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Crise migratoire : la construction d'un mur entre la Pologne et la Biélorussie divise les Européens

Pour contrer l’afflux de migrants aux portes de l’Union européenne, Varsovie a annoncé lundi 15 novembre vouloir ériger un mur de 180 kilomètres de long à sa frontière orientale. Si l’idée fait son chemin, elle avait été dénoncée par la Commission européenne fin octobre, qui refuse de le financer.

Côté polonais, les forces de l'ordre continuent de faire face aux migrants, massés de l'autre côté des barbelés
Côté polonais, les forces de l’ordre continuent de faire face aux migrants, massés derrière les barbelés - Crédits : Kancelaria Premiera / Flickr CC BY-NC-ND 2.0

D’un côté des milliers de migrants, affamés et luttant contre le froid. De l’autre côté, près de 15 000 membres des forces de l’ordre (militaires et gardes aux frontières). Et au milieu, des barbelés”. C’est ainsi que Le Parisien dépeint une situation inédite à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie, porte d’entrée dans l’Union européenne. “Plus de 2 000 personnes sont notamment massées devant le poste-frontière de Brouzgui”, complète le journaliste. Quelques kilomètres plus loin, près d’un autre point de passage, celui de Kuźnica, “10 personnes ont déjà trouvé la mort” et “beaucoup se sentent prisonniers dans ce no man’s land”, alors que “la température frôle les zéro degré”, s’alarme Arte.

Un nouveau “rideau de fer

Pour répondre à cette crise migratoire, la Pologne a annoncé, lundi 15 novembre, l’érection “d’un mur en décembre le long de la frontière avec la Biélorussie” [La Croix]. “L’ouvrage coûtera environ 353 millions d’euros et devrait s’étendre sur 180 kilomètres, soit près de la moitié de la longueur totale de la frontière séparant [les deux pays]”, détaille France info. “Les travaux pourraient se lancer d’ici à la fin de l’année” et se conclure au premier semestre 2022, ajoute le média.

Pologne, Lituanie… A l’est de l’Europe, un nouveau rideau de fer”, titre L’Express. L’hebdomadaire dresse la comparaison entre ce mur et cette barrière symbolique qui séparait le continent en deux pendant la Guerre froide, incarnée par le mur de Berlin, tombé en novembre 1989 : 32 ans après “comme un retour en arrière, [l’Europe] voit s’ériger de nouvelles murailles”. Pour Agnieszka Fihel, experte des migrations à l’Université de Varsovie, interrogée par La Croix, les Polonais “ont gardé à l’esprit qu’un rideau de fer’ était possible”. “La plupart d’entre eux croient en l’efficacité de cette solution promise dans un délai rapide”, ajoute-t-elle.

Le sujet est “sensible”, poursuit L’Express. Le magazine indique que “depuis octobre, douze Etats membres réclament des financements communautaires pour l’érection de ‘barrières’ aux frontières extérieures de l’Union européenne”. La Pologne fait partie de la liste, son Premier ministre Mateusz Morawiecki ayant ainsi estimé que “toute la communauté [européenne] devrait contribuer” à la construction du mur [Le Parisien].

Une question qui divise

Fin octobre, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen avait fermement retoqué cette demande : “il n’y aura pas de financement de barbelés et de murs”, avait-elle alors déclaré, cite Le Parisien. Le président du Conseil européen Charles Michel a en revanche soutenu la proposition [L’Express]. Sur TV5 Monde, le politologue et historien Jean-Yves Potel constate que “les autorités européennes veulent maintenir leur unité” dans cette crise biélorusse, mais sont “notamment divisées sur la question du mur”.

La question s’est également invitée dans le débat politique en France. Pour Le Figaro, la situation en Biélorussie a remis “l’immigration au cœur de l’actualité, trois mois après la crise afghane”. Si la gauche semble unanime dans son rejet de la construction du mur, “la droite l’est quasiment aussi. Avec l’avis opposé : [s’il] doit permettre de protéger les frontières de l’Europe, alors il doit voir le jour”, résume le quotidien français. Sur le plateau de France 2, le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes Clément Beaune s’est pour sa part prononcé contre “une Europe qui se hérisse de barbelés ou se couvre de murs”. “Je plaide pour qu’on déploie la police européenne des frontières [Frontex] en Pologne”, a-t-il indiqué. Une aide jusqu’ici refusée par Varsovie. 

La situation pourrait toutefois rentrer dans l’ordre prochainement. Après un entretien avec la chancelière allemande Angela Merkel lundi soir, le président biélorusse Alexandre Loukachenko a affirmé que son pays “essayait de faire rentrer chez eux les migrants campant à la frontière” [Le Monde]. “Si la désescalade se confirme, le flux de migrants pourrait vite se tarir […] car cette zone n’est pas une voie de passage vers l’UE, contrairement à la route des Balkans ou à la Méditerranée”, souligne L’Express.

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