Toute L'Europe – Comprendre l'Europe

Ukraine : l’aide de 50 milliards d’euros débloquée au Conseil européen

Ce jeudi 1er février, un Conseil européen extraordinaire a réuni les vingt-sept pays de l’Union européenne. Une aide de 50 milliards d’euros pour soutenir l’Ukraine, initialement bloquée par la Hongrie, y a été décidée.

Avant le sommet, une rencontre a été organisée entre le Premier ministre hongrois et plusieurs dirigeants européens, afin qu'il lève son veto sur le plan d'aide - Crédits : Union européenne
Avant le sommet, une rencontre a été organisée entre le Premier ministre hongrois et plusieurs dirigeants européens, afin qu’il lève son veto sur le plan d’aide - Crédits : Conseil européen

“Aujourd’hui, l’UE a pris une décision attendue de longue date”, s’est félicité ce jeudi 1er février le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, rapporte France 24. Son enthousiasme était partagé par la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, qui s’est réjouie d’un “bon jour pour l’Europe”, fait savoir La Tribune.

Ce jeudi s’est tenu un “sommet extraordinaire” entre les pays de l’Union européenne. Celui-ci visait à s’accorder sur “une nouvelle aide conséquente à l’Ukraine, en guerre avec la Russie depuis maintenant presque deux ans”, résume Libération. Le rendez-vous était attendu, et l’on “craignait que le Premier ministre hongrois bloque à nouveau le paquet, comme il l’a fait lors d’un sommet européen en décembre”, explique la BBC.

Ces craintes ne se sont cependant pas réalisées : “les 27 dirigeants se sont mis d’accord sur un programme de soutien supplémentaire de 50 milliards d’euros pour l’Ukraine dans le cadre du budget de l’UE” [Reuters].

Aide vitale pour l’Ukraine

Cette aide, “qui s’étalera sur quatre ans, soutiendra la partie non militaire du budget ukrainien”, indique le New York Times. Le quotidien en donne quelques exemples : “l’argent servira à couvrir les pensions, les paiements aux personnes déplacées par la guerre et les salaires des enseignants et des médecins”.

En détail, elle sera composée de “33 milliards de prêts et 17 milliards de dons” et sera “incluse dans une rallonge au budget de l’UE jusqu’en 2027″, précise France 24. Ce soutien n’est cependant pas immédiat : l’Ukraine recevra “la première tranche dès mars, une fois que le Parlement européen aura approuvé l’accord” [AP News]. Or, “l’Ukraine a un besoin urgent [de cet argent] qui aurait dû être reçu au début de l’année”, alerte Hlib Vychlinski, directeur ukrainien du Centre de stratégie économique interrogé par le Tagesschau.

Du fait de la guerre, “le déficit budgétaire de l’Ukraine s’élève cette année à 37 milliards de dollars – une somme qui ne peut être financée par la seule UE”, poursuit par ailleurs le média allemand. Or “en raison de conflits de politique intérieure aux États-Unis entre démocrates et républicains, toute aide supplémentaire en matière d’armement à Kiev est actuellement suspendue”, rappelle le Handelsblatt. A cause de ce blocage, l’Ukraine est même “confrontée à des pénuries. Les rapports indiquent qu’elle est incapable de tirer plus de 2 000 obus d’artillerie par jour” [Business Insider].

Position surprise

Ce jeudi, les négociations entre Européens ont été rapides : “l’accord a été annoncé moins de deux heures après le début du sommet, surprenant de nombreux observateurs qui s’attendaient à des négociations beaucoup plus longues”, souligne la BBC.

C’est la position de la Hongrie qui “a été une surprise pour beaucoup”, poursuit le New York Times, : “le Premier ministre hongrois Viktor Orbán, le plus proche allié de Vladimir Poutine, avait bloqué le financement pendant des semaines”. Une position qualifiée par certains de “chantage à l’UE pour obtenir le déblocage de fonds européens destinés à son pays mais gelés par la Commission européenne en raison des manquements à l’état de droit reprochés à Budapest” [France 24].

Pour éviter un nouvel échec lors de ce sommet, les autres dirigeants européens ont multiplié les rencontres. A la veille du sommet, “le chancelier allemand Olaf Scholz et le Premier ministre néerlandais Mark Rutte ont rencontré [Viktor] Orbán” afin de “tester des idées permettant de surmonter son veto” [AP News]. Le lendemain matin, une autre entrevue a été organisée avec le Premier ministre hongrois, le président français “Emmanuel Macron, la cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni, ainsi qu’Ursula von der Leyen et Charles Michel”, indique Le Monde.

“Pas de cadeau”

Politico remonte toutefois plus loin, détaillant les “mois d’offensive de charme de la part de […] Giorgia Meloni et quelques bons dîners de la part des Français” pour convaincre Viktor Orbán. Emmanuel Macron a cependant assuré jeudi que la Hongrie n’avait “pas eu de cadeau” en contrepartie de la levée de son veto. Pour Libération en effet, “on ne voit pas quelle est la marge de manœuvre du dirigeant populiste” : celui-ci était “monté tellement haut dans le cocotier […] qu’il [a eu] des difficultés à en redescendre sans se faire mal”.

Après le sommet, le principal intéressé a tenu à afficher sa satisfaction, affirmant avoir reçu des “garanties” que les fonds destinés à la Hongrie et actuellement gelés par l’UE n’iraient pas à l’Ukraine, rapporte Le Devoir. Le compromis prévoit aussi “que soit rédigé chaque année un rapport de la Commission européenne sur l’utilisation des fonds par l’Ukraine, et la possibilité pour les dirigeants dans deux ans, si besoin et à l’unanimité, de demander un réexamen de l’aide” [France 24].

Les autres sujets du jour

Agriculture

Economie

Elections européennes

Défense

Société

Vie politique des Etats membres

Votre avis compte : avez-vous trouvé ce que vous cherchiez dans cet article ?

À la une sur Touteleurope.eu

Flèche

Participez au débat et laissez un commentaire

Commentaires sur Ukraine : l'aide de 50 milliards d’euros débloquée au Conseil européen

Lire la charte de modération

Commenter l’article

Votre commentaire est vide

Votre nom est invalide