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L’Europe pourrait “perdre la course aux batteries”, selon la Cour des comptes européenne

Dans un rapport publié lundi 19 juin, l’institution de contrôle budgétaire s’inquiète d’une future pénurie de composants et de la concurrence grandissante en matière de batteries électriques. De quoi mettre à mal l’objectif de fin des voitures thermiques neuves en 2035.

Au coude à coude avec les Etats-Unis et devant la Corée du Sud, l'Union européenne ne possède que 7 % de la capacité de production mondiale de batteries pour véhicule électrique - Crédits : coffeekai / iStock
Au coude à coude avec les Etats-Unis et devant la Corée du Sud, l’Union européenne ne possède que 7 % de la capacité de production mondiale de batteries pour véhicules électriques - Crédits : coffeekai / iStock

Alors que le monde “est lancé dans une course à l’industrialisation de la production de batteries pour véhicules électriques” [L’Usine nouvelle], l’Union européenne poursuit son plan d’action de 2018 “faisant de la production de batteries une pierre angulaire” de sa politique industrielle [Le Soir].

Or dans son dernier rapport publié lundi 19 juin, la Cour des comptes européenne “ne croit pas en la réussite de la stratégie européenne” en la matière [Le Point]. L’organisme en charge du contrôle de la gestion financière de l’Union européenne doute notamment que l’UE puisse atteindre, d’ici 2035, son objectif d’interdiction des ventes de voitures à moteur thermique.

Si l’Union ne met pas à jour sa stratégie de développement de l’industrie des batteries, elle risque de devoir reporter cet objectif ou d’être forcée d’importer massivement des batteries fabriquées ailleurs, ce qui créerait une nouvelle dépendance stratégique”, alerte-t-elle [L’Echo].

Matières premières

Premier constat : “à brève échéance, la production européenne de batteries sera confrontée à une pénurie mondiale des matières premières essentielles” pour les fabriquer [France 24]. Pour cinq d’entre elles “(cobalt, nickel, lithium, manganèse, graphite naturel), l’UE est dépendante à 78 % des importations, en provenance d’un petit nombre de pays”, indique France 24. “Quelque 87 % du lithium brut est importé d’Australie, 68 % du cobalt de la République démocratique du Congo et 40 % du graphite naturel provient de Chine”, précise TV5Monde.

Or “l’UE n’a toujours pas conclu d’accords de libre-échange avec les plus gros producteurs mondiaux”, poursuit le rapport, cité par Le Soir. “Et certains pays sont associés à des risques géopolitiques pouvant mettre en péril l’approvisionnement”, souligne La Voix du Nord.

De son côté, “l’UE a également bien du mal à extraire les minerais de son propre sous-sol” [Le Point]. Bien que du lithium soit présent au Portugal et en France, il se passe “en moyenne […] 12 à 16 ans entre la découverte et le début de la production” [France 24]. 

Compétitivité

L’autre point d’inquiétude concerne la compétitivité de l’industrie européenne”, relève Le Soir. Car “rien ne garantit” que les annonces d’usines à batteries impulsées par le plan européen “se concrétiseront”, poursuit le quotidien belge.

D’une part, les prix des matières premières qui entrent dans la composition des batteries “explosent” [Le Monde]. Or “le prix des batteries est un facteur primordial puisqu’il pèse lourd (40 %, en moyenne) dans le prix d’un véhicule électrique” [L’Usine nouvelle].

La Cour pointe ainsi qu’avec “l’augmentation du coût de facteurs de production tels que l’énergie et les matières premières, les batteries et par conséquent les véhicules électriques pourraient devenir inabordables pour un grand nombre de propriétaires” [La Voix du Nord]. Ceci entraînerait alors “une baisse de la demande de véhicules électriques et une diminution de l’intérêt économique des investissements dans des installations de production”, écrivent les auditeurs, cités par le quotidien régional.

Concurrence sino-américaine

D’autre part, “la concurrence internationale est rude”, indique L’Usine nouvelle. Notamment avec la Chine qui “représente actuellement 76 % de la production mondiale de batteries électriques et l’UE 7 %” [France 24]. L’UE “est aussi confrontée à une forte concurrence de la part notamment des Etats-Unis, qui avec leur loi sur la réduction de l’inflation (IRA) offrent des incitations aux entreprises qui décident d’y implanter leurs usines de production de batteries” [France 24].

La Commission a réagi à ce rapport, “indiquant qu’elle était bien consciente des défis majeurs auxquels l’écosystème des batteries doit encore faire face” [Le Soir]. Pour “retenir les investisseurs en Europe, éviter les retards dans la réalisation des projets d’usine en Europe”, elle a déjà “autorisé une ‘clause d’alignement’ via le Net Zero Industry Act” [Le Point]. En clair, “si une entreprise européenne se voit proposer une délocalisation aux Etats-Unis pour percevoir une subvention, l’Etat membre concerné pourra offrir une aide d’Etat équivalente afin d’empêcher cette délocalisation”, poursuit le journal.

Outre la mise à jour du plan stratégique de l’UE sur les batteries, “avec une attention particulière pour la sécurisation de l’accès aux matières premières”, la Cour “recommande un suivi étroit de la chaîne de valeur des batteries, et plaide pour améliorer la coordination et le ciblage des financements européens pour la soutenir” [L’Echo].

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