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Le nombre de demandeurs d’asile dans l’Union européenne

En 2021, 535 045 primo-demandeurs d’asile ont formulé une demande de protection internationale dans les Etats membres de l’Union européenne, un nombre en hausse par rapport à 2020 (417 070). Cette augmentation s’explique principalement par un “retour à la normale” faisant suite à la période de restrictions sanitaires aux frontières liées au Covid-19.

L’asile est une protection internationale garantie par un État sur son territoire. Il peut être demandé par un individu parce qu’il craint d’être persécuté du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques. Toutes les demandes d’asile ne sont cependant pas automatiquement acceptées et ne le sont pas forcément dans les pays dans lesquels elles sont formulées. La raison tient au règlement Dublin III, qui implique que la demande soit formulée dans le pays d’entrée du migrant sur le territoire de l’UE.

Il convient de différencier le chiffre des primo-demandeurs d’asile et le chiffre, plus général, des demandeurs d’asiles.

Les primo-demandeurs d’asile représentent les personnes qui font une demande de protection internationale pour la première fois. Le nombre de demandeurs d’asile comprend les primo-demandeurs et les personnes qui ont fait plusieurs demandes ou qui ont fait appel de la décision. Il est donc plus important que celui des primo-demandeurs.

Majorité des demandes en Allemagne et en France

En 2021, au total, 630 630 personnes ont demandé l’asile dans l’Union européenne. Parmi elles, 535 045 le faisaient pour la première fois. Le plus grand nombre de nouvelles demandes a été enregistré en Allemagne avec 148 175 primo-demandeurs, soit près de 27,7 % du total. La France arrive en deuxième position avec 103 790 nouveaux demandeurs (19,25 %), suivie de l’Espagne avec 62 050 (11,6 %) et de l’Italie (43 900, un peu plus de 8 %). Selon Eurostat, pratiquement tous les pays ont vu le nombre de primo-demandeurs d’asile augmenter par rapport à 2020 : notamment l’Autriche (23 325 de plus, soit une hausse de 174,1 % en un an), l’Italie (22 570 de plus, soit une hausse de 104,8 % en un an), les Pays-Bas (11 135 de plus, soit une hausse de 81,5 % en un an), l’Allemagne (45 650 de plus, soit une hausse de 45 % en un an) ou encore la France (22 055 de plus, soit une hausse de près de 27 % en un an).

A l’inverse, les baisses les plus importantes sur la même période ont été enregistrées à Malte (1 210 en moins, soit une baisse de 50,2 % en un an), en Grèce (15 200 en moins, soit une baisse de 40,15 % en un an), en Espagne (24 330, soit une baisse de 28,2 % en un an) et en Suède (3 450 en moins, soit une baisse de 25,4 % en un an). 

Augmentation des acceptations en période de crise migratoire

Dans l’ensemble de l’Union européenne, la crise migratoire qui a débuté en 2015 a entraîné une très forte augmentation des acceptations de demandes d’asile la même année, où plus d’un million de demandes ont été enregistrées.

Les Etats membres ne sont toutefois pas parvenus à s’entendre sur la répartition des réfugiés. En septembre 2015, la chancelière allemande Angela Merkel décide en effet d’accorder l’asile à tous les réfugiés syriens arrivés sur le sol allemand. Mais la même année, la Hongrie ferme l’accès à son territoire par une clôture barbelée. Le système des hotspots, centres d’enregistrement des migrants destinés à répartir les nouveaux arrivants, ne fonctionne pas. Face à l’afflux de migrants et des critiques, l’Allemagne a rétabli le contrôle aux frontières, comme d’autres pays européens.

Conformément au système de Dublin qui régit l’accueil des demandeurs d’asile depuis 1990, les demandes d’asile sont majoritairement traitées dans les pays d’entrée sur le territoire européen. Un plan de relocalisation avait été adopté en 2015 par le Conseil de l’UE mais sa mise en œuvre a été largement limitée, la Commission européenne ayant reconnu l’échec de cette mesure en 2017. La pression sur les pays en première ligne n’a donc été que peu réduite par le plan. En revanche, le pacte migratoire UE-Turquie conclu en 2016 a nettement contribué à une diminution du nombre de demandeurs d’asiles.

Le 23 septembre 2020, la Commission européenne a présenté un nouveau pacte pour la migration et l’asile avec pour ambition de redéfinir les conditions d’accueil des demandeurs d’asile. Elle prévoit notamment de réduire les délais de traitement des demandes.

Syrie, Afghanistan, Venezuela et Colombie : principaux pays d’origine des demandeurs

Depuis 2013, les ressortissants de Syrie sont les plus nombreux à demander une protection internationale, ils étaient 64 540 primo-demandeurs en 2020. Ils sont en effet plus nombreux que les Afghans, avec 48 580 primo-demandeurs en 2020. Suivent ensuite les Vénézuéliens, dont 30 640 ont effectué une première demande d’asile dans l’UE en 2020 et les Colombiens avec 29 440 primo-demandeurs en 2020.

Les pays qui comptent le plus de demandeurs d’asile restent inchangés par rapport à 2019, même s’il faut noter que les dossiers déposés ont baissé pour toutes les nationalités de 2019 à 2020 : -9 % pour les Syriens, -16 % pour les Afghans, -32 % pour les Vénézuéliens ou encore -9 % pour les Colombiens.

Les chiffres de l’année 2022 seront évidemment particuliers en raison de la guerre en Ukraine ayant conduit des millions de personnes à fuir leur pays. Sachant que, seulement un mois après le début du conflit, plus de 10 millions d’Ukrainiens avaient déjà fui leur foyer et plus de trois millions d’entre eux ont traversé la frontière pour se rendre principalement dans des Etats membres de l’Union européenne. 

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