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En visite à Berlin, Gabriel Attal marque son désaccord avec l’Allemagne sur le Mercosur

Ce lundi 5 février, le Premier ministre français était à Berlin pour rencontrer son homologue, le chancelier Olaf Scholz. Si les deux chefs de gouvernement ont insisté sur l’importance des liens entre les deux pays, ils ont aussi tenu à réaffirmer leur opposition sur l’accord UE-Mercosur.

Les deux chefs de gouvernement se sont entretenus sur différents sujets : soutien à l'Ukraine, économie ou encore libre-échange – Crédits : Compte X @Bundeskanzler
Les deux chefs de gouvernement se sont entretenus sur différents sujets : soutien à l’Ukraine, économie ou encore libre-échange – Crédits : Compte X @Bundeskanzler

Nous ne sommes pas d’accord sur tout, c’est vrai”, a déclaré Gabriel Attal, lors de sa conférence de presse conjointe avec le chancelier Olaf Scholz [Le Monde]. Ce lundi 5 février, le Premier ministre était à Berlin “pour sa première visite à l’étranger depuis qu’il a été nommé”, indique RFI. “Après un discours devant la communauté française”, il “a échangé avec le chancelier allemand, Olaf Scholz avant une conférence de presse et un dîner à la chancellerie”, poursuit la radio.

Le Monde y voit là une “célérité inhabituelle” : moins d’un mois après son arrivée à Matignon, le Premier ministre se rend à Berlin, alors que “ses prédécesseurs ne s’étaient pas pressés”. A titre d’exemple, “Elisabeth Borne était venue six mois après sa nomination, Edouard Philippe avait attendu quatre mois” et “Jean Castex, lui, n’avait pas fait le voyage”, liste le journal.

Selon Euractiv, “les deux hommes auraient abordé une palette de sujets lors d’un entretien bilatéral, dont le soutien à l’Ukraine, l’économie européenne, ou encore le Pacte asile et migration”. Mais “les sujets qui fâchent n’ont pas été éludés”, remarque RFI, et notamment le projet d’accord entre l’Union européenne et le Mercosur. Ce traité, “dont les premières négociations remontent à 1999, s’annonce, s’il est adopté, comme le plus gros accord commercial au monde”. Il réduira ou supprimera de nombreux droits de douane, notamment sur les produits agricoles, entre l’UE et “le Brésil, l’Argentine, l’Uruguay et le Paraguay”, rappelle Euractiv. Or, ce projet est “plébiscité par les Allemands, alors que les Français y sont hostiles”, résume Le Monde.

La France défend ses agriculteurs

Ces négociations, qui durent depuis vingt-cinq ans, ont récemment été bouleversées par “la colère du monde agricole dans plusieurs pays de l’UE, dont la France et l’Allemagne”, indique BFMTV.

Le texte est “pointé du doigt par des agriculteurs en colère qui disent ne plus pouvoir tenir face à une ‘concurrence déloyale’ qu’impose l’importation de biens non-européens vers le Vieux continent”, explique Euractiv. Grande est la crainte que “leurs produits ne soient pas en mesure de rivaliser en termes de prix avec le sucre, la volaille et le bœuf moins chers des pays du Mercosur”, où les agriculteurs ont des “réglementations environnementales moins strictes” [Tagesspiegel].

Gabriel Attal a tenu à se montrer à l’écoute du “malaise profond, identitaire” des agriculteurs [Le Monde]. Sur le plan intérieur, nombreuses ont été les annonces pour y répondre, comme le versement de “400 millions d’euros d’aide aux agriculteurs”, note la FAZ. Et sur le plan extérieur, Gabriel Attal veut “s’opposer à la conclusion de cet accord tant qu’il n’inclura pas des ‘clauses miroirs’ “, font savoir Les Echos. Ces clauses “doivent assurer que l’Europe n’importe pas des marchandises produites selon des méthodes interdites par l’UE”, poursuit le journal.

L’Allemagne veut relancer son industrie

Pour Olaf Scholz en revanche, “les négociations avec les pays du Mercosur sont en cours depuis 20 ans déjà. Il n’est pas si étonnant qu’on ait le sentiment qu’elles doivent aboutir et que l’on souhaite qu’elles aboutissent” [BFTMV]. “Nous avons besoin de tels accords car ils ont une grande importance géostratégique”, a insisté le chancelier allemand lors de la conférence de presse commune avec son homologue français.

Cette divergence “traduit l’attachement de l’Allemagne au commerce extérieur, sur laquelle elle a bâti sa croissance pendant les années Merkel”, rappelle Jacob Ross, spécialiste des relations franco-allemandes interrogé par Les Echos. L’accord avec le Mercosur promet notamment “d’élargir les débouchés de sa puissante industrie exportatrice, en difficultés depuis plusieurs mois”, poursuit La Tribune.

Cette opposition reflète aussi des priorités différentes : “alors qu’Emmanuel Macron affirme que l’accord sera renégocié pour donner satisfaction aux agriculteurs, le chancelier [Olaf] Scholz leur résiste en rappelant que le libre-échange est fondamentalement favorable à l’Allemagne”, poursuit M. Ross.

Dans un couple franco-allemand qui “semble battre de l’aile” [Euractiv], le désaccord sur le traité UE-Mercosur s’ajoute à d’autres : “énergie, défense, aide à l’Ukraine”, énumère Le Monde. Gabriel Attal avait toutefois mis son déplacement sous le signe du “sursaut franco-allemand”, se disant convaincu que les deux pays devaient surmonter leurs “moments difficiles” pour faire barrage aux “populistes” [BFM TV].

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