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Quelle Union méditerranéenne ?

Dès son accession à la présidence de la République, Nicolas Sarkozy a fait de la construction d’une Union méditerranéenne l’une des priorités de sa politique européenne. La revue Géoéconomie, une publication de l’Institut Choiseul, consacre le dossier de sa livraison estivale à ce projet qui devrait nourrir la réflexion sur l’avenir de l’Europe dans les prochaines années.

Dans son éditorial, Pascal Loriot, directeur de la revue, souligne les promesses d’un tel rapprochement entre les deux rives de la Méditerranée : “coordonner les politiques publiques des Etats riverains et maximiser autant que faire se peut les champs de coopération ne peut qu’apaiser les tensions et aider à tracer les lignes d’un futur commun souhaitable” . Mais, comme le constate Jean-François Daguzan, maître de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique, les difficultés à surmonter sont grandes : blocages politiques et socio-économiques au Sud, poids de la question israélo-palestinienne, méfiance réciproque entre l’UE et ses voisins méridionaux.

Une promesse de stabilité et de prospérité

Pourtant, la marche du monde pousse à un rapprochement : Pierre Bekkouche, professeur à l’Université Paris 1, montre, exemples américain et asiatique à l’appui, que la réussite de “l’intégration régionale Nord-Sud” permettrait à l’UE de redynamiser sa croissance économique à l’heure où les cycles commerciaux multilatéraux montrent des signes d’essoufflement. Pour Jean-Louis Guigou, délégué général de l’IPEMed, “l’alternative pour les deux rives est claire : s’associer et devenir l’une des régions majeures du globe (un milliard d’hommes d’ici un demi-siècle), ou être éclatées donc marginalisées” . A plus long terme, l’Union méditerranéenne pourrait être la charnière qui assurera “la nécessaire reconnexion entre l’Europe et l’Afrique” .

Si de nombreux obstacles rendent aujourd’hui difficile la création d’une “communauté politique dynamique” , Jean-François Daguzan pense que les deux parties sauront tirer profit d’une “approche à la carte, une démarche des ‘petits-pas’ à la Jean Monnet” , en commençant par “une politique conjointe alliant écologie et économie” . La coopération énergétique et la lutte conjointe contre le crime organisé, le trafic et le terrorisme sont d’autres pistes prometteuses.

En tout état de cause, pour les auteurs invités, l’Union méditerranéenne représente une promesse de stabilité et de prospérité qui fait penser au projet de Communauté européenne à la fin des années 50.

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