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Guerre en Ukraine : l’armée russe enregistrerait ses plus lourdes pertes depuis le début de l’année

Bien qu’aucune percée décisive n’ait pu être réalisée par les forces ukrainiennes, le secrétaire général de l’Alliance atlantique Jens Stoltenberg a estimé, lundi 27 novembre, que Kiev avait infligé de “lourdes pertes” à Moscou ces dernières semaines.

Le conflit en Ukraine s'apparente de plus en plus à une guerre de position
Le conflit en Ukraine s’apparente de plus en plus à une guerre de position - Crédits : Flickr manhhai CC BY 2.0 Deed 

C’est là “un sombre record”, estime Géo : “les Russes n’ont jamais perdu autant de soldats depuis le début de la guerre en Ukraine”. Ces dernières semaines, “les Ukrainiens ont été en mesure d’infliger de lourdes pertes aux envahisseurs russes, tant en termes de soldats que de capacités de combat”, a déclaré le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg lors d’une conférence de presse lundi 27 novembre [Euronews].

D’après les chiffres de l’état-major général des forces armées ukrainiennes reprises par le Kyiv Independent, “les pertes russes ont atteint une moyenne quotidienne de 931 soldats tout au long du mois de novembre”, soit le plus lourd tribut depuis le début du conflit. Et depuis le déclenchement de l’invasion russe en février 2022, Kiev a “recensé 324 830 combattants russes morts ou blessés sur le sol ukrainien”, note Le Grand Continent. Cette démesure impressionne autant qu’elle interroge : Kiev “ne distingue pas les morts et les blessés mais évoque seulement des ‘pertes’ “, tempère le journal.

De fait, “le nombre de soldats tués ou blessés est l’un des secrets les mieux gardés depuis le début de l’invasion russe”, note Le Monde, qui poursuit : “dans chaque conflit, surestimer les pertes infligées à l’ennemi et minimiser les siennes est un grand classique”. Toutefois, selon les services de renseignement britanniques, ces chiffres seraient “plausibles”, rapporte Géo.

La bataille d’Avdïïvka fait rage

Cette terrible attrition serait le seul fruit des activités russes autour d’Avdiïvka, le reste du front étant plus statique, bien que pas exempt de combats, comme au Sud de Kherson”, fait savoir Géo. Depuis “plus d’un mois, cette cité industrielle presque encerclée fait face aux assauts incessants des forces russes”, poursuit le magazine.

La Russie y subit des dommages importants “en raison de son recours aux tactiques militaires de l’ère soviétique, selon les analystes militaires” cités par Business Insider. La manœuvre consiste à “encercler l’ennemi sur trois côtés” et à lancer “des attaques brutales avec une énorme quantité de puissance de combat”, poursuit le média.

S’y ajoute une tactique “d’infanterie jetable”, qui vise à identifier les positions de tir ennemies puis à les détruire avec l’infanterie spécialisée, note Le Grand Continent. Ainsi, “à Avdiivka comme à Bakhmout, les combattants ukrainiens décrivent des vagues incessantes de soldats russes venant s’empaler sur leurs positions”, évoque la revue en ligne. Cette stratégie est meurtrière mais peu efficace : “le contrôle territorial devrait […] demeurer quasiment inchangé ce mois-ci”, conclut le média.

Cet effort de guerre se combine à de récentes attaques massives de drones sur les capitales des deux pays. La Russie a indiqué, dimanche 26 novembre, “avoir abattu des drones ukrainiens, notamment autour de la capitale Moscou”, fait savoir France 24. La veille, Kiev subissait une attaque de “75 drones”, complète le média. Comme l’explique à TF1 un ingénieur militaire ukrainien : “Nous sommes dans une guerre de robots. Ça coûte moins cher […] de frapper un ennemi avec des drones”.

Antony Blinken en Europe pour remobiliser les soutiens à l’Ukraine

Kiev n’a pourtant réussi “aucune percée décisive” depuis qu’elle a lancé sa contre-offensive au printemps, remarque L’Express. Le moral est donc en berne parmi ses alliés : “Bruxelles et Washington ont du mal à tenir parole [sur leurs promesses d’aide], dans un contexte de déception face à la contre-offensive ukrainienne”, souligne Politico.

La diplomatie états-unienne a par ailleurs été accaparée “depuis plus d’un mois par le conflit entre Israël et le Hamas mais également par la rencontre Xi-Biden”, détournant les regards du conflit, analyse Ouest-France. C’est dans ce contexte qu’Antony Blinken, le chef de la diplomatie américaine, “a décollé lundi pour l’Europe” : il est aujourd’hui à Bruxellespour la réunion des chefs de la diplomatie des Etats membres de l’Otan” afin d’y discuter du soutien à l’Ukraine, explique Le Monde. Cette réunion, “la première depuis le sommet de Vilnius en été”, durera deux jours, précise Politico.

Les négociations y seront tendues car “les collaborateurs de la Russie, volontaires ou involontaires – la Hongrie dans l’UE et certains membres du Parti républicain aux États-Unis – bloquent le financement et les programmes de défense d’une valeur de plusieurs dizaines de milliards” [Politico].

Lors de son déplacement, M. Blinken pourrait bien “croiser son homologue russe, Sergueï Lavrov, sans le rencontrer”, remarque Le Monde. Le secrétaire d’Etat américain se rendra en effet mercredi en Macédoine du Nord pour participer à une réunion de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Or M. Lavrov, dont le pays est également membre de l’organisation, y a été invité. Depuis le début du conflit, les Etats-Unis “ont refusé la plupart des contacts à haut niveau avec la Russie” mais les deux hommes ont déjà pu se rencontrer “en mars, en marge du G20 en Inde”, rappelle le journal.

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