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Migrations : une enquête dénonce des refoulements violents aux frontières européennes

Croatie, Grèce, Roumanie : les pratiques illégales d’unités spéciales de police à l’encontre de migrants ont été révélées par un consortium de journalistes européens ce mercredi.

Cinq policiers croates ont notamment témoigné auprès des journalistes
Cinq policiers croates ont notamment témoigné auprès des journalistes - Crédits : Gwengoat / iStock

L’armée de l’ombre qui chasse les réfugiés hors de l’UE”, titre Der Spiegel. “Les Européens se réveillent ce matin avec des scènes de refoulement illégal de migrants”, complète Politico.

Des scènes de violence

Ces images sont le résultat d’une enquête menée par des journalistes provenant de sept pays et huit médias, dont Libération et le journal allemand Der Spiegel, sous la houlette du consortium néerlandais Lighthouse Reports. “Tout est parti d’un constat : en Grèce, Roumanie ou Croatie, les témoignages de demandeurs d’asile affluent, recueillis par des associations, des avocats ou des journalistes”, explique Libération. “Tous décrivent les mêmes scènes : des hommes, femmes et enfants repoussés parfois avec violence hors de l’Europe, sans avoir pu solliciter sa protection”, poursuit le quotidien.

Les médias concernés décrivent ainsi des épisodes de violence aux limites de l’Union européenne : “le 15 juin 2021, des cris de douleur retentissent dans la forêt dense et verte située à la frontière entre la Croatie et la Bosnie. On entend des coups. Cinq jeunes hommes se précipitent à travers le fourré et tombent dans la Korana, la rivière frontalière entre la Croatie et la Bosnie-Herzégovine, près de Šturlić, dans le nord-ouest du pays” [Tagesschau]. La vidéo diffusée par le journal télévisé allemand montre un homme cagoulé frappant à un rythme régulier les migrants qui passent devant lui.

Plus au sud, en Méditerranée, des scènes similaires se déroulent. “Sur la base d’autres analyses vidéo et de témoignages, l’enquête affirme qu’en mer Egée, des unités spéciales des garde-côtes grecs sont chargées d’intercepter les demandeurs d’asile et de les relâcher dans des radeaux de sauvetage orange” [France info]. Sur des images filmées avec un smartphone bon marché, “des hommes entrent dans un canot et détruisent le moteur, laissant les migrants dériver en pleine mer” [Lighthouse Reports].

Opération Corridor

Les journalistes affirment que ces opérations sont menées par des “unités spéciales [Der Spiegel] issues des rangs de la police. Ces hommes dissimulent la plupart du temps “leur identité en portant des uniformes sans insigne et des cagoules couvrant le visage” [France info]. “Les ordres de refoulement viennent de Zagreb, selon trois sources indépendantes issues des rangs de la police croate”, citées par le Tagesschau. Sous le nom d’ ”Opération Corridor”, “la mission consiste à coordonner le travail de la police d’intervention et de la police spéciale à la frontière”. “Des agents de toute la Croatie sont impliqués”, poursuit le média allemand.

Si les autorités croates et grecques “nient avoir connaissance de ces groupes et de leurs activités”, selon le consortium néerlandais Lighthouse Reports, ces actions violentes “se déroulent dans des zones frontalières hautement surveillées et militarisées”.

La question devrait être abordée lors de la réunion des ministres de l’Intérieur de l’UE qui se tiendra vendredi à Luxembourg”, fait savoir Politico. D’autant que les opérations liées aux migrations en Grèce ou en Croatie font l’objet “d’un large financement de l’Union européenne”, rappelle Libération. “Au total, environ 177 millions d’euros destinés à la ‘gestion des migrations’ ont afflué de Bruxelles à Zagreb entre 2014 et aujourd’hui”, rapporte le Tagesschau.

Nous nous opposons fermement aux ‘pushbacks’. Nous avons indiqué aux autorités nationales que de telles pratiques sont illégales et doivent faire l’objet d’enquête”, indique de son côté un porte-parole de la Commission européenne, cité par Libération. Si les équipements financés par l’UE se révélaient avoir été utilisés pour enfreindre la loi, “les paiements pourraient être interrompus et des pénalités imposées” [Tagesschau].

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