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Guerre défensive, “défaite impossible”, paix avec l’Ukraine… Vladimir Poutine se livre dans un entretien avec Tucker Carlson

C’est le premier entretien accordé par Vladimir Poutine à un journaliste occidental depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Ce jeudi 8 février, le journaliste Tucker Carlson a diffusé son entretien de deux heures avec le président russe. L’occasion pour ce dernier de réaffirmer son point de vue sur le conflit.

Deux heures durant, l'ex-présentateur vedette de Fox News a interrogé le Président russe sur la guerre en Ukraine – Crédits : Compte X @Sputnik_India
Deux heures durant, l’ex-présentateur vedette de Fox News a interrogé le président russe sur la guerre en Ukraine – Crédits : Compte X @Sputnik_India

Un “idiot utile” du Kremlin. C’est ainsi que l’ancienne démocrate candidate à la présidence des Etats-Unis, Hillary Clinton, a qualifié Tucker Carlson [Al Jazeera].

Ce jeudi 8 février, l’animateur américain, ancienne vedette de la chaîne ultra-conservatrice Fox News, a publié sur son site internet une vidéo dans laquelle il interroge longuement Vladimir Poutine sur la guerre en Ukraine. Cette interview est “la première qu’il a accordée à un journaliste occidental depuis le conflit en Ukraine”, remarque Le Figaro.

Tucker Carlson n’en est pas à son coup d’essai 

Le journaliste justifie sa démarche par le fait que ses compatriotes n’ont “aucune idée de la raison pour laquelle Poutine a envahi l’Ukraine ni quels sont ses objectifs actuels”, rapporte The Guardian. D’après lui, “les médias anglophones sont corrompus – ils mentent à leurs lecteurs et téléspectateurs”, poursuit le journal britannique.

Plus tôt dans la semaine, il a donc “annoncé en grande pompe” la diffusion de cet entretien tandis que “les médias d’Etat russes ont abondamment couvert la visite du présentateur”, relate la RTBF. Le média belge rappelant au passage que l’intéressé est “l’ex-animateur star de Fox News” et “connu pour ses opinions ultra-conservatrices”.

CNN complète ce portrait en précisant qu’il a déjà “accordé des interviews flatteuses à l’autocrate hongrois Viktor Orbán et au président d’extrême droite argentin Javier Milei, donnant ainsi à ces personnalités une tribune pour faire avancer leur programme”. Modèle qu’il semble avoir répliqué avec le président russe, Le Point expliquant qu’il s’est montré “conciliant” et “n’a posé que quelques questions, relançant parfois un Vladimir Poutine enclin à de longues explications”.

La “menace” de l’Otan

Durant “deux heures”, Vladimir Poutine a martelé sa vision du monde : “une Russie poussée à la guerre face à la menace de l’Otan et d’une Ukraine nazifiée, contrôlée en sous-main par la CIA”, liste Le Point.

D’après le dirigeant russe, la Russie a été forcée d’envahir l’Ukraine car cela “était nécessaire pour empêcher le pays de menacer la Russie en rejoignant l’Otan”, rapporte Al Jazeera. Selon Vladimir Poutine, l’Otan n’a eu de cesse de s’élargir vers la Russie “alors que promesse avait été faite qu’elle n’irait pas plus loin en Europe de l’Est. Deux affirmations démystifiées à de nombreuses reprises par les historiens et les spécialistes”, rappelle Le Point.

Le dirigeant russe a même accusé la révolution de Maïdan de 2014 d’être “un coup d’État lancé par la CIA” alors que la Russie souhaite seulement que l’Ukraine reste “un pays neutre entre la Russie et l’Otan”.

Par ailleurs, “le président russe a nié les ambitions expansionnistes de Moscou […] et a déclaré que la Russie n’avait aucun intérêt à attaquer la Pologne, la Lettonie ou d’autres pays européens” [CNN]. Il a “insisté sur le fait qu’il n’enverrait des troupes vers les pays voisins” que si la Russie est attaquée la première, déclarant qu’ ”une guerre mondiale amènerait l’humanité toute entière au bord de la dévastation”, indique Al Jazeera.

Poutine a également repris son refrain sur la ‘dénazification’ de l’Ukraine [indiquant] que la Russie ‘n’a pas atteint ses objectifs’ ” à ce sujet pour l’instant, fait savoir L’Indépendant.

Une défaite russe ? “Impossible par définition

L’occupant du Kremlin s’est montré confiant quant à l’issue de la guerre. Raillant les “vociférations et les cris [des occidentaux] sur (la nécessité) d’infliger une défaite stratégique à la Russie”, il estime qu’un échec est “impossible par définition ; ça n’arrivera jamais” [Le Figaro].

Optimiste, il a “vanté les résultats économiques du pays, malgré les sanctions”, note Le Point. Il a même assuré que si les alliés de l’Ukraine cessent de la fournir en armes, le conflit “sera fini d’ici quelques semaines, c’est tout, et ensuite nous pourrons nous mettre d’accord sur certaines conditions”, rapporte Al Jazeera.

Vladimir Poutine dit penser que la paix peut être négociée : “ne serait-il pas préférable de négocier avec la Russie ? De conclure un accord ?”, fait-il mine de s’interroger [L’Indépendant]. Il affirme par ailleurs que des pourparlers de paix avec l’Ukraine ont déjà été “presque finalisés”, regrettant cependant que Kiev ait “rejeté tous ces accords et [ait] obéi aux instructions des pays occidentaux, des pays européens et des États-Unis de combattre la Russie jusqu’au bout”, poursuit The Guardian.

Se montrant ouvert à la discussion, il a aussi abordé le cas du “journaliste du Wall Street Journal Evan Gershkovich, détenu en Russie depuis près d’un an” pour lequel des négociations seraient en cours avec les Etats-Unis, indique Le Figaro. “Je crois qu’un accord peut être conclu”, a-t-il déclaré, poursuit le journal. D’après CNN, il a d’ailleurs souligné “l’intérêt de la Russie pour la libération d’un ressortissant russe qui purge actuellement une peine à perpétuité pour meurtre en Allemagne”.

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