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Le sommet Chine-Union européenne s’annonce sous tension

Ce jeudi 7 décembre, les dirigeants de l’Union européenne se rendent pendant deux jours en Chine pour y rencontrer le président chinois Xi Jinping. Au menu de ce sommet : les tensions commerciales entre les deux blocs et le rôle ambigu de Pékin dans la guerre en Ukraine.

En avril dernier, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen s'était déjà rendue à Beijing pour une rencontre trilatérale avec Xi Jinping et Emmanuel Macron – Crédits : Dati Bendo / UE
En avril dernier, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen s’était déjà rendue à Pékin pour une rencontre trilatérale avec Xi Jinping et Emmanuel Macron – Crédits : Dati Bendo / UE

Le sommet UE-Chine sera-t-il [de] nouveau un dialogue de sourds ?”, s’interroge Euractiv. Ce jeudi 7 décembre, “la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil européen, Charles Michel” sont attendus à Pékin, indique Courrier international. Accompagnés par le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, ils “rencontreront d’abord le président Xi Jinping, puis le Premier ministre Li Qiang”, précise Le Soir.

Ce 24e sommet UE-Chine, le premier “en présentiel depuis quatre ans”, va s’ouvrir “dans un contexte tendu, les relations entre la Chine et l’UE s’étant détériorées durant la pandémie”, analyse Euractiv. Au menu des discussions : “toute une série de préoccupations, allant de l’invasion de l’Ukraine par la Russie aux différends commerciaux” qui les opposent, résume Reuters.

Tensions commerciales

Le Monde met des mots sur les maux de l’UE : “le chiffre est vertigineux […] : 400 milliards d’euros. Il s’agit du déficit commercial de l’Union européenne avec la Chine en 2022″. Et ce déficit chronique n’a de cesse de croître. En seulement deux ans, il “a doublé”, fait savoir Le Télégramme.

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen s’est exprimée à ce sujet avant le sommet. “Les dirigeants européens ne tolèreront pas dans la durée un déséquilibre dans les échanges commerciaux”, a-t-elle déclaré à l’AFP. “Nous avons des outils pour protéger notre marché”, a ajouté la cheffe de l’exécutif européen [L’Orient-Le Jour].

L’UE se veut ferme et s’engage de plus en plus dans le “de-risking” : limiter la dépendance économique, notamment dans les secteurs critiques, vis-à-vis de la Chine, “tout en coopérant avec Pékin dans des domaines d’intérêt commun tels que le changement climatique et la santé publique mondiale”, détaille Courrier international, citant le quotidien South China Morning Post. Bruxelles a par exemple récemment ouvert une “enquête sur les véhicules électriques chinois accusés d’être compétitifs grâce à des subventions faussant la concurrence”, rappelle Le Monde. Cette action a provoqué l’ire de la Chine, qui dénonce le “protectionnisme vert” européen, poursuit le journal.

Des liens entre Chine et Russie dans le collimateur de l’UE

Deuxième point d’achoppement : la guerre en Ukraine. “L’intégrité de l’Ukraine fait partie des intérêts stratégiques existentiels de l’Europe”, commente RFI. La radio internationale fait état de la ligne défendue par les Européens, qui implique que “tout contournement des sanctions imposées à l’agresseur russe serait perçu comme le franchissement d’une ligne rouge et viendrait affecter les relations sino-européennes”.

Mais la Chine l’entend-elle de cette oreille ? “Selon les estimations de l’UE, jusqu’à 70 % des produits sensibles et hautement technologiques destinés à l’armée russe transitent par la Chine”, note Euractiv. Pour l’instant, les entreprises chinoises sont exclues du 12e paquet de sanctions européennes actuellement discutées par les Vingt-Sept, mais elles pourraient être ajoutées “si Bruxelles [n’obtenait] pas de promesses concrètes de la part de Pékin lors du sommet”, poursuit le média. Il pourrait s’agir de 13 entreprises “de semi-conducteurs qui entreraient dans la composition d’armement, de fabricants chinois de gilets pare-balles [et] de drones”, liste RFI.

Egalement, “l’Union européenne souhaite que Pékin utilise son influence sur la Russie” [Reuters]. De manière à ce “que Moscou mette fin à sa guerre d’agression illégale contre l’Ukraine et à son mépris flagrant du droit international”, pour reprendre les termes de Josep Borrell, cité par Courrier international.

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