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[Revue de presse] Affaire Navalny : en visite à Moscou, le chef de la diplomatie européenne souligne les tensions avec la Russie

Josep Borrell est à Moscou depuis le 4 février pour une visite de trois jours. L’occasion, pour le haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères, de constater ses différends avec son homologue russe Sergueï Lavrov sur l’emprisonnement de l’opposant Alexeï Navalny.

Etant donné les dossiers brûlants dont il a la charge, la visite du haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères en Russie est, de son propre aveu,
Etant donné les dossiers brûlants dont il a la charge, la visite du haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères en Russie est, de son propre aveu, “sujette à controverse” - Crédits : Etienne Ansotte / Commission européenne

Cette visite, consacrée aux relations entre l’Europe et la Russie, est la première d’un haut représentant européen depuis 2017″ , soulignait le quotidien belge L’Echo, à la veille d’une rencontre entre Josep Borrell et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Un échange qui devait se dérouler dans un contexte électrique, “Moscou ayant qualifié les critiques occidentales [au sujet de la répression contre les partisans de l’opposant Alexeï Navalny] dingérence“ ‘[L’Express].

Les relations entre l’UE et la Russie ont été tendues au cours de la dernière décennie” , ajoute Euronews. Durant cette période, “l’UE a publiquement dénoncé le gouvernement du président Vladimir Poutine sur toute une série de questions, telles que l’espionnage, les cyber-attaques, les campagnes de désinformation, l’ingérence dans les élections et les empoisonnements chimiques” , précise le média européen.

Cependant, certains Etats européens comme la France ou l’Allemagne souhaitent renouer le dialogue avec Moscou. “Lors d’une vidéo-conférence diffusée jeudi, le président français Emmanuel Macron a […] affirmé qu’il est indispensable de continuer le dialogue avec Vladimir Poutine pour ‘la paix et la stabilité européenne’ ” , rapporte L’Express. Pour Euronews, “la proximité géographique, les liens commerciaux et les questions d’approvisionnement en énergie rendent la relation diplomatique importante pour les deux parties” .

L’affaire Navalny au cœur de la rencontre

Après l’arrestation d’Alexeï Navalny le 17 janvier, Josep Borrell a annoncé sa volonté de s’entretenir avec ce dernier. Le militant politique russe “a été condamné mardi à deux ans et huit mois de prison pour avoir enfreint les termes d’un contrôle judiciaire datant de 2014″ , rappelle L’Express. Il est jugé ce “vendredi dans une autre affaire, pour diffamation. Parallèlement aux déclarations des chefs d’Etat et de gouvernement, “des dizaines de rédactions de médias et d’ONG ont dénoncé la brutale répression des manifestations pro-Navalny des 23 et 31 janvier ainsi que du 2 février” [L’Express]. Un nouvel épisode de répression qui porte le nombre d’arrestations à plus de 10 000 depuis le début des manifestations en soutien à M. Navalny.

M. Borrell a toutefois “peu de chances [d’obtenir] sa libération ou, même, [de rencontrer] le chef de l’opposition russe, détenu dans une prison moscovite” , note L’Echo. Ce vendredi matin, après avoir échangé avec M. Lavrov, le chef de la diplomatie européenne a estimé au cours d’une conférence de presse commune que les “relations [entre Bruxelles et Moscou] [étaient] sévèrement tendues” en raison de l’affaire Navalny [Le Monde]. De son côté, le ministre russe, qui n’a pas évoqué le nom de l’opposant, a affirmé être prêt “à ‘discuter de n’importe quel sujet’, tout en rendant l’UE responsable des tensions existantes” , rapporte le quotidien.

Les Etats membres de l’UE peinent à se mettre d’accord sur l’attitude à adopter, “entre le dialogue et la prise de nouvelles sanctions contre la Russie” , constate L’Echo. “Le Parlement européen et plusieurs Etats, comme les pays Baltes, la Pologne, la France et le Danemark, réclament ces sanctions et la suspension du gazoduc Nord Stream 2 reliant la Russie à l’Allemagne” , ce que Berlin refuse jusqu’ici catégoriquement [L’Echo]. Plusieurs dirigeants s’étaient d’ailleurs opposés à la mission de Josep Borrell.

Ce dernier a admis avant de se rendre à Moscou que sa visite “était ‘sujette à controverse’ ” , confie Politico. Selon certains diplomates européens toutefois, l’Espagnol aurait “demandé à être plus qu’un simple ‘postier’ délivrant le message” . “Les ministres des Affaires étrangères auront une première discussion le 22 février sur les résultats de [la mission du haut représentant]” , explique France 24.Ils devront en tirer des conclusions et des options à présenter aux dirigeants européens qui se réuniront fin février, avant leur sommet consacré à la relation avec la Russie fin mars” , ajoute la chaîne d’information en continu.

Le vaccin russe dans la balance

Si la question Navalny est délicate, c’est qu’un autre sujet s’est invité à ce rendez-vous moscovite. En effet, comme l’explique Euronews, “la Russie a récemment obtenu une victoire importante après qu’une étude publiée dans [la revue médicale] The Lancet a déclaré que le vaccin Spoutnik V avait une efficacité de 91,6 % contre le COVID-19″ . Le média indique par ailleurs que “des pays européens, tels que la Serbie et la Hongrie, [l’ont] commandé dans le cadre de leurs campagnes de vaccination [nationales]” .

Ce vendredi, lors de sa conférence de presse avec son homologue russe, M. Borrell a qualifié le vaccin Spoutnik V de “bonne nouvelle pour l’humanité” , tout en espérant que “l’Agence européenne des médicaments pourra [le] certifier” , cite Le Monde. Pour le diplomate, “il y a des sujets sur lesquels nous pouvons et devons travailler ensemble” . Le haut représentant a ainsi mentionné “l’opportunité de ‘collaborer’ face aux défis du ‘monde post-pandémie’ ” . “Nous avons relevé notre disposition à coopérer de manière pragmatique là où il y un intérêt commun, où c’est profitable pour les deux parties” , a de son côté déclaré Sergueï Lavrov [Le Monde].

Des discussions sont en cours entre l’Institut Nikolaï Gamaleïa, qui développe le vaccin, et l’Agence européenne des médicaments (EMA)” , fait savoir L’Echo. Cependant, celles-ci ne préjugent pas d’une éventuelle autorisation, comme l’explique Noël Wathion, directeur adjoint de l’EMA au journal économique belge : “On n’en est pas encore au stade de la demande, la firme a demandé un avis scientifique et nous négocions les données à échanger pour réaliser cette première étape” . Cet épisode apparaît toutefois comme une excellente opportunité pour la Russie. “La lenteur du déploiement du vaccin dans l’UE, qui dépend jusqu’à présent entièrement de sociétés occidentales comme Pfizer et Moderna, pourrait offrir à Poutine une occasion géopolitique de faire valoir ses intérêts et de reconstruire sa réputation ternie” , analyse ainsi Euronews.

Outre Alexeï Navalny et les vaccins, “d’autres dossiers étaient sur la table, notamment les différends concernant l’Ukraine, la Syrie ou encore la Libye” , relate Le Monde. Selon le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, dont les propos sont cités par le journal, le souhait de Moscou était de “discuter franchement [des] désaccords” .

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