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Guerre en Ukraine : les Européens cherchent à mieux coordonner l’accueil des réfugiés

Au cours d’une réunion exceptionnelle lundi 28 mars, les ministres des Affaires intérieures de l’Union européenne ont validé un plan visant à mieux gérer les flux de réfugiés ukrainiens.

La commissaire européenne Ylva Johansson, lors de la conférence de presse à l'issue du Conseil extraordinaire des ministres européens des Affaires intérieures, à Bruxelles, le 28 mars 2022 - Crédits : Conseil de l'UE
La commissaire européenne Ylva Johansson, lors de la conférence de presse à l’issue du Conseil extraordinaire des ministres européens des Affaires intérieures, à Bruxelles, le 28 mars 2022 - Crédits : Conseil de l’UE

L’Union européenne fait actuellement face à “l’exode [de population] le plus important […] depuis la Seconde Guerre mondiale”, note Le Figaro. Depuis le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie le 24 février, “près de 3,9 millions de personnes ont quitté le pays”, rappelle 20 Minutes en citant le décompte de l’ONU.

Si “le flux de réfugiés s’est nettement ralenti” depuis une semaine, souligne le quotidien, l’UE doit faire face aux difficultés générées par ces arrivées massives. “C’est moralement un devoir, économiquement une dépense à court terme, mais peut-être aussi une chance à plus long terme”, avancent Les Echos.

Pays frontaliers de l’Ukraine, la Pologne et la Moldavie gèrent aujourd’hui l’essentiel de cet accueil. La première compte “six réfugiés sur dix” [20 Minutes], tandis qu’en Moldavie, pays “le plus pauvre d’Europe” (non-membre de l’UE), 383 000 réfugiés étaient recensés au 27 mars pour une population nationale de 2,6 millions de personnes [Le Monde].

Afin de “soulager” ces pays en première ligne [Le Monde] et “mieux gérer les flux de réfugiés au sein de l’UE”, les 27 ministres des Affaires intérieures ont approuvé hier un “plan en dix points proposé par la Commission” [Le Figaro].

Relocalisation sans quotas

Son premier volet vise à mieux répartir l’accueil des réfugiés sur le territoire européen, détaille Le Figaro. S’il “n’est pas question”, à ce stade, “d’instaurer des quotas obligatoires de relocalisation entre les Etats” comme envisagé en 2015-2016, l’UE souhaite en revanche “mieux coordonner les offres de transport proposées aux réfugiés à leur arrivée dans l’UE et les destinations disposant d’une capacité d’accueil suffisante”, explique la correspondante du Figaro à Bruxelles, Anne Rovan. L’objectif est d’encourager les nouveaux arrivants à quitter la Pologne pour aller vers d’autres Etats membres, a expliqué la commissaire aux Affaires intérieures, Ylva Johansson.

Un “index des hébergements” doit ainsi permettre de “connaître les capacités d’accueil disponibles ou déjà utilisées dans chaque État de l’UE”, indique RFI. Le site de la radio précise aussi qu’un “effort particulier va être fait pour les réfugiés actuellement en Moldavie. Des hommes de l’agence Frontex, des garde-côtes et des gardes-frontières vont être envoyés afin d’offrir une relocalisation directe dans l’Union européenne”. RFI souligne également que l’UE cherche à s’accorder avec le Royaume-Uni, le Canada et les Etats-Unis afin de pouvoir “acheminer les réfugiés qui veulent s’y rendre”.

Mais la “décision la plus concrète” adoptée hier est la mise en service d’une “plateforme d’enregistrement des réfugiés commune à tous les Etats membres”, estime la journaliste du Soir Véronique Lamquin. L’objectif de cette base de données commune est d’éviter que les réfugiés ne s’enregistrent plusieurs fois lorsqu’ils passent d’un pays à un autre, explique une source diplomatique citée par le journal belge. Elle permettrait ainsi “de s’assurer que les réfugiés bénéficient des droits qui leur sont promis” tout en évitant “des enregistrements multiples qui pourraient conduire à des abus”, précise Le Figaro.

17 milliards d’euros

Le Conseil extraordinaire de lundi a également permis d’activer l’Initiative Empact. “Adopté en février 2021, [il s’agit d’] un outil de lutte contre la grande criminalité internationale [qui] vise à renforcer la coopération entre les services répressifs, les douanes, les autorités fiscales, les magistrats, les agences européennes et, si nécessaire, les organisations internationales et le secteur privé”, conclut Le Monde.

Car les réfugiés ukrainiens sont particulièrement vulnérables : 90 % d’entre eux “sont des femmes et des enfants”, ajoute 20 Minutes. Les ministres ont également validé un “plan de lutte contre la traite d’êtres humains et l’exploitation sexuelle des réfugiés, […] sous la houlette de la coordinatrice de l’UE pour la lutte contre la traite des êtres humains”, rajoute Ouest-France.

Au total, l’Union européenne prévoit de consacrer 17 milliards “à la prise en charge des personnes qui ont fui leur pays”, souligne Le Monde. Un sujet également au menu de la réunion des ministres européens de la Santé, ce matin à Bruxelles, note Politico. La Commission a proposé de mettre en place de “centres de triage […] pour aider les réfugiés à accéder aux bons soins de santé”, selon un diplomate cité par le média en ligne.

Enfin, l’exécutif européen a appelé les pays membres à “abroger tout programme de citoyenneté par investissement existant, des régimes également connus sous le nom de ‘passeports dorés’, et les a exhortés à retirer les titres de séjour délivrés aux Russes et aux Biélorusses sanctionnés par l’Union européenne”, fait savoir L’Indépendant.

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