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Guerre en Ukraine : après 90 jours de conflit, l’UE renforce ses mesures contre Moscou en attendant la validation du 6e paquet de sanctions

Le 24 février dernier, Vladimir Poutine annonçait le lancement d’une opération militaire en Ukraine. Trois mois plus tard, ce conflit déstabilise non seulement l’Ukraine mais également l’ensemble des relations internationales. L’UE poursuit, elle, ses mesures contre Moscou.

Trois mois après le début de l'invasion russe de l'Ukraine plus de 10 millions d'Ukrainiens ont fui leur foyer - Crédits : mammuth / iStock
Trois mois après le début de l’invasion russe de l’Ukraine, plus de 8 millions d’Ukrainiens ont fui leur foyer - Crédits : mammuth / iStock

Sombre anniversaire, mardi 24 mai : la guerre en Ukraine dure depuis près de trois mois”, déplore France info. Une guerre qui avait débuté le 24 février par le bombardement des principales villes russes. Après avoir tenté de s’emparer de Kiev aux premiers jours du conflit pour “renverser le pouvoir ukrainien”, Vladimir Poutine change de tactique le 24 mars : “l’armée russe recule face aux soldats ukrainiens. Le Kremlin décide alors de concentrer son action sur le sud et l’est du pays, qui comprend le Donbass”, raconte le média public.

En Ukraine, les petits pas de l’ogre russe”, titre alors Libération. Le journal insiste sur la résistance de l’armée ukrainienne :  trois mois après avoir envahi l’Ukraine, la Russie vient seulement d’obtenir une “victoire symbolique, la prise de la ville de Marioupol, vidée, meurtrie et détruite par un siège épouvantable”. Une victoire qui traduit les “difficultés [rencontrées] sur le terrain” actuellement par l’armée ukrainienne, signale La Croix. Et qui laisse apparaître l’intensification de l’offensive des troupes russes mardi “sur la dernière poche de résistance dans la région de Lougansk, dans l’est”, explique Europe 1.

Après 90 jours, la “guerre a […] chamboulé la démographie de l’Ukraine : plus de 8 millions d’Ukrainiens ont été déplacés à l’intérieur de leur pays, selon le Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU (HCR). Environ 6,5 millions ont fui à l’étranger, dont plus de la moitié (3,4 millions) en Pologne”, rapporte La Croix.

En trois mois, des milliers de civils et de militaires ont péri, sans qu’il existe un bilan chiffré”, ajoute le journal. Du côté de l’assaillant, “le ministère ukrainien de la défense évalue les pertes russes à plus de 29 200 hommes, 204 avions et près de 1 300 chars depuis le début de l’invasion le 24 février. Le Kremlin pour sa part a admis des pertes importantes’ ”, poursuit le quotidien.

L’UE poursuit sa politique de sanctions

Ce conflit qui se déroule aux portes de l’Union européenne produit des effets directs sur son sol. La majorité des réfugiés ukrainiens le sont dans des Etats membres ou encore la question de la dépendance aux énergies fossiles russes divise les Vingt-Sept. Une influence qui s’est encore fait sentir hier à l’annonce par la Hongrie de la mise en place d’un état d’urgence “pour cause de guerre en Ukraine” et du “défi économique et sécuritaire” qu’elle pose, relaie RFI.

Dès le 24 février, l’Union européenne a condamné l’invasion russe et pris rapidement des mesures à la fois de sanctions de la Russie mais également d’aide à l’Ukraine. Hier, l’UE a poursuivi cette politique.

L’UE s’apprête à confisquer et à vendre - et non plus seulement à geler - les avoirs des oligarques russes”, annonce Politico. Le journal en ligne fait référence à une proposition de la Commission, qui doit intervenir ce mercredi, pour mettre en place “un dispositif qui permettra de saisir les biens des plus de 1 000 personnalités et oligarques russes visés par les sanctions européennes à ce jour”, précise Virginie Malingre, correspondante du Monde à Bruxelles.

Il s’agit là d’une “première contribution à cette réflexion, aussi complexe juridiquement que politiquement”, explique-t-elle. Car pour pouvoir confisquer et utiliser ces biens, il faut que les personnes mises sous sanctions soient par ailleurs condamnées pour une activité criminelle et que le non-respect de ces sanctions soit considéré comme tel. “Aujourd’hui, au sein de l’UE, seuls douze pays en ont fait une infraction pénale (Danemark, France, Croatie, Chypre, Lettonie, Luxembourg, Hongrie, Malte, Pays-Bas, Portugal, Finlande, Suède)”, liste le journal.

La solution qui doit être proposée par l’exécutif européen est donc “d’inscrire la violation des sanctions dans la liste des ‘eurocrimes’ identifiés par les traités européens, aux côtés du terrorisme, de la traite des êtres humains, de l’exploitation sexuelle des femmes et des enfants, du trafic illicite de drogue ou d’armes, du blanchiment d’argent, de la criminalité organisée, de la criminalité informatique et de la contrefaçon des moyens de paiement. Dès lors, les Etats membres devront en faire une infraction pénale”, explique Le Monde.

Certains pays de l’UE, à savoir les pays baltes et la Slovaquie, ont réclamé cette décision”, indique Politico. Une solution qui pourrait représenter “une source de financement substantielle pour la reconstruction de l’Ukraine”, selon une lettre commune rédigée par ces pays [Le Monde]. A l’inverse, “d’autres ont exprimé leur scepticisme, arguant que même si elle était acceptée et mise en œuvre, une telle proposition produirait des années de litiges pour un gain relativement faible”, note Politico.

“Les espoirs s’estompent” autour du 6e paquet de sanctions

Concernant le reste du dispositif, “les ambassadeurs de l’UE discuteront des sanctions contre la Russie lors d’un déjeuner de travail avec la commissaire aux services financiers Mairead McGuinness aujourd’hui. Le déjeuner se concentrera sur la mise en œuvre des sanctions existantes de l’UE”, ajoute le média en ligne. 

Avec en point de mire la validation du sixième paquet proposé par la Commission le 4 mai dernier. “Mais les espoirs que les pays de l’UE acceptent d’interdire le pétrole russe lors de la réunion de la semaine prochaine s’estompent”, selon Politico. Une décision qui requiert l’unanimité des pays membres, rappelle Libération, alors que “l’Allemagne et la France poussent [en sa faveur] mais [que] la Hongrie de Viktor Orbán s’arcboute sur son ‘non’ ”.

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