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Ukraine : les Etats-Unis et l’Otan rejettent l’une des principales exigences de la Russie

Dans leurs réponses écrites adressées ce mercredi 26 janvier à Moscou, Washington et l'Alliance atlantique refusent fermement de mettre fin aux élargissements de l'organisation, une demande prioritaire pour la Russie.

Le Secrétaire d'Etat américain, Antony Blinken, lors d'une conférence de presse sur les tensions en Ukraine avec la Russie, le 26 janvier 2022, à Washington. Crédits : U.S. Department of State from United States / wikimedia
Le Secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, lors d’une conférence de presse sur les tensions en Ukraine avec la Russie, le 26 janvier 2022, à Washington - Crédits : U.S. Department of State from United States / wikimedia

Le ping-pong diplomatique se poursuit entre l’Est et l’Ouest. Depuis hier, “la balle est dans le camp de Poutine”, relève Politico. Le 26 janvier, les Etats-Unis et l’Otan ont formulé tour à tour leurs réponses “écrites” aux demandes émises par la Russie en début de semaine. Moscou exige “un retrait des forces de l’Otan d’Europe de l’Est et l’assurance ferme que l’Ukraine ne rejoindra jamais l’Otan”, rappelle le journaliste de Politico David Herszenhorn dans un autre article.

Volonté d’apaisement

Si le contenu exact de ces réponses n’a pas été rendu public, l’Otan indique avoir refusé de fermer définitivement la porte à l’Ukraine et de retirer ses forces basées dans le pays, ainsi qu’en Géorgie et en Moldavie. Son secrétaire général, Jens Stoltenberg, a rappelé que les questions d’adhésion relevaient uniquement de la responsabilité des Alliés et des pays candidats. Il a par la suite formulé “trois propositions pour une désescalade”, rapporte Nicolas Barotte pour Le Figaro : reprendre le “dialogue entre l’Otan et la Russie”, notamment au moyen d’une “hot line” “civile”, “entendre les préoccupations de la Russie” et relancer les discussions sur le contrôle des armements.

Aux Etats-Unis, c’est “l’ambassadeur américain John Sullivan [qui] a remis au vice-ministre russe des Affaires étrangères Alexandre Grouchko la réponse écrite de l’administration américaine”, relate Ouest-France. “Sans surprise les exigences russes ont été jugées irrecevables” par Washington, qui a également formulé ses contre-propositions, poursuit le quotidien. Celles-ci concernent “le contrôle des armes, la stabilité et la transparence”, a déclaré le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken cité par CNN. Ce dernier a défendu “la défense de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Ukraine”, poursuit la chaîne d’information américaine. Et “espère” désormais “discuter avec son homologue russe, Sergeï Lavrov, dans les prochains jours, lorsque les autorités russes seront ‘prêtes’ ”, ajoute le New York Times.

Dans le même temps, une réunion s’est tenue à Paris “entre des conseillers diplomatiques des présidents russe, ukrainien, français et du chancelier allemand”, précise Le Parisien. Une entrevue qui “a permis de se mettre d’accord sur la nécessité de conserver le cessez-le-feu”. Une nouvelle rencontre est prévue à Berlin dans deux semaines.

“Le début d’une conversation sérieuse”

Côté russe, le chef de la diplomatie Sergueï Lavrov cité par Le Monde a regretté ce jeudi que Washington et l’Otan n’aient pas donné “de réponse positive” à la “principale” demande de Moscou. “Nous ne pouvons pas accepter une telle position”, a-t-il ajouté, notant toutefois que la Russie étudiait les contre-propositions et que la “réaction” des Occidentaux permettait “d’espérer le début d’une conversation sérieuse sur des questions secondaires”.

De son côté, l’ambassadeur russe auprès de l’Union européenne, Vladimir Chizhov, a accordé un entretien à la chaîne Euronews. Le diplomate se veut rassurant et “explique que Moscou n’a aucune volonté d’agression contre son voisin.” Même si, selon lui, “c’est l’Otan qui est à blâmer plutôt que la Russie”. Vladimir Chizhov prévient également que “les consommateurs européens devraient être les premiers à s’inquiéter” en cas de sanctions visant le gazoduc Nord Stream 2.

Dépendance européenne

“Le département d’État américain a déclaré que le projet de gazoduc Nord Stream 2 entre la Russie et l’Allemagne ne serait pas mis en œuvre si la Russie envahissait l’Ukraine”, note en effet The Guardian, qui précise que Berlin “a semblé approuver [ce] durcissement” de la position américaine”. L’administration Biden “travaille avec l’Allemagne pour s’assurer que le pays pourra résister à cette perte”, poursuit le média britannique, et envisagerait notamment d’augmenter les “importations de [gaz] des Etats-Unis ou du Qatar” vers l’Europe.

Pendant ce temps, les tensions restent fortes à la frontière russo-ukrainienne. Alors que la BBC estime que “100 000 soldats russes ont été déployés le long de la frontière ukrainienne”, France info rapportait avant-hier que des manœuvres militaires russes avaient cours au sud de l’Ukraine. “A tel point que lundi 24 janvier, Washington a placé des milliers de soldats de l’Otan en alerte.” Les membres de l’Otan envoient également des millions de dollars d’aide militaire vers le pays, tandis que “des experts français doivent arriver en Roumanie pour étudier la possibilité d’y déployer des troupes dans le cadre de l’Otan”, a annoncé la ministre de la Défense Florence Parly [20 minutes].

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