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Guerre en Ukraine : vers une adhésion de la Finlande et de la Suède à l’Otan ?

Historiquement neutres, les deux pays scandinaves revoient leur doctrine en raison de l'invasion russe en Ukraine.

La Première ministre suédoise Magdalena Andersson (à gauche) a reçu son homologue finlandaise, Sanna Marin (à droite), mercredi 13 avril, pour évoquer ensemble la potentielle adhésion de leur pays à l'Otan dans les prochains mois - Crédits : Sanna Marin / Twitter
La Première ministre suédoise Magdalena Andersson (à gauche) a reçu son homologue finlandaise, Sanna Marin (à droite), mercredi 13 avril, pour évoquer ensemble la potentielle adhésion de leur pays à l’Otan dans les prochains mois - Crédits : Sanna Marin / Twitter

C’est comme changer de religion”, s’exclame l’ancien Premier ministre finlandais Alex Stubb [Sud Ouest]. Une véritable “révolution”, abonde France info. Présenté le 13 avril par le gouvernement finlandais, le rapport concernant “l’impact de l’offensive russe contre l’Ukraine sur la sécurité de la Finlande et les solutions qui se présentent désormais” constitue un “premier pas vers une candidature à l’Otan”, estime Le Monde.

Le texte liste les avantages qu’aurait une telle adhésion : “le plus significatif” d’entre eux est l’assistance des autres membres en cas d’agression du pays, cite le quotidien. Cette assistance renforcerait “considérablement” l’effet dissuasif de la défense finlandaise. Le rapport précise toutefois que cette alliance “n’obligerait pas la Finlande à accepter des armes nucléaires, des bases permanentes ou des troupes sur son territoire”, relève Politico.

Lors de sa conférence de presse hier, la Première ministre finlandaise Sanna Marin a confirmé qu’une décision sur l’adhésion à l’Otan serait prise “dans les semaines à venir plutôt que des mois”, poursuit Politico. “Le Parlement finlandais doit être informé cette semaine” d’une telle perspective “par des responsables des services de renseignement” [Politico]. Ces annonces sont donc, pour Sud Ouest, le “prélude à un débat sur une désormais probable candidature historique à l’Otan d’ici l’été”.

Soutien croissant

Déclenchée le 24 février, l’offensive russe contre l’Ukraine a poussé les Finlandais à “réexaminer leur relative neutralité” [Ouest-France]. En décembre, les opinions favorables à l’entrée dans l’Otan “s’élevai[ent] à 24 %, soit une légère augmentation [comparé] au rapport précédent. Quatre mois plus tard, le taux de soutien a grimpé en flèche pour atteindre le chiffre stupéfiant de 68 %”, souligne Politico.

L’état d’esprit des Finlandais comme des Suédois s’est transformé radicalement à cause des actes de la Russie, c’est très clair”, a déclaré hier Sanna Marin, aux côtés de son homologue suédoise, Magdalena Andersson, relate France info. “Préoccupés par l’attitude de Moscou” depuis l’invasion de l’Ukraine, “les dirigeants des deux pays ont commencé à se montrer de plus en plus ouverts quant à la possibilité d’une adhésion à l’Otan”, explique Courrier international.

Car l’opinion suédoise évolue elle aussi. “Plusieurs partis opposés à l’Alliance reviennent sur leur position”, croit savoir Le Monde. Le chef du parti d’extrême droite Jimmie Akesson a notamment “fait volte-face, samedi 9 avril”, pour se ranger parmi les soutiens à une possible adhésion.

Encore “divisé” sur le sujet et faisant “preuve de prudence”, le Parti social-démocrate au pouvoir n’appelle pas pour le moment à rejoindre l’Alliance [Les Echos]. Il compte néanmoins “lancer un grand ‘dialogue sur la politique de sécurité’, auprès de ses militants, pour voir s’il était nécessaire de modifier la position adoptée lors du congrès, en novembre 2021, contre l’adhésion” [Le Monde]. Le gouvernement prendrait alors sa décision avant l’été, pour éviter “à tout prix […] que le débat sur l’Otan ne vienne parasiter le scrutin” législatif prévu le 9 septembre.

Réponse rapide

Du côté de l’Otan, la réponse interviendrait “rapidement” en cas de demande d’adhésion des deux pays, rapporte Politico. “Le secrétaire général Jens Stoltenberg a déclaré la semaine dernière que la Finlande et la Suède pourraient ‘facilement’ rejoindre l’Alliance, soulignant qu’elles répondent toutes deux aux normes de l’Otan en matière d’interopérabilité”. A l’inverse, la Russie “a déjà mis en garde Stockholm et Helsinki : une adhésion aurait ‘des conséquences politiques et militaires’ ”, relaie Ouest-France.

Côté français enfin, le débat politique est “bien éloigné de la réalité européenne du moment”, déplore Pierre Haski sur France inter. Tandis que dans “aucun autre pays européen on n’envisage de quitter l’Otan à l’heure de la montée des périls aux confins de l’Union”, poursuit le journaliste, Marine Le Pen a répété hier qu’elle comptait quitter le commandement intégré de l’Alliance si elle était élue le 24 avril [Le Monde].

La candidate du Rassemblement national a également plaidé “pour un rapprochement stratégique entre l’Otan et la Russie, ‘dès que la guerre russo-ukrainienne sera achevée et aura été réglée par un traité de paix’ ” [France 24]. Pour Emmanuel Macron en revanche, “la réponse c’est l’Europe, le développement de la défense européenne, en coordination avec l’Alliance atlantique”, explique France info.

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