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Migrations : la Pologne vote de nouvelles mesures restrictives à sa frontière avec le Belarus

Le Parlement polonais a approuvé ce jeudi 14 octobre la construction d’un mur pour empêcher les migrants de franchir sa frontière avec le Belarus, légalisant au passage la pratique du refoulement.

Face à l'afflux de réfugiés, de nombreux pays de l'Est renforcent leurs frontières pour tenter de dissuader les traversées illégales
Face à l’afflux de réfugiés, de nombreux pays de l’Est renforcent leurs frontières pour tenter de dissuader les traversées illégales - Crédits : RadekProcyk / iStock

Jeudi 14 octobre, le Parlement polonais a voté un amendement “légalisant la pratique du refoulement à la frontière”, rapporte RTL. Selon cette disposition, “un étranger interpellé à la frontière de l’UE immédiatement après l’avoir franchie illégalement sera obligé de quitter le territoire polonais et frappé d’une interdiction temporaire d’entrée en Pologne et dans la zone Schengen pendant une période allant ‘de six mois à trois ans’ ”, indique Le Figaro.

Les autorités polonaises se gardent ainsi le droit “de laisser sans examen […] la demande de protection internationale déposée par un étranger interpellé immédiatement après le passage illégal de la frontière” [RTL], en opposition au droit international.

Mur permanent

Lors de cette session parlementaire, les députés ont également voté un projet de loi “visant à dépenser plus de 350 millions d’euros pour construire un mur permanent le long de la frontière avec le Belarus”, indique la Deutsche Welle. Celui-ci comprendrait “des barrières, des caméras et des capteurs”, précise Politico.

Depuis l’été, Varsovie disposait déjà de “barbelés et [avait] déployé des milliers de soldats” dans cette zone [Deutsche Welle]. De fait, des milliers de migrants, originaires pour la plupart du Moyen-Orient, tentent de franchir, depuis le Belarus, la frontière de l’UE vers la Lettonie, la Lituanie et la Pologne”, précise RTL. En août, le ministre polonais de la Défense y avait vu une “attaque contre la Pologne” visant, de la part du Belarus, à “déclencher une crise migratoire” [EU Observer].

Manœuvres orchestrées

Plusieurs pays de l’Est accusent en effet le régime biélorusse d’être à la manœuvre. “La Pologne, la Lettonie et la Lituanie ont accusé le dirigeant autoritaire Alexandre Loukachenko de se venger des sanctions prises par l’Union européenne à l’encontre de son régime […] en aidant des milliers de personnes à prendre l’avion depuis le Moyen-Orient jusqu’à Minsk”, note Politico.

En mai, le président bélarus avait annoncé qu’il ne retiendrait plus les migrants en route vers l’UE”, commente d’ailleurs La Libre. D’autres pays européens de l’Est pourraient ainsi imiter la Pologne : cet été, la Première ministre lituanienne Ingrida Šimonytė indiquait qu’un mur serait “achevé d’ici septembre 2022″ à sa frontière [EU Observer].

Une situation humanitaire désastreuse

A la frontière polonaise, la situation humanitaire est déjà désastreuse. La Deutsche Welle évoque ainsi des “migrants désespérés, pris au piège entre le Belarus et la Pologne”. Hier encore, “la police a déclaré […] avoir découvert le corps d’un […] citoyen syrien de 24 ans près de Klimówka, un petit village proche de la frontière” [Politico]. “Au total, sept personnes ont perdu la vie […] depuis le début de l’afflux migratoire observé dans la région depuis l’été, selon les autorités polonaises, lituaniennes et bélarusses”, indique Le Figaro. Politico précise de son côté que cinq corps ont été retrouvés à la frontière, les autres étant “morts d’épuisement et d’hypothermie”.

Critiqué par de nombreuses ONG, l’état d’urgence imposé par la Pologne sur “une bande de 3 kilomètres de large le long de la frontière” [Politico] “empêche les organisations humanitaires d’aider les migrants et interdit l’accès à tous les non-résidents, y compris les journalistes”, fait savoir Le Figaro.

Tous les États ont le droit de gérer leurs frontières conformément au droit international, mais à condition de respecter les droits de l’Homme, y compris le droit d’asile”, a rappelé le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), cité par Le Figaro. Signée par la Pologne, la Convention de 1951 sur les réfugiés stipule que “les demandeurs d’asile ne devraient jamais être pénalisés, même pour le franchissement irrégulier de la frontière”, poursuit ce dernier.

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