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L’Union européenne et l’Egypte signent un accord de partenariat de 7,4 milliards d’euros

En déplacement au Caire dimanche 17 mars, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a signé un accord de partenariat avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi. Pour un montant de 7,4 milliards d’euros, celui-ci prévoit une aide économique contre un contrôle renforcé des frontières en Egypte.

Dimanche 17 mars, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi ont signé un accord incluant 200 millions d'euros de subventions de l'UE pour aider l'Égypte à freiner les flux migratoires vers l'Europe - Crédits : Commission européenne
Dimanche 17 mars, la présidente de la Commission Ursula von der Leyen et le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi ont signé un accord incluant 200 millions d’euros de subventions de l’UE pour aider l’Egypte à freiner les flux migratoires vers l’Europe - Crédits : Commission européenne

Dimanche 17 mars, l’Union européenne a signé “un important accord d’aide avec l’Egypte visant à freiner la migration irrégulière vers les côtes européennes et à stimuler l’économie de ce pays d’Afrique du Nord”, écrit Politico. Aux côtés du Premier ministre belge Alexander de Croo, dont le pays assure la présidence tournante du Conseil de l’UE, des chefs du gouvernement italien Giorgia Meloni, grec Kyriákos Mitsotákis et autrichien Karl Nehammer et du président chypriote Níkos Christodoulides, Ursula von der Leyen voulait “marquer l’engagement de l’Europe à soutenir la stabilité de l’Egypte” [Le Point]. Avec à la clé un partenariat global d’une valeur de 7,4 milliards d’euros, “essentiellement sous forme de prêts”, rapporte France info.

Aide économique contre contrôle renforcé des frontières

Ce partenariat “global et stratégique” prévoit ainsi que l’UE financera “5 milliards de prêts au titre de l’assistance macrofinancière que commencera à toucher rapidement l’Egypte” [Le Figaro]. L’Union “va aussi fournir 1,8 milliard d’euros pour aider le pays à financer des projets d’investissements dans la transition verte et numérique, mais aussi dans l’énergie, domaine crucial pour l’UE qui veut se couper du gaz russe”, ajoute le quotidien.

Une aide bienvenue pour Le Caire alors que l’économie égyptienne a souffert d’une “inflation galopante et [d’un] chômage paralysant”, comme le rapporte Politico. “De surcroît”, précise Le Monde, “le pays doit faire face aux conséquences de la guerre à Gaza et, notamment, aux attaques houthistes en mer Rouge, qui ont entraîné une réduction du nombre de cargos dans le canal de Suez et fait chuter les revenus du pays”.

L’accord prévoit par ailleurs “une subvention d’environ 200 millions d’euros […] réservée à la migration”, indique Politico. Même si “les départs des côtes égyptiennes sont rarissimes”, comme le rappelle Sara Prestianni de l’ONG Euromed Rights, citée par Le Monde, “des moyens seront proposés pour sécuriser les frontières, à la fois entre l’Egypte et le Soudan, au sud, et avec la Libye, à l’est”. Car “depuis plusieurs années, l’agence européenne Frontex a constaté une hausse des entrées irrégulières d’Egyptiens, avec plus de 25 000 tentatives en 2022, via la Libye ou la Tunisie” [Le Monde]. En outre, le journal du soir explique que les 500 000 réfugiés soudanais en Egypte empruntent cette même route migratoire.

L’accord scellé […] avec l’Egypte est de la même veine que ceux qu’a déjà noués l’UE avec la Turquie, le Maroc, la Tunisie ou encore la Mauritanie : davantage de coopération et d’argent européen contre un renforcement des frontières”, commente Le Figaro. Une approche qui “fait beaucoup de remous au sein des ONG”.

Un accord avec un régime autoritaire

Sous l’impulsion de Mme von der Leyen, l’Europe est en train de se transformer en banque mondiale des régimes autoritaires et des dictatures”, a dénoncé l’eurodéputé français Mounir Satouri (Verts/ALE) [France info]. Ce dernier a récemment envoyé un courrier à la présidente de la Commission pour lui rappeler “la situation catastrophique de la démocratie et des droits de l’homme” en Egypte, cite Ouest-France. Les dirigeants de l’UE “doivent veiller à ce que les autorités égyptiennes adoptent des critères clairs en matière de droits humains”, a de son côté déclaré Eve Geddie, directrice du bureau des institutions européennes d’Amnesty International dans un communiqué, rapporte Euronews.

En novembre 2022, les eurodéputés avaient déjà alerté les dirigeants européens en votant une “résolution rappelant [leurs] préoccupations […] sur la situation alarmante des droits humains en Egypte”, fait remarquer La Croix.

Des préoccupations liées aux droits de l’homme en Egypte, en Tunisie ou encore en Mauritanie au sujet desquelles la Commission européenne s’est exprimée. “On connaît les critiques liées aux droits humains dans ces pays, et on en parle avec eux”, affirme Eric Mamer, porte-parole de l’institution [La Croix]. “Est-ce que cela veut dire que l’on doit couper tous les ponts ? Ou doit-on essayer de trouver une manière de travailler avec ces pays pour améliorer la situation pour leurs populations sur place et pour les migrants qui s’y rendent ?”, poursuit-il. Et de répondre : “Nous, on pense que trouver des accords globaux pour améliorer progressivement la situation a du sens” [La Croix].

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