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Crise migratoire : l'UE apporte son soutien à la Pologne face à la Biélorussie

Alors que les mouvements de migrants à la frontière biélorusse de la Pologne s’accentuent, la Commission européenne a prévu, lundi 8 novembre, de nouvelles sanctions contre Minsk, accusée de délibérément orchestrer la crise. Malgré ce soutien européen, Varsovie refuse cependant l’aide de l’agence communautaire de garde-frontières et de garde-côtes, Frontex.

Depuis plusieurs semaines, la Pologne et l'Union européenne accusent le président biélorusse Alexandre Loukachenko de faciliter l'entrée illégale de migrants sur leur territoire
Depuis plusieurs semaines, la Pologne et l’Union européenne accusent le président biélorusse Alexandre Loukachenko de faciliter l’entrée illégale de migrants sur leur territoire - Crédits : vichinterlang / iStock 

Les tensions migratoires à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie vont croissant. “Près de 4 000 migrants campent par un froid glacial aux postes-frontières séparant la Biélorussie de la Pologne”, rapporte ainsi Sud Ouest. “Varsovie, qui a dépêché sur place des milliers de policiers anti-émeutes, redoute maintenant une ‘escalade armée’ “, poursuit le quotidien.

Fortes tensions à la frontière

En réaction à un afflux inhabituel de migrants à sa frontière biélorusse depuis la fin de l’été, la Pologne a décrété début septembre “l’état d’urgence et déployé plus de 12 000 gardes à la frontière, qui a désormais des allures de zone militaire”, explique Libération. Pour le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki, la Biélorussie se sert de ces migrants dans le cadre d’un “nouveau type de guerre dans laquelle les gens sont utilisés comme boucliers humains”, cite France 24. Un moyen pour Alexandre Loukachenko, autocrate à la tête du pays, “de faire payer à l’Union européenne les sanctions visant son régime et le soutien apporté à l’opposition, depuis son élection frauduleuse en août 2020″ [L’Express]. “M. Morawiecki accuse également le président russe Vladimir Poutine d’aider la Biélorussie à orchestrer le mouvement des migrants vers la frontière de l’UE”, complète Politico.

Des migrants qui sont les premières victimes de cette situation. Ceux-ci “se trouvent dans un état physique et psychologique ‘extrêmement mauvais’, en manque notamment d’eau et de nourriture”, selon les garde-frontières de Minsk [Libération].

Soutien européen

L’Union européenne a fermement critiqué les agissements de la Biélorussie à la frontière polonaise. “L’instrumentalisation des migrants dans un but politique est inacceptable”, a dénoncé la présidente de la Commission européenne, lundi 8 novembre [France 24]. Le communiqué d’Ursula von der Leyen prévoit de nouvelles sanctions à l’encontre de Minsk, qui nécessitent “l’unanimité des Vingt-Sept”, précise L’Express.

L’Allemagne y est pour sa part favorable. “Nous sanctionnerons tous ceux qui participent au trafic ciblé de migrants”, a ainsi déclaré le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas dans un communiqué, ajoutant que “l’UE s’emploiera à étendre et renforcer […] les sanctions contre le régime de Loukachenko” [RFI].

Le Président du Conseil européen Charles Michel a quant à lui “atterri à Varsovie et rencontrera ce [mercredi 10 novembre] le Premier ministre polonais”, fait savoir Politico. “Cette visite a pour but de montrer la ‘solidarité’ de l’UE avec la Pologne”, explique le média.

Un déficit de coordination européenne en matière de migrations

Malgré le soutien appuyé de l’UE à la Pologne, “Varsovie a jusqu’à présent refusé de laisser l’agence européenne Frontex accéder à la zone d’accès restreint où plusieurs migrants sont déjà morts, affirmant qu’elle n’a pas besoin de cette assistance”, note Politico. Selon plusieurs fonctionnaires interrogés par les journalistes du site, la Pologne pourrait vouloir “continuer à repousser les migrants vers la Biélorussie sans être dérangée par Frontex, qui fait l’objet d’un examen minutieux pour cette pratique”.

Cette situation à la frontière polonaise vient rappeler l’absence de coordination des Européens dans leur approche en matière de migration”, estime L’Express. Le vice-président de la Commission européenne en charge des migrations Margaritis Schinàs a de son côté affirmé “qu’il espérait que cette crise aux limites orientales de l’UE relance les négociations sur le Pacte sur la migration et l’asile, bloqué depuis 2020″, relate l’hebdomadaire. Celui-ci prévoit “une solidarité à la carte : un Etat membre refusant d’accueillir des demandeurs d’asile devra prendre en charge un certain nombre d’expulsions des déboutés vers leur pays d’origine” [L’Express]. Cette proposition est “refusée par la Pologne et les autres pays du groupe de Visegràd (Hongrie, République tchèque et Slovaquie), opposés au principe même de solidarité lorsqu’il est question de migrants”, conclut le magazine.

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