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Crise ukrainienne : Emmanuel Macron à Moscou pour trouver une voie de sortie

Le président français doit rencontrer son homologue russe Vladimir Poutine ce lundi 7 février dans l’après-midi, avant une visite à Kiev demain. Une rencontre diplomatique périlleuse pour tenter d’obtenir des engagements de Moscou.

Avant son échange avec Vladimir Poutine, Emmanuel Macron a échangé avec ses partenaires occidentaux et s'est assuré de leur implication
Avant son entretien avec Vladimir Poutine, Emmanuel Macron a échangé avec ses partenaires occidentaux - Crédits : Union européenne 

Emmanuel Macron “monte en première ligne dans la crise ukrainienne”, note France 24. Le président français doit échanger avec son homologue russe en face-à-face cet après-midi à Moscou. Des pourparlers “sans conseillers ni responsables politiques”, et qui restent ouverts “tant en termes de durée que de résultats”, rapporte Politico.

L’enjeu est de taille : le chef d’Etat français cherche une voie d’apaisement dans le dossier ukrainien, “alors que la Russie a massé plus de 100 000 soldats aux portes de l’Ukraine, tout en démentant toute intention d’envahir le territoire de sa voisine, dont elle a annexé la péninsule de Crimée en 2014″, rappelle Le Monde.

Face aux tentatives de médiation occidentales, “Moscou réclame toujours de la part des Occidentaux des garanties sur sa sécurité, dont l’arrêt de toute expansion de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (Otan) vers l’est, une exigence rejetée par les Etats-Unis et l’Otan”, poursuit le media.

Désescalade

Avant le tête-à-tête, “Macron a placé la barre haut pour la rencontre, se disant optimiste quant à une désescalade”, indique Politico. “L’intensité du dialogue que nous avons eu avec la Russie et cette visite à Moscou sont de nature à empêcher [une opération militaire] de se produire”, a déclaré le chef de l’Etat dans une interview au Journal du Dimanche, ajoutant qu’ensuite, Poutine et lui-même “[discuteraient] des termes de la désescalade”.

“L’objectif géopolitique de la Russie aujourd’hui n’est clairement pas l’Ukraine, mais de clarifier les règles de cohabitation avec l’Otan et l’UE”, poursuit le chef d’Etat français, qui estime que si “la sécurité et la souveraineté de l’Ukraine […] ne peuvent faire l’objet de compromis […] il est également légitime que la Russie pose la question de sa propre sécurité” [Le Journal du Dimanche]. “Nous devons être très réalistes. Nous n’obtiendrons pas de mesures unilatérales”, prévient-il enfin.

A l’Elysée, on affirme toutefois que le but “n’est ‘évidemment pas de régler toute la crise en une rencontre’, mais de tracer un chemin pour faire baisser la pression, une sorte de feuille de route qui serait soumise à l’approbation de l’Ukraine et des alliés, de Biden aux partenaires européens”, relate Le Parisien. Le président français espère en tout cas “gagner du temps et […] geler la situation au moins jusqu’en avril, qui verra des élections se tenir dans plusieurs pays – en Hongrie, en Slovénie et en France”, relate une source proche de l’Elysée citée par Le Monde.

Compromis ?

Côté russe, l’intérêt de cette rencontre est triple, estime Tatiana Stanovaïa, chercheuse associée au Carnegie Moscow Center interrogée par La Croix. Vladimir Poutine veut “gagner du temps, pour préparer d’éventuelles mesures ‘technico-militaires’, y compris une opération militaire contre l’Ukraine [et] montrer que la Russie est ouverte au dialogue”. Il pourrait également chercher à “diviser les Occidentaux”, estime-t-elle.

Car de fait, le président français “laisse déjà entendre que les pays occidentaux pourraient être amenés à faire des compromis avec la Russie”, analyse Politico. Or toute “suggestion de se plier à l’intimidation de Moscou sera mal perçue dans les capitales de l’Otan qui estiment que M. Poutine ne reculera que devant une démonstration de force et une augmentation des livraisons d’armes à l’Ukraine”, estime le média.

D’autant que “le dirigeant français, qui a multiplié les coups diplomatiques médiatisés depuis son arrivée au pouvoir, en 2017, a eu des relations contrariées avec Vladimir Poutine ces cinq dernières années”, juge Le Monde. Le locataire de l’Elysée a prôné “un dialogue étroit avec le dirigeant russe tout en subissant de douloureux revers” [Le Monde]. Ainsi, “non seulement Vladimir Poutine n’a rien lâché sur la Syrie et la Libye, mais il a saboté les négociations franco-allemandes sur l’Ukraine et bousculé la France en Afrique avec les mercenaires de Wagner”, rappelle La Croix.

Coordination

“Dans la crise ukrainienne toutefois, Emmanuel Macron avance prudemment, en prenant soin de consulter à chaque étape ses alliés”, relate France 24. Durant le week-end, le chef de l’Etat français s’est ainsi entretenu “avec le Premier ministre britannique, Boris Johnson, le chef de l’Otan, Jens Stoltenberg, et les dirigeants des trois pays baltes, le président lituanien, Gitana Nauseda, et les Premiers ministres letton, Krisjanis Karins, et estonien, Kaja Kallas”, poursuit le média. La veille, il avait aussi échangé par téléphone avec le président américain Joe Biden, “dans une logique de coordination” avant ses rencontres à Moscou et à Kiev, nous apprend BFMTV.

Dans tous les cas, “Emmanuel Macron joue gros dans cette mission, qui pourrait s’avérer embarrassante s’il revenait les mains vides, alors que la France assure actuellement la présidence du Conseil de l’Union européenne” [Le Monde]. Et si, “à 63 jours de l’élection présidentielle”, ce voyage diplomatique “lui permet d’habiter aussi la fonction présidentielle le plus longtemps possible”, “ses futurs rivaux à la présidentielle l’attendent déjà au tournant” [France info].

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