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Ukraine : les Européens veulent une désescalade

Les Vingt-Sept continuent de chercher leur voie face à la Russie, alors que plusieurs réunions se sont tenues lundi 24 janvier, associant dirigeants européens et américains. Emmanuel Macron doit s’entretenir prochainement avec Vladimir Poutine.

"Nous devons rester tranquilles et faire ce qu’il faut faire mais en évitant une crise de nerfs", avait temporisé le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell hier
“Nous devons rester tranquilles et faire ce qu’il faut faire mais en évitant une crise de nerfs”, avait temporisé le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell hier - Crédits : Commission européenne

Espérant le meilleur, préparés au pire. Les ministres européens des Affaires étrangères ont convenu hier que la Russie devra faire face à des ‘conséquences massives’ si elle attaque à nouveau l’Ukraine”, résume La Vanguardia. Une punition qui devrait aller “beaucoup plus loin qu’en 2014″, lorsque les troupes russes avaient envahi la Crimée, précise le journal catalan.

Lundi 24 janvier au soir, le président américain “Joe Biden a assisté à une visioconférence avec plusieurs dirigeants européens tout en laissant le Pentagone indiquer publiquement que 8 500 soldats sous pavillon Otan étaient mis en ‘état d’alerte’ ” [Le Temps].

Washington et Londres très alarmistes

A l’issue de cette réunion à distance, les Occidentaux “ont appelé ensemble la Russie à prendre des mesures visibles de désescalade dans le conflit ukrainien”, fait savoir la Süddeutsche Zeitung. Le président français Emmanuel Macron, les chefs de gouvernement italien, britannique et allemand, ainsi que les présidents de la Commission européenne et du Conseil européen ont notamment pris part à ces échanges.

Tout en exprimant à Kiev leur “soutien inconditionnel à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de l’Ukraine”, “les participants étaient d’accord sur le fait que les questions de sécurité et de stabilité en Europe devaient être résolues par le biais de négociations”, rapporte le journal allemand.

Les messages et les postures dramatiques [s’étaient] brutalement multipliés ce lundi, sur l’Ukraine, aux frontières septentrionale et orientale de laquelle sont massés depuis novembre 120 000 soldats russes lourdement équipés”, rapportent Les Echos. “Le message sans doute le plus sombre est venu du Premier ministre britannique [Boris Johnson], qui a averti Moscou qu’une invasion de son grand voisin occidental et ex-république soviétique l’engagerait dans un conflit ‘douloureux, violent et sanglant’ “, poursuit le quotidien.

Depuis début novembre 2021, les Etats-Unis et le Royaume-Uni, en duo, n’ont cessé d’alerter les alliés sur la gravité de la menace militaire russe, son imminence, et la nécessité d’y répondre collectivement” [Le Monde]. “Au fil des semaines, cette lecture alarmiste s’est imposée, les Européens ne voulant pas exprimer leur scepticisme à découvert”, estime le correspondant du média à Washington.

Au-delà des 8 500 soldats mis en “état d’alerte”, Joe Biden a également envoyé “des avions et des navires en mer Baltique et en mer Noire”, selon le journal italien La Stampa. “Le Kremlin a [pour sa part] accusé l’Otan et les Etats-Unis d”exacerber’ les tensions et a dénoncé ‘l’hystérie’ des pays occidentaux sur le sujet” [L’Humanité].

Un “chemin de désescalade” ?

Au son des canons, l’Union européenne réplique par… des budgets”, rapporte L’Express. La présidente de la Commission européenne “a annoncé lundi qu’elle proposait de renforcer son soutien financier à l’Ukraine à hauteur d’1,2 milliard d’euros” [France 24]. “Ce train de mesures aidera l’Ukraine à faire face dès maintenant à ses besoins de financement dus au conflit”, a déclaré Ursula von der Leyen. Depuis le début de la guerre en 2014, “l’UE et ses institutions financières avaient déjà mobilisé ’17 milliards d’euros en subventions et prêts’ “, selon la dirigeante, citée par le média international.

De son côté, “Emmanuel Macron doit s’entretenir directement avec Vladimir Poutine dans les jours qui viennent, lorsqu’il aura ‘calé’ la position franco-allemande après sa visite à Berlin mardi soir” [L’Express]. “La France, l’Allemagne, la Russie et l’Ukraine tiendront [par ailleurs] une réunion mercredi à Paris […] au niveau des conseillers diplomatiques”, complète Libération. L’objectif de la France ? Proposer au Kremlin “un chemin de désescalade” [Libération].

Une reprise des pourparlers qui pourrait être facilitée par le retrait de l’ordre du jour du Parlement ukrainien d’un “projet de loi qui violait plusieurs points des accords de Minsk”, signés en 2014 afin de cesser les hostilités à l’est du pays [Le Point]. Ce projet de loi “qualifiait la fédération de Russie d”Etat agresseur’, remettait en cause l’amnistie des combattants russophiles du Donbass et leur interdisait la participation aux élections locales”, détaille l’hebdomadaire.

Le gaz, dossier sensible

En coulisses, il existe autant d’analyses différentes du niveau de menace que de pays membres de l’UE : les Français s’inquiètent sérieusement, les Polonais se préparent à la guerre, les Néerlandais restent sur la réserve… Et les Allemands ne savent plus où donner de la tête”, liste L’Express. Avec “une troublante dépendance au gaz russe, la coalition d’Olaf Scholz semble surtout pressée de ne rien décider”, poursuit le magazine.

Citant plusieurs reproches que les Etats-Unis font à Berlin, Le Monde en relève un en particulier : “son approche du dossier Nord Stream 2″. Après avoir soutenu activement ce gazoduc reliant l’Allemagne et la Russie, le dirigeant social-démocrate a finalement concédé que la non-mise en route de Nord Stream 2 soit l’une des sanctions possibles à l’égard de Moscou.

Force est de constater que Vladimir Poutine a déjà atteint [l’un de ses] objectifs : semer la zizanie et le doute chez les Occidentaux”, affirme Libération dans un éditorial.

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