentales en cas d’ “incursion mineure” de Moscou en Ukraine, des propos peu appréciés par le président ukrainien [Les Echos]. “En décembre, les dirigeants de l’UE [avaient] décidé d’imposer des ‘conséquences massives’ et des ‘coûts sévères’ à la Russie si elle [attaquait] à nouveau l’Ukraine, mais ils n’ont pas précisé ce qui constituerait une attaque déclenchant les sanctions”, note justement Politico.

Enfin, les livraisons d’armement constituent un autre point de friction. A la suite des Etats-Unis et du Royaume-Uni, “l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie, les trois Etats baltes anciennement sous domination soviétique, ont annoncé vendredi la livraison de missiles antichars et antiaériens à l’Ukraine pour lui permettre de se défendre ‘en cas d’agression russe’ ”, notent Les Echos. Mais l’Allemagne aurait pour sa part “refusé que l’Estonie puisse acheminer en Ukraine des équipements militaires d’origine allemande”, selon des informations du Wall Street journal reprises par le média français. “Berlin estime que ce type de soutien ne ferait qu’aggraver les tensions”, relève Le Figaro, qui souligne “l’irritation […] vive” de Kiev.

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