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Royaume-Uni : Boris Johnson sort vainqueur mais affaibli d’un vote de défiance

Avec une faible majorité de 211 votes contre 148, le Premier ministre britannique Boris Johnson conserve de justesse la confiance des députés conservateurs après le scandale du “partygate”.

Crédits : Number 10 / Flickr CC BY-NC-ND 2.0
Boris Johnson conserve pour le moment sa place au Downing Street - Crédits : Number 10 / Flickr CC BY-NC-ND 2.0

Sous pression, le Premier ministre britannique a survécu lundi soir à un vote de défiance de la part des députés tories”, rapporte Libération. “Sur les 359 députés conservateurs ayant voté, 211 se sont prononcés en faveur” de Boris Johnson, ajoute Europe 1.

Ce scrutin, organisé au sein du seul parti Tory et non de l’ensemble des députés, survient deux semaines après la publication d’un rapport d’enquête sur le “partygate”. Un “scandale lié aux soirées très arrosées qui se sont tenues dans la résidence du Premier ministre lors du second confinement, au mépris des règles sanitaires qu’il avait lui-même édictées”, résume La Presse.

Crever l’abcès du ‘partygate’ 

Je pense que c’est un résultat convaincant. Décisif. Il signifie qu’en tant que gouvernement nous pouvons passer à autre chose”, a déclaré Boris Johnson à l’issue de la publication des résultats [France bleu]. Un discours en phase avec “l’air serein” affiché toute la journée par son entourage, qui assurait “que ce vote serait un bon moyen de crever l’abcès du ‘partygate’ ” [Libération].

Or si le chef du gouvernement tablait, “en début de journée, sur une rébellion contenue sous la barre des 100 votes de défiance” [Le Monde], “les rebelles” étaient finalement 148. Le soir, ce sont ainsi “41 % de ses propres députés [qui] ont cherché en vain à l’évincer du pouvoir après l’indignation suscitée par les multiples fêtes organisées par le personnel du gouvernement pendant les confinements dus au Covid”, note Politico.

Pour “se débarrasser d’un chef devenu embarrassant et dont la popularité s’effondre”, il n’a manqué “que 32 voix, c’est peu”, ajoute Libération. D’autant que “si vous prenez les députés qui n’ont pas de poste au gouvernement, et dont la carrière ne dépend pas directement de Boris Johnson, ils ont été 75 % à voter contre leur Premier ministre”, analyse l’ancien ministre Rory Stewart dans L’Express. Et de poursuivre : “c’est la fin pour [lui]. La seule question est de savoir combien de temps durera l’agonie”.

Guerre de succession

Car avec cette “victoire à la Pyrrhus” [Libération], le Premier ministre a “surmonté un risque de mort politique subite, mais il est sérieusement affaibli et peut-être même fatalement atteint”, abonde Le Monde. Il “a peut-être gardé son poste, mais il a perdu le pouvoir. Et les postulants sont nombreux”, renchérit L’Express.

“Autour de Boris Johnson, au moins une demi-douzaine de ses ministres convoite sa place, notamment sa ministre des Affaires étrangères Liz Truss, son ministre de l’Economie Rishi Sunak, son ministre de la Justice Dominic Raab ou son ministre de la Défense Ben Wallace”, ou encore “des opposants à Johnson” tels que l’ancien ministre de la Santé Jeremy Hunt ou l’ancien officier de l’Armée de terre Tom Tugendhat, poursuit l’hebdomadaire. Ainsi, “la guerre de succession a déjà commencé” [L’Express].

D’autant que la “formation conservatrice [est] réputée pour ses régicides” [Le Monde]. “Theresa May avait survécu à une motion de défiance avec une marge plus large que son successeur, avant de démissionner quelques mois plus tard, trop fragilisée pour diriger”, rappelle ainsi Europe 1. Même constat pour Margaret Thatcher, dont la “marge de victoire” était supérieure en 1990 mais qui a elle aussi été “contrainte de démissionner” peu de temps après, note Politico.

Du côté de l’opposition toutefois, le “scénario du pourrissement politique côté tory est probablement celui qui arrange le plus le Labour, bien plus que celui d’un départ prématuré de Boris Johnson”, note Le Monde. “C’est le mieux à même de lui assurer la victoire lors des prochaines élections générales (probablement en 2024)”, conclut le quotidien.

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