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Partygate : l’ouverture d’une enquête policière menace Boris Johnson

Mardi 25 janvier, la police britannique a annoncé enquêter sur plusieurs fêtes organisées à Downing Street, jetant davantage le doute sur l’avenir politique du Premier ministre britannique.

Au pouvoir depuis 2019, le Premier ministre conservateur Boris Johnson avait remporté 365 sièges au Parlement lors de son élection
Le parti conservateur avait remporté 365 sièges au Parlement en 2019, amenant Boris Johnson au pouvoir - Crédits : Flickr Number 10

Boris Johnson sera-t-il encore Premier ministre à la fin de cette semaine, dans un mois, dans un an ?”, se demande Le Monde. Après les multiples soubresauts de l’affaire du “partygate”,“plus personne ne prétend avoir une réponse définitive à cette question pressante dans les allées du pouvoir britannique”, indique le quotidien.

Mardi 25 janvier, Cressida Dick, “la [cheffe] de la Metropolitan Police [abrégée ‘Met’, la police du Grand Londres], a annoncé le lancement d’une enquête” sur des fêtes organisées par Boris Johnson [Le Monde]. Cette investigation, déclenchée “sur la base de preuves mises au jour lors d’une enquête menée par la haute fonctionnaire Sue Gray” [The Guardian] complique encore la donne pour le résident du 10 Downing Street. Entre “l’implication de la police, les résultats d’une enquête officielle et la colère du public”, les prochains jours s’annoncent “intensément difficiles”, remarque Courrier international, citant la BBC. Des éléments qui font dire au Monde que “l’avenir proche de Boris Johnson s’est donc assombri de nouveau”.

Enquête policière

Jusque là “critiquée pour son silence quant aux révélations qui se succèdent ces dernières semaines” [L’Express] au sujet des fêtes impliquant le Premier ministre, la Met enquête actuellement sur un certain nombre d’ ”événements” à la résidence du dirigeant, à propos de “violations potentielles des règles liées au Covid-19″, passibles d’amendes, selon l’hebdomadaire. Une implication de la police, qui “soulève la possibilité qu’il y ait eu de graves violations des règles de confinement”, note le New York Times.

Face à cette enquête policière, le chef du gouvernement, a d’abord “paru soulagé”, rapporte Le Monde. “Je salue la décision de la Met de mener sa propre enquête car je pense que cela va aider le public à obtenir la clarté dont il a besoin et cela va aussi aider à tirer un trait sur ces affaires”, a déclaré M. Johnson, en préambule d’une allocution sur la crise ukrainienne, à la Chambre des communes. Sous pression, cette enquête de police “nécessitant au moins plusieurs semaines de travail, la décision de la police du Grand Londres semblait lui donner un paradoxal répit”, relate Le Monde.

Depuis plusieurs semaines, les médias britanniques relaient des accusations “sur la tenue d’une série de fêtes à Downing Street au cours des confinements successifs” [Courrier international]. La dernière en date ? La chaîne britannique ITV a révélé, lundi 24 janvier, “que le dirigeant [y] avait fêté son anniversaire, le 19 juin 2020, en compagnie d’une trentaine de personnes à Downing Street” [Le Monde]. Une nouvelle révélation qui donne l’impression que “pendant que des millions de personnes souffraient des règles du confinement, ceux qui les avaient rédigées et imposées n’y prêtaient aucune attention”, souligne la BBC.

Rapport interne

L’enquête de Scotland Yard vient s’ajouter à une autre enquête interne au gouvernement britannique et “menée par la haute fonctionnaire Sue Gray et qui devait être publiée cette semaine” [L’Express]. “Après avoir indiqué dans un premier temps que la procédure policière suspendait ces investigations, Downing Street a fait savoir que ‘des discussions’ avaient lieu avec les forces de l’ordre, réfutant ‘vouloir empêcher la publication’ des conclusions”, précise l’hebdomadaire.

Pour son rapport, “Mme Gray a interrogé des témoins et examiné des preuves essentielles, notamment des registres de sécurité indiquant qui se trouvait à Downing Street et à quel moment”, explique The Guardian. Il est également possible qu’elle ait “reçu des photos des fêtes” [The Guardian]. D’après des informations de Sky News mentionnées par Courrier international, “des photos de M. Johnson et son entourage buvant du vin” se trouveraient dans le rapport. Des sources du Guardian au Cabinet Office ont cependant souligné “qu’il était peu probable qu’elles soient incluses dans le rapport”.

Ses conclusions sont en tout cas “attendues fébrilement à Westminster car nombre d’élus conservateurs ont dit vouloir les étudier avant de décider de déloger ou non Boris Johnson”, analyse L’Express.

Siège éjectable

Considéré comme “sur un siège éjectable” [L’Express], le Premier ministre britannique pourrait devoir affronter un vote de confiance de ses députés.

Un nombre inconnu de législateurs conservateurs ont soumis des lettres confidentielles appelant à un vote de confiance envers le Premier ministre”, ajoute le New York Times, qui explique que “si le nombre de lettres dépasse 54, M. Johnson devra faire face à un tel vote, ce qui, selon les analystes, paralyserait son leadership même s’il parvenait à remporter la majorité des votes”.

Désormais, “la principale question pour M. Johnson est […] de savoir si ses propres législateurs sont prêts à attendre les résultats de l’enquête de police, ou si le dernier rebondissement en incitera suffisamment à écrire des lettres de protestation officielles pour déclencher une motion de défiance à son égard”, contextualise le quotidien.

Pour Ouest-France cependant, “participer à un tel putsch n’est pas bien vu au sein du parti conservateur et les députés qui perdent leur pari politique risquent de se voir priver de l’investiture de leur formation aux prochaines élections”. Dans un contexte de scandales à répétition et alors que “les conservateurs sont déjà derrière les travaillistes dans les sondages”, les députés pourraient donc “attendre jusqu’en 2023″ et les prochaines élections législatives [Ouest-France].

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