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Feuille de route pour Gaza : l’Union européenne réaffirme une solution à deux Etats

Lundi 22 janvier, les ministres des Affaires étrangères de l’UE ont soutenu “une feuille de route vers la paix” au Proche-Orient. Un plan pour le moment ignoré par Israël, constate la presse européenne.

Israel Katz (à gauche), Josep Borrell (à droite), représentant respectivement Israël et l'Union européenne, se sont notamment entretenus pour discuter de ces propositions - Crédits : Union européenne
Israël Katz (à gauche) et Josep Borrell (à droite), représentant respectivement Israël et l’Union européenne, se sont notamment entretenus pour discuter de ces propositions - Crédits : Union européenne

La paix est un objectif très général, personne ne se dirait contre la paix ; à notre avis, nous devrions arrêter de parler de paix au Moyen-Orient mais parler de détails”, a déclaré lundi 22 janvier Josep Borrell, le haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères [The Guardian].

Ce même jour, “les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne se sont retrouvés” à Bruxelles pour discuter de l’avenir de la bande de Gaza, résume Euronews. Ils ont été rejoints dans leurs travaux par “leurs homologues saoudien, jordanien et égyptien”, ainsi que “les chefs de la diplomatie palestinienne et israélienne, qui ne se sont pas rencontrés”, poursuit le média. Le “secrétaire général de la Ligue arabe Ahmed Aboul Gheit” était aussi présent, ajoute L’Orient-Le Jour.

La réunion s’est tenue dans un contexte particulièrement tendu. Comme le rappelle L’Orient-Le Jour, tandis que l’attaque du 7 octobre du Hamas contre Israël “a entraîné la mort de 1 140 personnes”, les représailles israéliennes ont conduit à la mort de “25 105 personnes […] dans le territoire palestinien” et “plus de 80 % de la population” de Gaza a dû être déplacée.

Un plan en dix points

La “feuille de route vers la paix” avait été envoyée avant la réunion par le haut représentant de l’Union européenne à ses 27 collègues, fait savoir le Jerusalem Post. Celle-ci vise non plus seulement à réanimer le sempiternel “processus de paix au Moyen-Orient”, mais bien à enclencher un “processus de mise en œuvre de la solution à deux Etats”, poursuit le journal cité par Courrier international.

Plusieurs médias dénombrent dix points dans le plan européen, d’autres douze ou “une douzaine” [Le Monde]. Rédigé par Sven Koopmans, l’envoyé spécial de l’UE au Proche-Orient, le document esquisse une “approche globale” afin d’avancer vers la coexistence d’Israël et de la Palestine, poursuit le quotidien du soir.

Selon Le Grand Continent, qui se fonde sur une leçon prononcée par Josep Borrell en 2023, l’UE y soutiendrait notamment “la libération des otages et la reprise du principe d’une solution à deux Etats” : un “Etat palestinien indépendant ‘vivant côte à côte’ avec Israël”, ainsi qu’une ”normalisation complète” des relations entre Israël et le monde arabe.

Les deux pays devraient également disposer de “solides garanties de sécurité” : pour ce faire, une “conférence internationale” serait organisée afin de concevoir “le ‘cadre initial’ d’un plan de paix dans un délai d’un an”. Une fois conclu internationalement, “le plan devrait être présenté aux Israéliens et aux Palestiniens : ‘il leur appartiendra de négocier le texte final’ “.

Manque de précisions

Toutefois, la feuille de route européenne “n’offre aucune solution ni aucun détail”, selon The Guardian. Elle suggère par exemple d’énoncer des “conséquences […] pour les deux parties, selon qu’elles acceptent ou rejettent” le plan de paix international, mais “ne précise pas” quelles seraient ces conséquences, souligne le quotidien.

De plus, “il n’est pas certain que les Etats membres de l’UE et les acteurs régionaux soient prêts à adhérer au plan de paix envisagé par l’Union”. D’une part, “l’UE a eu du mal à adopter une position unie sur le conflit”, note Euractiv. Ainsi, “les fervents partisans d’Israël, comme l’Allemagne, ont rejeté les demandes de cessez-le-feu immédiat formulées par des pays comme l’Espagne et l’Irlande” [L’Orient-Le Jour].

D’autre part, “le décalage entre les Européens et les Israéliens, entre leurs ambitions et la réalité du terrain, conduit certains observateurs à qualifier de ‘bizarre’, voire de ‘fantaisiste’, le plan de l’UE” [France 24]. Celui-ci ne mentionne d’ailleurs ni le problème de “l’extrémisme” israélien, ni une reconnaissance suffisante des “atrocités commises par le Hamas”, poursuit la chaîne française.

Israël “inflexible”

Lors de la rencontre organisée à Bruxelles, le ministre israélien des Affaires étrangères Israël Katz a quant à lui eu une “position inflexible”, constate Arte. N’ayant “même pas évoqué d’éventuelles négociations ou la création d’un Etat palestinien”, le chef de la diplomatie israélienne s’est limité à deux sujets : “le retour de tous les otages israéliens”, ainsi que le “rétablissement de la sécurité” en Israël, indique El País.

En outre, rapporte Josep Borrell, “le ministre israélien nous a expliqué ses projets d’îles artificielles au large de Gaza et de liaisons ferroviaires avec l’Inde, qui semblent avoir été imaginés il y a sept ans. Cela n’avait donc pas grand-chose à voir avec la réunion” du 22 janvier [Euronews].

Quelques jours avant la réunion, le haut représentant de l’Union avait déjà affiché son courroux “dans un commentaire très peu diplomatique” [Le Figaro]. “Quelles sont les autres solutions qu’ils [les Israéliens, NDLR] ont en tête ? Faire partir tous les Palestiniens ? Les tuer tous ? […] La manière dont ils détruisent le Hamas n’est pas la bonne façon d’y parvenir. Ils scellent la haine pour des générations”, avait ainsi déclaré M. Borrell vendredi dernier.

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