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Economie, vaccins, Barkhane : au sommet UE-Afrique, Européens et Africains redéfinissent leurs relations

Les chefs d’Etats des deux continents sont réunis à Bruxelles jeudi 17 et 18 février avec pour objectif de repenser leurs liens. Une rencontre précédée par l’annonce du retrait du Mali des soldats français de l’opération Barkhane et de leurs alliés européens de la Task Force Takuba.

Le président français Emmanuel Macron au sommet UE-Afrique, le 18 février 2022 à Bruxelles - Crédits : Christophe Licoppe / Commission européenne
Le président français Emmanuel Macron au sommet UE-Afrique, le 18 février 2022 à Bruxelles - Crédits : Christophe Licoppe / Commission européenne

“Un sommet pour restaurer la confiance entre l’Europe et l’Afrique”. Euronews choisit un titre explicite pour évoquer les enjeux de cette rencontre entre l’Union européenne et l’Union africaine qui se déroule jeudi 17 et vendredi 18 février à Bruxelles. Il s’agit de la sixième de ce genre, rappelle le site de la chaîne de télévision européenne, enfin organisée “après cinq ans de préparation”.

Repoussé en raison de la pandémie de Covid-19, il s’agit d’un “sommet de refonte de la relation Afrique-Europe”, pour laquelle “les enjeux et les besoins sont colossaux”, indiquent Juliette Gheerbrant et Pierre Firtion pour RFI. “Jeudi après-midi, les chefs d’État et de gouvernement ont surtout parlé financement de la croissance, changement climatique, numérique ou encore transition énergétique”, fait savoir la radio internationale.

Economie et vaccins

Le partenariat économique euro-africain occupe une grande part des débats. “Les Européens entendent réinvestir [le] continent [africain] au moment où la Chine y a réduit ses ambitions”, analysait avant la rencontre Anne Rovan pour Le Figaro. Un constat partagé par le président du Nigeria Muhammadu Buhari, qui signe une tribune dans Politico. Pour lui, “la relation économique entre les deux continents doit être recalibrée pour se concentrer sur la création d’emplois”. Une nouvelle relation possible pour l’homme d’Etat car chaque partie offre de “grandes opportunités” à l’autre et que l’UE est actuellement “le plus grand partenaire commercial de l’Afrique”.

Autre point central abordé : la santé, “au menu des discussions ce vendredi matin 18 février” [RFI]. Avec notamment la question des vaccins contre le Covid-19, prégnante comme le rappelle TV5 Monde : “seulement 11 % de la population du continent africain est entièrement vaccinée. L’UE a donné 150 millions de vaccins à l’Afrique et va poursuivre cet effort. Elle soutiendra aussi la création de centres de production de vaccins au Sénégal, au Rwanda, au Ghana et en Afrique du Sud”. De plus, les dirigeants d’Europe et d’Afrique ont annoncé vendredi 18 février que six pays africains seraient “les premiers destinataires de la technologie nécessaire pour produire des vaccins à ARNm sur le continent”, relate Politico. Il s’agit de l’Egypte, du Kenya, du Nigeria, du Sénégal, de l’Afrique du Sud et de la Tunisie.

L’après-Barkhane

Européens et Africains échangent également ce vendredi “sur la migration, l’éducation et le développement durable, avant l’adoption d’une déclaration conjointe”, rapporte RFI. Mais en amont du sommet, le sujet de la présence militaire européenne en Afrique a particulièrement attiré l’attention.

Et pour cause : jeudi 17 février au matin, “la France, aux côtés de ses partenaires européens et internationaux, a annoncé […] la fin de son opération militaire anti-insurrectionnelle de neuf ans au Mali” [Politico]. Une annonce du retrait des forces de Barkhane, opération qui comprend la Task Force Takuba composée de militaires d’autres Etats membres de l’UE, qui a suscité des réactions mitigées au Mali, relayées par Jeune Afrique : “Pour certains, une forme de fierté patriotique prévaut, d’autres craignent de voir la situation sécuritaire se dégrader”. Si à Bamako l’annonce du retrait des soldats français a été accueillie avec une certaine indifférence, le reste du pays est lui plutôt inquiet et craint un saut dans le vide”, note pour sa part Libération.

La décision française intervient dans un contexte de tensions entre Paris et la junte militaire au pouvoir à Bamako depuis le coup d’Etat de 2020. Parmi les causes de la discorde, “la présence sur le terrain de soldats mercenaires du groupe russe Wagner, qui, selon Paris, est payé pour protéger la junte” [Politico]. “Le président Emmanuel Macron a déclaré que la France fermerait ses bases militaires au Mali dans les quatre à six prochains mois et redéploierait ses troupes dans les pays voisins en coordination avec l’UE et les partenaires internationaux”, précise le média.

En plus d’impliquer plus fortement le Togo, le Bénin ou encore la Côte d’Ivoire, Paris souhaite notamment “accentuer sa collaboration avec le Niger pour poursuivre ses opérations militaires au Sahel”, explique France 24. Le pays abrite déjà “la principale base aérienne de l’opération Barkhane, ainsi que le poste de commandement conjoint avec le G5 Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad)”. Pourtant, il s’agit d’un “partenariat qui n’est pas sans risque”, tempère la chaîne d’information en continu. Notamment parce que “le pays n’est pas épargné par la montée du sentiment anti-français qui traverse l’Afrique de l’Ouest” [France 24].

Ce redéploiement préoccupe par ailleurs le président du Niger, Mohamed Bazoum. Dans un entretien accordé au Figaro, il craint que la fin de Barkhane et de Takuba au Mali ne crée “un vide qui sera rempli par les organisations terroristes déjà très présentes dans cette région”.

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