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[Revue de presse] Italie : Mario Draghi chargé de former un nouveau gouvernement

Après la démission de Giuseppe Conte à la tête de l’exécutif italien, le président Sergio Mattarella a chargé l’ancien chef de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, de former un nouveau gouvernement. Un choix qui suscite de nombreux espoirs pour venir à bout des crises politique et économique que traverse le pays.

L'ancien président de la Banque centrale européenne Mario Draghi a été désigné par le président de la République italienne
L’ancien président de la Banque centrale européenne Mario Draghi a été désigné par le président de la République italienne - Crédits : Conseil européen

Discret, sérieux, déterminé, Mario Draghi a été appelé […] au chevet de l’Italie, son pays natal englué dans une crise politique et économique” , relate France 24. Mercredi 3 février, “le chef de l’Etat italien, Sergio Mattarella, a chargé l’ancien président de la Banque centrale européenne (BCE) de former un gouvernement, ce que ce dernier a accepté ‘sous réserve’ de trouver une majorité parlementaire” , rapporte Le Monde.

Après la défection de trois ministres mi-janvier, “les responsables de l’actuelle majorité ont disposé de trois semaines” pour former un nouveau gouvernement, rappelle le quotidien. Mais au terme de l’échéance, le chef de l’Etat italien a “dû prendre acte de l’échec des consultations pour la reconduction de la coalition sortante menée par Giuseppe Conte” , explique Le Point.

Force est de constater qu’après un vote de confiance où il est apparu que le gouvernement ne disposait plus que d’une majorité relative au Sénat (19 janvier), une démission tactique (26 janvier) et de peu reluisantes tractations en coulisses […], les chefs de l’actuelle majorité n’étaient pas beaucoup plus avancés” , souligne Le Monde.

Quelle coalition ?

Mario Draghi hérite désormais d’une tâche difficile : coaliser un nombre suffisant de forces politiques malgré “le marécage d’un parlement italien dépourvu de majorité” [Ouest France]. Or comme l’explique La Tribune, “on ignore pour le moment quels partis seraient prêts à le soutenir” . “Obtenir l’aval du M5S [mouvement 5 Etoiles], très divisé, s’annonce compliqué”, souligne notamment Le Point. “Le chef des sénateurs M5S au Sénat, Vito Crimi, a déjà annoncé qu’il n’apporterait pas son soutien à ‘la voie impraticable’ d’un ‘gouvernement technique’ provisoire” , continue l’hebdomadaire.

Cependant, “plusieurs responsables de Forza Italia, la formation de Silvio Berlusconi, se sont déclarés favorables à M. Draghi” , tandis que “le chef du Parti démocrate (PD), Nicola Zingaretti, s’est […] dit ‘ouvert au dialogue pour le bien du pays’ ” , note Le Monde. Quant à Matteo Renzi, leader du petit parti Italia Viva à l’origine de la crise politique, il a déclaré sur Twitter que “toutes les personnes de bonne volonté doivent répondre à l’appel du président Mattarella et soutenir le gouvernement de Mario Draghi” [Le Point].

En cas d’échec, le président italien serait contraint de convoquer des élections générales au printemps. Un scénario qu’il préfère éviter, “considérant que le pays ne peut pas se payer le luxe d”un quasi-vide du pouvoir de quatre mois’ en pleine pandémie, à l’orée d’une crise sociale gravissime et alors que la mise en place du plan de relance européen impose des décisions rapides” , souligne Le Monde. Selon Ouest-France, “l’alternative (élections législatives anticipées avec un Salvini [extrême droite] ressuscité en embuscade) serait en outre une catastrophe annoncée pour les taux d’intérêt italiens” .

Les défis qui attendent “Super Mario”

Le sauveur de l’Euro peut-il sauver l’Italie ?” , s’interroge Ouest-France. S’il réussit à former un gouvernement, celui que l’on surnomme “Super Mario” n’en ferait pas moins face à des enjeux de taille. “Dans une première déclaration, le responsable de 73 ans, crédité d’avoir sauvé la zone euro en 2012 en pleine crise de la dette, a tracé les défis qui l’attendent : ‘vaincre la pandémie, continuer la campagne de vaccination et relancer le pays’ ” , rapporte Le Point. “Pour relancer son économie exsangue, l’Italie table sur un plan de plus de 200 milliards d’euros financé par le mégaplan européen de relance décidé en juillet 2020 par l’Union européenne” , explique Le Monde. Un enjeu crucial, sachant que “l’Italie doit présenter ses propositions à Bruxelles d’ici le 30 avril” , rappelle Le Point.

Qui mieux que lui, qui a durant dix ans dirigé le Trésor, pour faire en sorte que ce plan de relance ne soit pas un gigantesque tuyau percé mais une occasion réelle de relancer l’économie d’un pays qui souffre de manière chronique ?” , s’enthousiasme Ouest-France. L’ancien président de la BCE, “extrêmement bien [préparé et déterminé] […], serait certainement en mesure de sortir l’Italie de la crise, avec le soutien du pays et du Parlement” , abonde Giuliano Noci, professeur à l’école de commerce de Polytechnique à Milan [Le Point]. Un sentiment partagé par les marchés : à peine “Super Mario” avait-il accepté sa mission que “la Bourse de Milan, mercredi midi, [faisait] un bond de plus de 3 %” .

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